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"Je ne négligerais pas François Hollande" : après la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire, la candidature de l'ex-président est-elle compromise ?

Au lendemain de la victoire de Raphaël Glucksmann pour la primaire sociale-démocrate, les regards se tournent vers François Hollande. L'ancien président de la République compte-t-il toujours se présenter à l'élection présidentielle ou va-t-il rejoindre la campagne du candidat PS ?

François Hollande à son arrivée au stage d'été du Parti socialiste, à Blois, le 28 août 2026.

Crédit : Alain JOCARD / AFP

Marie-Pierre Haddad

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"Notre combat commun". Comme tout bon candidat fraîchement élu, Raphaël Glucksmann s'attèle à rassembler la gauche autour de sa candidature. Moins de 24 heures après sa victoire à la primaire sociale-démocrate le 11 octobre, l'eurodéputé a ainsi tendu la main à celui vers qui tous les regards se tournent, François Hollande.

Et pour cause, ses ambitions présidentielles ne laissent guère de doute depuis plusieurs mois. Raphaël Glucksmann en a bien conscience. C'est pourquoi le député européen a indiqué sur France Inter : "Je veux qu'il soit dans notre équipe, qu'il participe à notre combat commun".
François Hollande peut-il vraiment rejoindre Raphaël Glucksmann ? Ne souhaitant pas insulter l'avenir, ce dernier a adressé un message au vainqueur de la primaire. "Il m'a félicité chaleureusement pour la victoire aussi d'une ligne dans la clarté", a dévoilé Raphaël Glucksmann. 

Une échéance pour être candidat repoussée

Déjà interrogé sur la question d'une candidature avant la victoire de l'eurodéputé, François Hollande préférait renvoyer à un "moment de vérité" en décembre prochain. Sous-entendu, il lèvera le voile sur sa participation ou non à l'élection présidentielle à cette échéance. 

Sur BMTV le 15 septembre, le député PS de Corrèze indiquait : "Ma décision d'être candidat viendra au mois de décembre après la primaire du PS. S'il y a une dynamique, il n'y a aucune raison que je vienne l'entraver". "Il faut que cette dynamique permette d'arriver au second tour de l'élection présidentielle et de l'emporter", précise-t-il.


Signe que la victoire de Raphaël Glucksmann vient contrarier les plans de François Hollande : l'ancien président a repoussé à janvier sa décision de candidater, comme l'a appris Politico. "Si Raphaël réussit, il n’y aura pas de place pour Hollande", prédit un soutien de Raphaël Glucksmann auprès de la newsletter politique. 

Une campagne déjà bien engagée

Un observateur met en garde : "Je ne négligerais pas François Hollande". "Si le PS s'embourbe avec la candidature de Raphaël Glucksmann, il peut provoquer un réflexe de vote utile à gauche en sa faveur", prévient-il auprès de RTL.fr. Auprès de RTL, un proche du potentiel candidat ironisait : "Vous connaissez Le lièvre et la tortue ? Il s’imposera quand tous les autres seront tombés." 

Un argument aussi donné chez la concurrence. "Il attend tranquillement le long du fleuve que tous les cadavres passent", raille un autre prétendant à l'Élysée. Quand un bon connaisseur du PS met en garde : "Je crois que plus personne n’attend Hollande".

Déplacements, interviews, constitution d'une équipe... En coulisses, François Hollande avait déjà bien avancé sur la préparation d'un acte de candidature. Début septembre, il a publié un nouveau livre intitulé Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche. Un ouvrage aux allures de programme, puisque l'ancien chef de l'État y présente son "projet" pour le pays avec des mesures concrètes comme l'augmentation de la TVA et un investissement "massif dans la décarbonation et les nouvelles technologies". Toujours début septembre, le député de Corrèze installait dans le XIᵉ arrondissement de Paris son QG de pré-campagne.

Côté stratégie, l'ancien président se prépare même pour l'après. Misant sur une absence de majorité pour le futur président, il n’exclut pas de devoir gouverner avec des personnalités du centre ou de la droite sociale dans une sorte de coalition. 

Selon la septième vague du baromètre Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL, dans l'hypothèse où François Hollande est candidat, il obtient 7% des intentions de vote pour le premier tour de l'élection présidentielle. Tandis que Raphaël Glucksmann, lui, se situe entre 10 et 11%, en fonction des scénarios. Jean-Luc Mélenchon obtient quant à lui entre 18 et 19% des intentions de vote, et se qualifie au second tour face à Marine Le Pen, dans tous les cas de figure.

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