2 min de lecture Impôts

Si c'était à refaire, Manuel Valls n'augmenterait pas les impôts

Le Premier ministre a fait son mea culpa sur la hausse des impôts qui a eu lieu au début du mandat de François Hollande.

Manuel Valls le 22 octobre 2015 à Boulogne-sur-Mer (illustration)
Manuel Valls le 22 octobre 2015 à Boulogne-sur-Mer (illustration) Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
Agata Madenska Journaliste

Manuel Valls a affirmé vendredi qu'il n'augmenterait pas les impôts comme cela a été fait en début de quinquennat, s'il pouvait revenir en arrière. Pour lui, cette hausse a créé une sorte de rupture. "Il y a eu une augmentation de la fiscalité au cours de ces dernières années - je ne parle pas uniquement depuis 2012 - pour les entreprises comme pour les ménages, à peu près équivalents, 20 milliards entre 2010 et 2012, un peu plus de 20 milliards entre 2012 et 2014 qui a, je crois, créé une forme de rupture entre les Français et l'impôt", a déclaré le Premier ministre. Il s'exprimait lors d'un débat organisé par le Club de l'Economie du quotidien Le Monde. 

Le chef du gouvernement pense qu'au-delà d'une rupture avec l'impôt, ces décisions ont provoqué un ralentissement économique et un éloignement des Français vis-à-vis de l'exécutif. "Je pense que ce choix a pesé lourdement sur l'activité économique (...) et ça a été un choc fiscal pour les gens, ce qui explique beaucoup de la rupture entre cet exécutif et d'une manière générale les responsables politiques et les Français", a-t-il ajouté. Et quand il lui a été demandé s'il referait la même chose, le ministre a répondu : "Ah non, bien évidemment".

Une baisse d'impôt pour 8 millions de foyers

Cette prise de conscience a certainement mené à la décision de baisser les impôts pour 8 millions de foyers dès 2016. L'Assemblée nationale a voté mardi la première partie du budget de l'Etat, dont la mesure phare est cette baisse des impôts de deux milliards d'euros. "Il y a eu (...) une hausse de la fiscalité sur les ménages, des seuils qui ont été extrêmement pénalisants pour les personnes âgées qui ne payaient pas l'impôt sur le revenu et qui ne payaient pas la taxe d'habitation, ou la taxe sur le foncier bâti ou la redevance, et qui sont rentrées dans l'impôt et ça a fait des dégâts considérables", a-t-il notamment reconnu, évoquant aussi l'augmentation de la fiscalité pour les classes moyennes.

Par ailleurs, la hausse surprise de la taxation du gazole a permis au gouvernement de faire un geste supplémentaire pour les foyers modestes via des seuils relevés pour les impôts locaux. Le gouvernement avait déjà abaissé les impôts d'un milliard d'euros en 2014 et 3,2 milliards en 2015.

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