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Réforme des retraites : Jean-Paul Delevoye a présenté sa démission

Le haut-commissaire en charge des retraites, soupçonné de conflits d'intérêts, a présenté sa démission, ce lundi 16 décembre.

Le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye
Le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye
Crédit : DOMINIQUE FAGET / AFP
Marie-Pierre Haddad & AFP

Le "Monsieur retraites" du gouvernement a démissionné. Jean-Paul Delevoye a présenté sa démission à Emmanuel Macron, ce lundi 16 décembre. Une démission acceptée "avec regrets" par le président de la République. L'Élysée précise que le haut-commissaire en charge des retraites sera remplacé "dans les plus bref délais". 

Le haut-commissaire aux retraites était fragilisé par des soupçons de conflits d'intérêts après des oublis dans sa déclaration d'intérêts. Ce dernier a rectifié ce document en déclarant 13 mandats, dont 11 bénévoles, soit dix de plus que dans la version initiale, selon Le Monde

Un coup dur pour Emmanuel Macron et le gouvernement, en plein bras de fer avec les syndicats sur la réforme des retraites. Nommé par le chef de l'État en septembre 2017 pour préparer la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye considère que la "confiance est fragilisée sous les coups d'attaques violentes et d'amalgames mensongers" et qu'à travers son "procès", on "veut porter atteinte au projet" qu'il juge "essentiel pour la France", explique-t-il dans une déclaration transmise à l'AFP.

Des oublis dans sa déclaration d'intérêts

Dans sa nouvelle déclaration d'intérêts adressée à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), qui scrute le patrimoine et les activités des membres du gouvernement, figurent majoritairement des activités bénévoles dans des associations musicales, de "Civic tech", à la Fédération française des diabétiques, ou encore dans une fondation qui dispense des cours d'éveil artistique aux jeunes, selon Le Monde

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"J'ai fait ces omissions car pour moi, c'était de l'ordre de l'engagement social", se justifie Jean-Paul Delevoye, affirmant n'avoir "jamais donné de conférences rémunérées dans le cadre de ces fonctions". Le "Monsieur retraites" du gouvernement avait reconnu il y a quelques jours avoir omis de déclarer sa fonction d'administrateur bénévole dans un institut de formation de l'assurance, l'Ifpass.  

D'autres oublis sont ensuite apparus : il siège bénévolement depuis 2016 au conseil d'administration de la Fondation SNCF, et préside l'Observatoire régional de la commande publique des Hauts-de-France. Jean-Paul Delevoye a aussi cumulé sa fonction gouvernementale avec celle, rémunérée, de président de Parallaxe, un institut de réflexion sur l'éducation dépendant du groupe de formation IGS, cumul qu'il avait déclaré mais qui, a-t-il appris depuis, n'était pas autorisé. Face à la polémique, il a démissionné de ses fonctions et s'est engagé à rembourser les sommes perçues

Selon Le Monde, il a touché 78.408 euros net au titre d'un ancien ancien poste de "conseiller du délégué général" du groupe IGS, ainsi que 73.338 euros net en 2018 et 62.216 en 2019 en tant que président d'honneur du groupe de réflexion Parallaxe.

La majorité a salué son "courage"

L'ancien député Parti Socialiste (PS) René Dosière, président de l'observatoire de l'éthique publique, a également rendu hommage à "une décision digne d'un honnête homme". Il "paie ses erreurs ainsi que l'inertie des services du gouvernement", a-t-il jugé, faisant référence à l'absence de vigilance du secrétariat général du gouvernement sur ses déclarations d'intérêts erronées.

La majorité a salué pour son "courage" Jean-Paul Delevoye. Sa démission est jugée logique par l'opposition en raison des révélations sur ses activités non déclarées, la gauche estimant que le gouvernement doit retirer une réforme des retraites "discréditée".

Le Premier ministre Edouard Philippe a souligné "le travail de conviction et de dialogue mené depuis deux ans" par Jean-Paul Delevoye, à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation contre ce projet, mardi 17 décembre.

Pour les opposants, le départ du "Monsieur Retraites" du gouvernement était inévitable après les révélations de la presse sur ses omissions dans sa déclaration d'intérêts de ministre, notamment concernant des activités dans les assurances ou à la SNCF. "Il était temps", a immédiatement réagi le parti socialiste sur Twitter. 

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