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Emmanuel Macron et Gabriel Attal, le 25 août 2024
Crédit : Teresa Suarez / POOL / AFP
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Leur inimitié ne faisait plus de doute après la décision surprise d'Emmanuel Macron de dissoudre l'Assemblée nationale en juin 2024. Depuis, le président de la République et son ancien Premier ministre Gabriel Attal s'affrontent dans une guerre larvée. Une bataille est actuellement en cours concernant l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans.
La proposition de loi transpartisane portant sur cette mesure fait son arrivée ce mardi 13 janvier en commission des affaires culturelles et de l'éducation à l'Assemblée nationale. Elle est portée par la députée Ensemble pour la République Laure Miller et le second signataire n'est autre que l'ancien ministre de l'Éducation nationale et président du groupe EPR à l'Assemblée.
En parallèle, un texte gouvernemental doit aussi être déposé "dès janvier" pour une adoption "dans les meilleurs délais". Il sera composé de deux articles dont l'interdiction des réseaux sociaux pour les internautes âgés de moins de 15 ans. Si Emmanuel Macron et Gabriel Attal sont d'accord sur le fond de la mesure, cela ne les empêche pas d'entamer un bras de fer sur le sujet.
La régulation de l'accès des mineurs aux plateformes est un sujet que se disputent le chef de l'État et son ancien soutien depuis de longs mois. En 2024, le président de la République avait évoqué une interdiction en janvier, puis en juin 2024. Puis, la dissolution a stoppé ce projet et laissé place à une lutte quant à la paternité de la mesure.
Dans l'entourage de Gabriel Attal, on réfute toute accusation de "bras de fer" avec Emmanuel Macron. "Cela fait maintenant deux ans et demi que l'on souhaite interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. On a lancé une commission d'enquête en mars 2025. On a fait une tribune en avril, rappelle-t-il. On a fait une proposition de loi en octobre. On l'a déposé, on l'a inscrit à l'ordre du jour". "Le gouvernement a souhaité annoncer un projet de loi alors que tout cela a été enclenché. Libre à eux", conclut-on auprès de RTL.fr
Dans le camp adverse, celui du Président, un ancien ministre d'Emmanuel Macron souligne auprès de l'AFP que la régulation des réseaux sociaux est "plutôt un sujet présidentiel". Avec Sébastien Lecornu à Matignon, "pour la première fois depuis la dissolution, (le président) a plutôt bien défini son champ d'action. Europe-International, défense de la démocratie/réseaux-sociaux/lutte contre les ingérences. Et aussi, même s'il n'en a plus vraiment les moyens, défense de la politique de l'offre, de l'attractivité, les sommets Choose France, etc. Ces trois chantiers-là lui correspondent assez bien, il les défend depuis longtemps et c'est le niveau présidentiel", a ajouté cette source.
Le projet de loi du gouvernement, poussé par Emmanuel Macron aura-t-il plus de poids que la proposition de loi transpartisane ? Un argument auquel ne manque pas de répondre la députée Ensemble pour la République Laure Miller. "J’ai entendu Monsieur Lecornu. Depuis qu’il est Premier ministre, il nous dit qu’à la fin, ce sont les parlementaires qui décident. Donc c’est ma conclusion : les parlementaires décideront".
Avant eux, le Conseil d'État doit aussi évaluer la conformité des textes sur le plan juridique, et notamment les lois européennes sur le numérique. L'institution a d'ailleurs rappelé ce lundi 12 janvier que la France, comme les États membres de l'UE, ne peut pas imposer des obligations particulières et spécifiques à des opérateurs du numérique établis dans un autre État de l'UE, contraignant la députée Laure Miller à revoir sa copie.
Cette querelle soulève aussi en creux la question de l'héritage d'Emmanuel Macron. D'un côté, le président de la République ne veut pas nommer de successeur et lui laisser un espace politique. De l'autre, l'ancien Premier ministre veut s'affranchir du macronisme et reprendre le courant "ni de droite, ni de gauche". Mais la bataille s'annonce rude : lors de ses vœux le 31 décembre, Emmanuel Macron a listé l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans parmi les sujets auquel il entend prêter attention "toute particulièrement".
Reste à savoir si cette passe d'arme, qui ne dit pas son nom, ne risque pas de finir par éroder le caractère consensuel de cette mesure. "Ce conflit entre Renaissance et le président, c'est quand même le summum. Si tant est que le sujet soit rassembleur, je ne vois pas très bien l'intérêt de multiplier les textes", regrette ainsi un cadre du bloc central.
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