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Val-de-Marne : des seniors organisent leur propre grand débat dans une maison de retraite

Un débat destiné aux seniors a été organisé dans une maison de retraite francilienne. Les participants y ont notamment revendiqué leur droit à l'autonomie et évoqué le coût de leur prise en charge, refusant d'être "surprotégés".

Des seniors (illustration)
Des seniors (illustration) Crédit : AFP / Archives, Damien Meyer
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Joanna Wadel
et AFP

Niveaux des pensions, coût des établissements, mais aussi difficultés d'accès à internet ou économies d'énergie : dans une maison de retraite du Val-de-Marne, une cinquantaine de personnes âgées ont mené cette semaine leur propre "grand débat", revendiquant leur droit à la "citoyenneté". 

"Nous ne sommes pas des "petits vieux"", ont plaidé les participants à cette rencontre, tenue à la résidence publique L'Abbaye de Saint-Maur. Co-organisé par le "Cercle vulnérabilité et société" et l'association de directeurs de maisons de retraite et de services à domicile AD-PA, ce débat s'appuyait sur les travaux menés tout au long de l'année dans le cadre du projet "Citoyennage", qui vise justement à donner la parole aux seniors. Plusieurs personnes ont évoqué leur cas personnel, des situations révélatrices de problématiques majeures pour le troisième âge.

Le coût des séjours en maisons de retraite trop élevé

Souvent fragilisés physiquement - nombre d'entre eux se déplacent avec des béquilles ou en fauteuil roulant -, les seniors présents, qui ne résident pas tous en maison de retraite, ont longuement évoqué les questions liées au vieillissement, avec une inquiétude particulière concernant le coût de la prise en charge de la perte d'autonomie. "Nous ne voulons pas être déresponsabilisés, surprotégés ou infantilisés", ont-ils résumé dès dans un texte lu en introduction du débat.  

"J'ai 95 ans et je vis chez mon fils, qui m'a aménagé une petite pièce pour moi, parce que je n'aurais pas les moyens de me payer une maison de retraite", témoigne ainsi Thérèse. "Le problème c'est le montant des retraites. Comment vivre avec 1.000 euros par mois, vu le coût de la vie ?", s'inquiète Philippe, 73 ans. Le septuagénaire, opéré à la hanche, réside dans un "foyer-logement", formule intermédiaire entre le maintien à domicile et l'Ehpad. Il suggère de "moduler le prix du séjour en fonction des revenus".

Les services en ligne excluent les seniors

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Des considérations qui amènent le groupe à réfléchir à la notion de "service public", et par ricochet à la manière de faire face à la numérisation des démarches administratives

"L'informatique et l'internet, c'est bien souvent du chinois !" s'exclame un vieil homme, qui déplore qu'avec les services en ligne, les personnes âgées soient "mises à l'écart des administrations publiques". "Moi, j'ai compris que je ne pourrai jamais m'y mettre. À 90 ans je crois que j'ai encore ma tête, mais c'est impossible pour moi", regrette une dame. 

Les personnes très âgées ont de telles difficultés à manipuler l'outil informatique, qu'elles doivent absolument être accompagnées dans cette démarche, confirme Gilles Gauthier, qui anime depuis huit ans des ateliers informatiques en maison de retraite. 

Des progrès à faire du côté des établissements

En fin de rencontre, les questions écologiques ont mobilisé les participants. "Dans les maisons de retraite, il y a des économies d'énergie à faire : la lumière reste toujours allumée dans la salle de bains !", s'exclame une vieille dame. Une autre réclame la mise en place d'un tri sélectif des déchets dans son établissement. Un homme élargit le débat en réclamant l'interdiction en France de l'herbicide glyphosate, qui "tue la planète". 

"Rester connecté" au monde, "être accompagné pour des sorties culturelles ou de loisirs", "continuer à décider pour soi-même" : les seniors disent ne pas vouloir être "surprotégés", car "vivre c'est aussi prendre des risques". Un homme, très voûté, raconte que sa demande pour faire de la menuiserie a été rejetée par sa maison de retraite. "On m'a dit "non, trop dangereux!". Alors j'écris des poèmes", dit-il, avant de déclamer un texte de sa composition.

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