2 min de lecture Primaire PS

Primaire de la gauche : ces signaux du camp Hollande qui peuvent gêner les candidats

Certaines déclarations de François Hollande et de son entourage tendent à fragiliser la primaire et ses candidats.

Les candidats sur le plateau du second débat en vue de la primaire de la gauche, dimanche 15 janvier
Les candidats sur le plateau du second débat en vue de la primaire de la gauche, dimanche 15 janvier Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Julien Absalon
Julien Absalon
Journaliste RTL

En plein climax de la primaire de la gauche avec la tenue des trois débats télévisés en l'espace d'une petite semaine, les candidats se seraient sans doute bien passé de certains signaux envoyés (involontairement ou non) par François Hollande. Pendant qu'ils cherchent à convaincre leur électorat que la gauche est bel est bien en mesure de créer la surprise à la présidentielle, voilà que leur promesse semble quelque peu mise à mal - et de façon indirecte - par le président de la République ou son entourage, qui rapporte ses propos ou son opinion.

La première flèche est tirée samedi 14 janvier, soit deux jours après le premier débat. En déplacement officiel à Bamako (Mali) pour l'ouverture du sommet Afrique-France, le chef de l'État s'est laissé aller à un commentaire à la fois lourd de sens mais aussi très peu explicite. "Je ressens un goût d'inachevé qui aurait dû, finalement, justifier d'autres prétentions", lâche-t-il, à l'improviste, au milieu de son discours. En exprimant des regrets sur sa non-candidature pour la première fois de façon publique, François Hollande fragilise indirectement les participants de la primaire qui auraient pu être ses adversaires. Laisse-t-il entendre qu'il se rend compte qu'il avait finalement la place pour aller défendre son bilan ? Dans cette hypothèse, cela serait une forme de désaveu pour les candidats.

Le lendemain, dimanche 15 janvier, jour de deuxième débat, c'est une salve de signaux négatifs qui est envoyée à la primaire. Il y a d'abord cette déclaration de Jean-Marc Ayrault, assurant lui aussi que François Hollande regrettait "sans doute" sa décision de ne pas briguer un second mandat. Mais de façon plus alambiquée, le ministre des Affaires étrangères n'a pas fermé de façon irrémédiable la porte à un énième retournement de situation. "La vraie campagne présidentielle n'a pas commencé. (...) De tous les scénarios qui ont été écrits jusqu'à présent, il y en a peu qui se sont révélés exacts", a lancé l'ancien chef de gouvernement, sans grande conviction, comme l'a repéré Le Lab.

Macron en filigrane

Dans le même temps, des proches du Président ont adressé d'étonnants signes à Emmanuel Macron. Le plus remarqué a sans douté été celui de l'avocat Dominique Villemot, un intime du chef de l'État. Dans les colonnes du Journal du dimanche, ce fidèle hollandais déclare que "François Hollande va probablement soutenir Macron". Aussitôt publiée, cette phrase déclenche un vent de panique au sein de l'Élysée, comme le rapporte le JDD qui maintient de bout en bout son verbatim. Si la présidence a rappelé que Dominique Villemot était le "seul responsable de ses propos" et que ce dernier a in fine démenti ces propos, le mal était fait. L’hypothèse d'un soutien du camp Hollande à Emmanuel Macron semble faire son chemin (comme le montre le ralliement de Jean-Pierre Mignard, lui aussi un hollandais de la première heure) et apporte ainsi de l'eau au moulin des voix appelant au désistement du candidat PS pour réduire le nombre de candidatures "progressistes" et donc offrir une chance à la gauche de l'emporter.

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Enfin, cette séquence s'est conclue par ces images d'un François Hollande préférant se rendre au théâtre pour la dernière du one-man show de Michel Drucker plutôt que de suivre en direct les échanges du deuxième débat. Vraisemblablement, cela ne semble être qu'une question de calendrier. Reste que cette communication renvoie l'idée que le camp socialiste n'est peut-être pas si réuni autour de la primaire...

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