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Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, Édouard Philippe et Marine Le Pen
Crédit : AFP
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Dans les starting-blocks. Le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu dans six mois jour pour jour, le 18 avril prochain. Si la campagne a déjà débuté pour certains candidats, le casting n'est pas figé pour autant.
Le Parti socialiste a élu il y a une semaine son candidat, Raphaël Glucksmann qui s'engage donc tout juste dans la course à l'Élysée. La question d'un ralliement ou d'une candidature de François Hollande reste entière. Au sein du bloc central, Édouard Philippe et Gabriel Attal sont tous les deux en lice. Tandis qu'à droite, le candidat Les Républicains Bruno Retailleau pourrait voir face à lui Xavier Bertrand et Dominique de Villepin qui n'ont pas encore annoncé officiellement leur participation au scrutin.
Si un sondage représente une photographie de l'instant "t" et n'a aucune valeur prédictive, ces études permettent de jauger la dynamique électorale en cours.
Vague après vague, Marine Le Pen reste en tête des intentions de vote dans les sondages. Estimée entre 35 et 36% des voix en fonction des sondeurs, la candidate RN est qualifiée pour le second tour de l'élection présidentielle dans tous les cas de figure et dans toutes les projections.
"LR et le PS ne représentent plus rien. Il y a un effet d'optique parce qu'ils ont encore beaucoup d'élus locaux, ils arrivent à irriguer les médias. Mais lors de grands rendez-vous électoraux, ils sont incapables d'expliquer ce qu'ils pensent", fustige un député RN.
La question de l'adversaire de Marine Le Pen reste ouverte. Selon les dernières vagues du baromètre Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL, Jean-Luc Mélenchon complèterait le casting, peu importe les adversaires présents dans le bloc central.
Le candidat insoumis cumule ainsi entre 16 et 18% des intentions de vote. Son score le plus élevé est atteint dans la configuration où le bloc central parvient à présenter un seul candidat et avec la candidature de Raphaël Glucksmann. Le candidat du bloc central - que ce soit Édouard Philippe ou Gabriel Attal - stagnerait à 16%. Quant à l'eurodéputé Place publique, il oscillerait entre 10% et 11%.
Au Rassemblement national, un cadre, adepte des petits paris, y va de sa prédiction. "D'une façon ou d'une autre, Édouard Philippe sera dévitalisé, je ne le vois pas aller jusqu'au bout. Je pense que ce sera Mélenchon face à nous", estime-t-il.
Côté bloc central, Édouard Philippe creuse l'écart avec Gabriel Attal. Les intentions de vote pour le maire Horizons du Havre sont estimées entre 16 et 18%. Le président de Renaissance se situe quant à lui entre 10 et 11%. Selon un sondage Odoxa-Backbone pour Public Sénat du 14 octobre, 38% des Français estiment que le candidat Horizons ferait un bon candidat, contre 30% pour Gabriel Attal.
Dans le détail, l’écart est marqué chez les sympathisants du centre (88% contre 74%), mais disparaît chez ceux de Renaissance (86 % contre 85 %). "Le seul camp pour lequel il existe encore un doute dans l’esprit des électeurs est celui du centre", résume Gaël Sliman.
Si les deux candidats se rejoignent sur la nécessité d'avoir une seule candidature afin d'éviter toute dispersion des voix, chacun continue de plaider pour sa personne. Gabriel Attal continue d'appeler à une "coalition des démocrates", des "électeurs sociaux-démocrates jusqu'aux électeurs de la droite républicaine". Pour l'instant, le président de Renaissance a essuyé des refus de la part des autres candidats.
Un parlementaire n'est pas plus optimiste concernant la candidature d'Édouard Philippe, allant même jusqu'à juger sa campagne "difficile". "Ça ne prend pas", constate-t-il. "Il essaye de se démarquer d'Emmanuel Macron, mais le problème est plus profond car il y a dans le pays une volonté de tourner la page. Édouard Philippe se situe à la limite de se trouver dans la page qu’il tourne", constate-t-il.
La victoire de Raphaël Glucksmann vient aussi rebattre les cartes. Un sondage a placé pour la première fois le candidat social-démocrate au coude-à-coude avec Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Ils sont tous les trois crédités à 15% des voix dans un sondage Opinionway pour Les Échos et Radio Classique publié le 14 octobre.
Raphaël Glucksmann atteindrait même 16% des voix et se qualifierait pour le second tour dans l'hypothèse où Gabriel Attal - crédité de 11% - serait le seul candidat du bloc central. Par rapport à la précédente vague du baromètre datant du 10 septembre, le fondateur de Place publique connaît une hausse de 4 à 5 points.
La gauche pourrait aussi voir d'autres candidats émerger au fil des mois, comme François Hollande qui envisage de se présenter en janvier si le candidat issu de la primaire ne parvient pas à créer une dynamique.
À droite, le candidat Les Républicains Bruno Retailleau ne parvient pas à engager une dynamique. Le président LR stagne entre 5 et 8% des intentions de vote. Un "yoyo" qui n'entache pas sa détermination, à en croire le candidat.
Selon un sondage Odoxa, dans l'hypothèse où Édouard Philippe maintient sa candidature, le sénateur LR n'est crédité que de 6,5% des voix, contre 9% si Gabriel Attal devait être candidat du centre. Un soutien veut croire à une inversion de la tendance pour l'ancien ministre de l'Intérieur. "Il parle de façon claire et il est sincère. Il va et il peut monter", en ajoutant modestement "demi point, par demi point".
Le candidat a reçu le soutien du maire de Troyes François Baroin, lequel lui imagine "un chemin" pour créer "la surprise" face notamment à Édouard Philippe et Gabriel Attal, vivement critiqués par l'édile. Persuadé qu'il "y a un chemin" pour "créer les conditions de la surprise du premier tour et du rassemblement nécessaire au second", François Baroin s'en est pris à Édouard Philippe et Gabriel Attal. "Je ne vois pas comment on peut être la solution quand on est une partie du problème et qu'on l'incarne pleinement", a-t-il taclé.
Un sondage Ifop-Fiducial pour LCI et Sud-Radio place le maire de Cannes David Lisnard à 6% d'intention de vote, contre 5% pour Bruno Retailleau, dans une hypothèse où Édouard Philippe et Gabriel Attal sont tous les deux candidats, ainsi que l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin.
Au second tour, Marine Le Pen l'emporterait très largement face à Jean-Luc Mélenchon, à 68%, contre 32% selon un sondage Odoxa. "L'incertitude est encore grande étant donné qu'une grande partie des électeurs qui comptent aller voter au second tour sont encore indécis", précise l'institut de sondage.
Marine Le Pen l'emporterait également dans l'autre hypothèse testée par le sondage, face à Édouard Philippe au second tour, mais avec un écart beaucoup plus réduit : le maire du Havre récolterait 47% des suffrages, bénéficiant d'un report de voix plus avantageux que le leader de LFI.
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