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Résultats élections régionales 2015 : la droite n'est pas maître de son destin

DÉCRYPTAGE - Au soir du premier tour des élections régionales, dernier scrutin avant la présidentielle, Les Républicains ne sont plus la première alternative au Parti socialiste.

Nicolas Sarkozy réagit aux résultats du premier tour des régionales 2015 le 6 décembre
Nicolas Sarkozy réagit aux résultats du premier tour des régionales 2015 le 6 décembre Crédit : ERIC FEFERBERG / AFP
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier
Journaliste RTL

Après la vague bleue des élections départementales de mars 2015, Les Républicains partaient favoris de ces élections régionales, dernière échéance avant la présidentielle. Pourtant, le parti de Nicolas Sarkozy n'est pas en position de force au soir du premier tour, ce dimanche 6 décembre. Il arrive en tête dans quatre régions sur douze, deux de moins que le Front national. Les Républicains sont, pour l'heure, loin d'atteindre leur objectif de huit régions.

Le président des Républicains explique qu'il refusera "toute fusion et retrait des listes". Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI qui est associé aux Républicains pour ces régionales, n'a pas la même vision des choses. "Partout où le FN peut gagner, nous souhaitons le retrait des listes en troisième position".

Au-delà de la divergence d'analyse entre les deux partis, l'union de la droite et du centre n'apparaît pas comme la première alternative au Parti socialiste qui dirigeait la majorité des régions depuis 2010. De plus, le bloc de gauche totalise plus d'électeurs que le bloc de droite. Au niveau national, la droite n'arrive qu'en deuxième position avec 27,4% des voix, derrière le Front national qui fait le plein de voix en Nord-Pas-de-Calais-Picardie avec Marine Le Pen et en Provence-Alpes-Côte d'Azur avec Marion Maréchal Le Pen.

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Le retrait du PS nécessaire à une victoire de la droite

Dans ces deux régions, Les Républicains ont pourtant dégainé deux ténors du parti. Dans le Nord, le député Xavier Bertrand (25%) est distancé de quinze points par la présidente du Front national (40,7%). À l'annonce des résultats, le candidat de droite a assuré que "la liste de rassemblement de la droite et du centre est la seule alternative possible contre l'extrême droite. Ils nous ont choisi pour l'affronter et la battre au second tour". Le candidat de droite, qui ne dispose quasiment pas de report de voix, exclut de se retirer au second tour. Jean-Christophe Cambadélis, patron du PS, a annoncé le retrait de la liste de Pierre de Saintignon. Rien n'est toutefois joué pour Xavier Bertrand tellement l'écart à combler est important.

Dans le Sud, en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Christian Estrosi est lui aussi largement distancé. Il est crédité de 25,3% des voix (41,5% des voix pour la liste du Front national) et ne dispose que de réserves de voix limitées. Là aussi, la droite ne pouvait pas gagner si la liste de Christophe Castener (PS) se maintenait au second tour le 13 décembre. Ce retrait pourrait lui être favorable. Le front républicain sera-t-il suivi par les électeurs ? La question reste posée.

Le même scénario se dessine dans le Grand Est. Philippe Richert, président sortant du Conseil régional d'Alsace, est deuxième, à treize longueurs du Front national. Le maintien du Parti socialiste au second tour qu'a annoncé Jean-Pierre Masseret (PS) permettrait hypothétiquement au FN de l'emporter. Le PS a toutefois annoncé que la décision de se maintenir ou non dans les régions où le FN est en tête serait prise au niveau national. Jean-Christophe Cambadélis a annoncé lundi 7 décembre le retrait de la liste PS dans cette région.

La droite en tête dans quatre régions sur douze

En Île-de-France, Valérie Pécresse est certes en tête au soir du 6 décembre avec 31% des suffrages exprimés mais la victoire ne lui est pas acquise pour autant. Son avance est-elle suffisamment importante pour l'emporter ? Le suspense reste entier. Le Parti socialiste, emmené par le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, est crédité de 25% mais peut compter sur les bons scores d'Emmanuelle Cosse (7,5%) et de Pierre Laurent (7%).

Bien que le score de Laurent Wauquiez (31,4%) est satisfaisant en Auvergne-Rhône-Alpes, le candidat des Républicains peut perdre la région en cas de maintien de Jean-Jack Queyranne (PS), président sortant de Rhône-Alpes (23,1%). La droite ayant des réserves de voix moins importantes si l'on attribue les scores de Debout la France (3,0%), l'Union populaire républicaine (1,1%) et Divers droite (1,4%) à Laurent Wauquiez.

Dans les Pays-de-la-Loire, Bruno Retailleau, leader de la liste Les Républicains, est crédité de 33,9% des voix, loin devant le Parti socialiste et le Front national. En Normandie, les résultats sont très serrés mais la droite est en tête avec Hervé Morin (28,80%). Encore une fois, le retrait ou non de la liste de gauche au second tour de Nicolas Mayer-Rossignol devrait nous en dire plus sur l'issue du scrutin.

En Bourgogne-Franche-Comté, le FN écrase la concurrence. La droite, emmenée par François Sauvadet (Les Républicains), a obtenu 23,5% des voix, à huit points du Front national. En Centre-Val-de-Loire, rien n'est joué. La liste de Philippe Vigier (Union de la droite) est deuxième quasiment à égalité avec le Parti socialiste (25,9% contre 25,1%). Les deux partis dits "de gouvernement" sont devancés par le Front national (30,20%).

Les nouvelles têtes de la droite en difficulté

Du côté des nouvelles têtes de la droite, Virginie Calmels, candidate Les Républicains en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, est deuxième avec 28,9% des voix. Le président sortant PS de l'Aquitaine virerait en tête avec 31,5% des voix et peut compter sur de nombreuses réserves de voix contrairement à la candidate des Républicains.

Dominique Reynié, candidat des Républicains, n'arrive qu'en troisième position avec 19% des voix. L'ancien politologue est devancé par Louis Aliot pour le FN (31 %) et Carole Delga pour le PS (23 %) et n'a que peu de chance de l'emporter. Il a tout de même décidé de se maintenir quitte à faire gagner le Front national.

Avec très peu de réserves de voix pour le second tour, la droite suivra avec attention le positionnement du Parti socialiste pour le second tour sur l'ensemble du territoire. Nicolas Sarkozy n'a qu'une option : aller chercher les voix des abstentionnistes. "Leur silence dans les urnes ne sera jamais une réponse à leur inquiétude et à leur angoisse. Il est crucial que tous ceux qui veulent l'alternance trouvent le chemin des urnes dimanche prochain", a-t-il annoncé dimanche 6 décembre.

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