6 min de lecture Primaire Les Républicains

Primaire de la droite : ce qu'il faut retenir du deuxième débat

ÉCLAIRAGE - Les sept candidats de la primaire de la droite et du centre ont été plus offensifs, ce jeudi 3 novembre, lors du deuxième débat avant le premier tour du 20 novembre.

Débat de la droite et du centre
Débat de la droite et du centre Crédit : Capture d'écran iTélé
Romain Renner
Romain Renner
Journaliste RTL

Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, Jean-François Copé et Jean-Frédéric Poisson sont remontés sur le ring, ce jeudi 3 novembre. Les sept candidats de la primaire de la droite et du centre ont débattu pour la deuxième fois, sur le plateau de BFMTV et i>Télé, à 17 jours du premier tour du scrutin qui désignera le candidat Les Républicains à la présidentielle 2017.

À la peine dans les sondages, Nicolas Sarkozy devait être plus offensif ce soir. Mécontent de sa prestation lors du premier débat, Bruno Le Maire voulait quant à lui se relancer, alors que sa campagne semble clairement marquer le pas. Performants il y a trois semaines et sur une bonne dynamique, François Fillon et Alain Juppé, devaient, eux, poursuivre sur leur lancée.

Nicolas Sarkozy très critiqué

S'ils étaient tous d'accord sur "l'abaissement de la fonction présidentielle" provoquée par le quinquennat de François Hollande, les candidats de la primaire ont également élevé le ton les uns contre les autres durant la soirée. Plusieurs d'entre eux se sont d'ailleurs attaqués à la même cible : Nicolas Sarkozy. À diverses occasions, l'ancien président de la République a été critiqué par ses concurrents, tant sur le bilan de sa politique que sur ses choix personnels.

Jean-François Copé a ouvert le bal en évoquant les problèmes liés à l'accueil des migrants, notamment provoqués, selon lui, par les guerres auxquelles la France a pris part. Le maire de Meaux a directement évoqué le cas de la guerre en Libye, désignant Nicolas Sarkozy en dirigeant ses mains vers lui. Plus tard, l'ancien patron des députés UMP a fustigé la décision de l'ex-chef de l'État de réduire les effectifs de police durant son quinquennat. "J'assume pleinement cette décision (...) prise avec François Fillon (...) Et limiter la question de l'insécurité aux effectifs de police c'est ne rien y connaître", a-t-il sèchement répondu.

Alain Juppé a quant à lui dénoncé les "accords du Touquet", négociés par Nicolas Sarkozy lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, en 2003. "Ce ne sont pas les accords du Touquet mais de Canterbury, a précisé l'ancien chef de l'État. Mais on n'est pas obligé de connaître tous les détails".

À lire aussi
Rachida Dati lors du Grand Jury RTL, Le Figaro, LCI Les Républicains
Rachida Dati contre une primaire à droite : "Ce n'est pas 'The Voice'"

Mais c'est avec deux autres candidats que le ton est le plus monté. Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet se sont accrochés à plusieurs reprises avec l'ancien président, à propos de la volonté de l'ancien président d'arrêter la politique en 2012 ou de son dénigrement supposé du Grenelle de l'environnement, pourtant mené lorsqu'il était au pouvoir.

En réponse à ces attaques, Nicolas Sarkozy a mis plusieurs fois son expérience de président en avant, affirmant également à plusieurs reprises à l'encontre de ses contradicteurs qu'ils ne "comprenaient pas" la situation dont ils parlaient. Pour se défendre, il a également, à plusieurs reprises, rappelé que ses adversaires ont été impliqués dans certaines des décisions qu'il a prises, ramenant François Fillon à son rôle de premier ministre (2007-2012), Alain Juppé de ministre des Affaires étrangères (2011-2012), Nathalie Kosciusko-Morizet de porte-parole de sa campagne (2012) et Bruno Le Maire de membre du gouvernement (2008-2012).

Bruno Le Maire est passé à l'attaque

En retrait lors du premier débat, Bruno Le Maire a adopté un ton plus agressif envers ses concurrents, intervenant de nombreuses fois alors qu'il n'avait pas la parole. "Certains avaient promis de ne pas se représenter, d'autres de se consacrer à leur ville (...) S'ils avaient tenu leurs promesses, on serait peut-être moins nombreux sur ce plateau", a-t-il d'abord attaqué, répondant à une question sur un éventuel mandat unique du président de la République. Un coup porté à Nicolas Sarkozy, qui s'était retiré de la vie politique après sa défaite en 2012.

Une déclaration qui a donné lieu à un échange tendu entre les deux hommes. "Nicolas, tu avais dit avant ta candidature en 2012 que tu ne reviendrais pas si tu étais battu" ; "Si j'écoute Bruno, si à chaque fois qu'on est battu on n'a plus le droit de se présenter, je te rappelle : tu as été battu à la présidence de l'UMP (...) Si être battu c'était rédhibitoire, François Mitterrand n'aurait jamais été président de la République deux fois et Jacques Chirac non plus. On se serait passé de deux grandes personnalités. Commence d'abord par être élu, tu verras que c'est très difficile !", lui a répondu l'ex-chef de l'État ; "Ils ont été battus en tant que candidats, pas de présidents", a rétorqué son ancien ministre. Plus tard, le député de l'Eure a arrêté une discussion animée entre Nicolas Sarkozy et Nathalie Kosciusko-Morizet. "Je me permets d'interrompre la partie de ping-pong entre Nicolas et Nathalie", a-t-il démarré avant de détailler son constat sur ce qui constitue, selon lui, les blocages des institutions françaises.

Et la passe d'armes s'est poursuivie lorsque la question d'une alliance avec le centre a été évoquée. L'ex-président ne se voit pas gouverner avec le MoDem, qui a soutenu François Hollande en 2012. Et Bruno Le Maire de lui reprocher d'avoir pratiqué "l'ouverture" en nommant des ministres de gauche. "Tu étais au gouvernement et tu voulais y rester, lui a rétorqué l'ancien président. Tu as même postulé pour être premier ministre".

Nicolas Sarkozy n'est toutefois pas le seul candidat avec lequel Bruno Le Maire a eu maille à partir. Le candidat malheureux à la présidence de l'UMP en 2014 s'est également accroché avec Alain Juppé sur la question d'une intervention militaire française en Syrie. "Il faut être sérieux", a déclaré le maire de Bordeaux, provoquant l'ire de son concurrent : "Je suis sérieux !". Même situation lorsque, quelques minutes plus tard, Nathalie Kosciusko-Morizet a évoqué les "cadeaux" du Qatar à des personnalités politiques françaises. "J'ai rendu la montre", s'est-il dépêché de répondre. Une référence à un objet qui lui a été offert par l'émir du Qatar en 2009, lorsqu'il était ministre de l'Agriculture.

Juppé bousculé sur le soutien de Bayrou

Serein et tout en maîtrise durant la grande majorité du débat, Alain Juppé a finalement été mis en difficulté lorsque la question de l'alliance avec le centre est venue au centre des discussions. "Je suis très surpris par cette obsession pour François Bayrou", s'est étonné Alain Juppé, qui s'est empressé de lister les soutiens qu'il a reçus ces dernières semaines. Selon lui, François Bayrou est désormais engagé "dans l'alternance" et l'ancien premier ministre estime qu'il ne serait pas logique de refuser son soutien : "Je veux rassembler la droite, le centre, les déçus du hollandisme et du FN".

Ses concurrents n'ont toutefois pas laissé l'occasion de s'en prendre au favori des sondages. Bruno Le Maire a appuyé les propos de Nicolas Sarkozy. Selon lui, François Bayrou est le "complice de l'élection de François Hollande (...) n'a pas sa place dans notre famille politique". Et l'ancien chef de l'État d'ajouter : "Hollande a été l'otage des écologistes, des frondeurs et de l'extrême gauche. Quel sera le prix pour l'intégration de Bayrou et du MoDem dans la majorité ?" Face à cette offensive, Alain Juppé a été obligé d'assurer qu'il n'avait "rien promis" au maire de Pau. Une manière de nier une nouvelle fois une éventuelle entrée de François Bayrou à Matignon.

L'occasion pour François Fillon et Jean-François Copé de balayer sèchement ce débat. "Six millions de chômeurs, 100% de dette et le débat central de cette primaire c'est le sort du maire de Pau. Je ne rentre pas dans ce pugilat", a déclaré l'ancien premier ministre. "Je trouve aberrant qu'il soit devenu le centre de nos conversations", a complété le député-maire de Meaux. C'est la seule fois où le maire de Bordeaux a véritablement été mis en difficulté au cours de ce débat.

Plus d'agressivité mais peu de désaccords de fond

S'ils ne sont pas toujours d'accord sur le détail des mesures à prendre en cas de victoire en 2017, les candidats à la primaire de la droite ont semblé globalement sur la même longueur d'ondes lorsqu'il s'est agi de faire des constats, notamment sur le quinquennat de François Hollande, l'état des relations internationales de la France, le besoin de réformer l'Éducation nationale et de redonner des moyens à la police et la justice.

Le nombre d'attaques nominatives a toutefois explosé par rapport au premier débat. Les accrochages se sont multipliés tout au long de la soirée, mettant au prise quasiment tous les candidats. Seul François Fillon n'a pas été concerné par l'une de ses joutes.

Nicolas Sarkozy prêt à faire un mandat unique

Alors qu'il ne l'avait jamais évoqué jusqu'à maintenant, Nicolas Sarkozy a clairement laissé entendre qu'il était prêt à effectuer un mandat unique, en cas de victoire en 2017. "J'aurai 67 ans à la fin de ce second mandat, si par hypothèse les Français me le confiaient. Ce serait le temps de remercier la France pour toutes ces années consacrées à son service", a-t-il assuré.

Primaire de la droite : qui vous a le plus convaincu lors du 2e débat ?
Nombre de votes : 1964 *Sondage à valeur non scientifique
La rédaction vous recommande
Lire la suite
Primaire Les Républicains Nicolas Sarkozy François Fillon
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants