3 min de lecture Affaire Fillon-Jouyet

Tout comprendre à l'affaire Jouyet-Fillon

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé le secrétaire général de l'Élysée, Jean-Pierre Jouyet, jeudi 9 juillet. L'ancien premier ministre François Fillon l'accusait de diffamation. Retour en quatre points sur "l'affaire du déjeuner Jouyet-Fillon".

François Fillon et Jean-Pierre Jouyet (montage)
François Fillon et Jean-Pierre Jouyet (montage) Crédit : ERIC FEFERBERG, PIERRE ANDRIEU, KENZO TRIBOUILLARD / AFP
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Selon la justice, François Fillon n'a donc pas été victime de diffamation de la part du secrétaire général de l'Élysée Jean-Pierre Jouyet et de deux journalistes du Monde. D'après BFMTV, le tribunal correctionnel a rendu une relaxe générale ce jeudi 9 juillet, dans l'affaire où deux journalistes affirment que François Fillon aurait demandé au gouvernement de "taper" sur Nicolas Sarkozy pour empêcher son retour en politique. Retour sur l'affaire en 4 épisodes.

1. Le livre de la discorde

Au début du mois de novembre 2014, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, deux journalistes du Monde, publient le livre Sarko s'est tuer. Ils y racontent notamment un déjeuner entre François Fillon, le secrétaire général de l'Élysée Jean-Pierre Jouyet (par ailleurs secrétaire d'État aux Affaires européennes dans le gouvernement Fillon entre 2007 et 2008) et Antoine Gosset-Granville, un proche des deux hommes. Au cours de cette rencontre, qui aurait eu lieu le 24 juin 2014, François Fillon aurait demandé à Jean-Pierre Jouyet d'accélérer les procédures judiciaires contre Nicolas Sarkozy pour empêcher son retour en politique.
"Mais tapez vite ! Jean-Pierre, tu as bien conscience que si vous ne tapez pas vite, vous allez le laisser revenir. Alors agissez !", aurait demandé l'ancien Premier ministre. Il faisait notamment référence à l'affaire Bygmalion ainsi qu'à celle des pénalités infligées à Nicolas Sarkozy mais payées par l'UMP après l'invalidation des comptes de campagne de l'ancien président en 2012.

2. Le démenti

Face à l'ampleur que prend le scandale, François Fillon et Jean-Pierre Jouyet démentent les dires des journalistes. "La manœuvre est grossière. Pour moi, le combat politique se mène strictement sur le terrain des idées", se défend François Fillon dès le 5 novembre 2014. Le secrétaire général de l'Élysée réfute lui aussi la version des deux journalistes : "Nous avons parlé d'autre chose, (…) il ne m'a, bien entendu, pas demandé une quelconque intervention, démarche par ailleurs inimaginable".

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Mais Fabrice Lhomme et Gérard Davet réaffirment leur information, et révèlent que c'est Jean-Pierre Jouyet lui-même qui leur aurait relaté ce déjeuner le 20 septembre 2014. Ils disent par ailleurs posséder l'enregistrement de leur conversation avec le secrétaire général de l'Élysée, qu'ils retranscrivent dans les pages du Monde.

3. Jouyet change de version, Fillon porte plainte

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Le 9 novembre 2014, Jean-Pierre Jouyet change sa version initiale. Dans une interview donnée à l'AFPil admet que François Fillon a bien évoqué les affaires de Nicolas Sarkozy lors du déjeuner qu'ils ont partagé. Il précise avoir dit à l'ancien Premier ministre que l'Élysée "ne pouvait rien s'agissant de cette procédure relevant de la justice".

Le 17 novembre, François Fillon annonce quant à lui qu'il va porter plainte pour diffamation contre Le Monde, ses deux journalistes, ainsi que Jean-Pierre Jouyet. Dans la foulée, Nicolas Sarkozy se dit "très déçu" par son ancien Premier ministre et parle d'une "marée de boue".

4. Le procès

C'est le 28 mai, devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, que se tient pendant près de dix heures le procès en diffamation contre les journalistes du Monde et Jean-Pierre Jouyet. Alors que ce dernier est absent, François Fillon dit vouloir "défendre son honneur" et dénonce une "farce", comme le rapporte Le Monde.

"J’aurais été remettre mon destin et mon honneur dans les mains de mes adversaires politiques", déclare l'ancien Premier ministre, avant d'insister : "Je n’accepte pas la victoire du mensonge et du calcul". "On ne sait pas ce qui s’est passé lors de ce déjeuner et on ne le saura jamais", a conclu la procureure Annabelle Philippe. Car même si les enregistrements font parler Jean-Pierre Jouyet, aucun micro ne pourra dire si François Fillon a bien tenu ces propos.

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