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Présidentielle 2022 : la primaire (déjà) source de divisions chez Les Républicains ?

DÉCRYPTAGE - Les Républicains peinent encore à se mettre d'accord sur le mode de désignation de leur candidat pour la présidentielle de 2022. Une situation qui se joue en coulisses et pourrait exacerber les divisions déjà bien présentes chez LR.

Gérard Larcher, Valérie Pécresse et Rachida Dati, le 24 juin 2021
Gérard Larcher, Valérie Pécresse et Rachida Dati, le 24 juin 2021
Crédit : THOMAS COEX / AFP
Marie-Pierre Haddad

Ce qui semblait être une évidence lors de la campagne de 2017 ne l'est plus en 2022. Pour cette nouvelle présidentielle, la primaire provoque des remous au sein des Républicains. L'élection de François Fillon a laissé des cicatrices encore fraîches : comment se rallier au candidat élu, après s'être divisé pendant la campagne ? Question quasi philosophique...

Une autre interrogation soulève aussi de nombreuses interrogations au sein parti. Elle pourrait même s'avérer révélatrice de tensions : y-a-t-il un candidat naturel pour représenter la droite à l'élection présidentielle de 2022 ? Là encore, la réponse diverge en fonction de chaque écurie. Les pro-Bertrand assurent que seul le président de la région des Hauts-de-France peut l'emporter face à Emmanuel Macron et Marine Le Pen. 

Le clan de Valérie Pécresse milite, lui, pour une primaire la plus large possible afin de pouvoir s'imposer dans la course. Son entourage ne se prive pas pour dénoncer la décision de Xavier Bertrand de ne pas participer à la primaire. "Bizarre d’avoir peur de la primaire, quand on veut gagner la France", raille un proche de la candidate. C'est en coulisses que les tractions ont lieu. Alors, primaire ou pas primaire ?

Larcher et Jacob, pro-primaire et anti-primaire

À l'image des élus, la direction du parti est, elle aussi, divisée sur la question de la primaire. Gérard Larcher fait office "sage" dans l'organisation du mode de désignation du candidat de la droite. Un faiseur de rois, autrement dit. Dans un entretien au Figaro daté du 30 août, le président du Sénat "ne voi(t) pas d’autre procédure possible ni d’autre solution qu’une primaire pour départager les candidatures". 

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Ce ténor de la droite entame même un travail de réhabilitation de la primaire auprès de ses détracteurs, qu'il ne nomme pas. "La primaire ce n’est pas un drame. Elle doit être une primaire de rassemblement, pour reprendre le terme de Christian Jacob, elle doit être un vrai débat d’idées, elle doit être apaisée. Toute division nous condamnerait à l’échec et cela, je ne peux l’accepter. Je suis confiant: nous arriverons à constituer une équipe de France pour l’alternance", préconise-t-il.

Christian Jacob, justement. Le président des Républicains qui a attendu en vain jusqu'à la dernière minute une candidature de François Baroin est hostile à l'organisation d'une primaire. Ensuite, le renoncement de Laurent Wauquiez, pièce centrale dans l'organisation d'une primaire, a fragilisé son aboutissement. "S’il faut se résoudre à une primaire, Christian Jacob s’y résoudra. Mais son but principal est d’avoir un seul candidat à la présidentielle. S’il peut recourir à autre chose qu’une primaire pour y parvenir, il fera tout pour", explique un de ses proches à L'Opinion

Dati enfonce le clou, Pécresse y croit encore

Le reste la baronnie de droite n'en pense pas moins. Contactée par RTL.fr, la vice-présidente déléguée LR Annie Genevard "n'est pas fan d'une primaire". "Si on peut l'éviter, c'est mieux", ajoute-t-elle. Dans Le Parisien, Rachida Dati démonte l'idée d'une primaire à droite. "Ce qui me frappe, c’est que l’on n’apprend pas de notre expérience et de nos erreurs passées concernant la primaire : les haines, les divisions, les frondes. J’appelle ma famille politique à fermer l’hypothèse de la primaire", tranche-t-elle. 

Cet appel direct satisfait les anti-primaire qui œuvrent en coulisses. "Rachida Dati a la franchise de dire ce que pensent beaucoup d’élus locaux et nombre de parlementaires, soutient un parlementaire LR. Soit nous profitons des 3 prochains mois pour souligner nos différences, ou pour parler de la France. La primaire va nous éloigner des Français".

En renonçant à se présenter candidat à la primaire, Laurent Wauquiez a mis en garde contre "le poison de la division", qui a déjà fait ses preuves à droite par le passé. Argument aussi avancé par Annie Genevard. "Avec la primaire, il y a le risque d'opposition entre les candidats. Et on ne résout pas la question d'une double candidature à droite", souligne-t-elle. Valérie Pécresse propose la formule suivante : "Une compétition maintenant plutôt qu'une division plus tard". Tout en soulignant être "candidate à l'élection présidentielle, pas à la primaire de la droite".

Quelle issue ?

Les Républicains jouent la montre en attendant une solution qui permettrait de trancher une bonne fois pour toute la question de la primaire. Le parti a lancé le 30 août une enquête géante auprès de 15.000 sympathisants de la droite et du centre. Un sondage "hors norme" qui se veut un outil "d'aide à la décision", observe le politologue Pascal Perrineau auprès de l'AFP. Ces études permettront à chacun des candidats de connaître sa popularité auprès de l'électorat et donc de répondre à l'ultime question : suis-je un candidat naturel ?

LR prendra une décision lors d'un congrès du 25 septembre, avec l'objectif de désigner son candidat fin novembre. Pour l'instant, Valérie Pécresse, Philippe Juvin, Michel Barnier, Éric Ciotti et l'entrepreneur Denis Payre, tous officiellement candidats seront testés. Tout comme Xavier Bertrand...

"Il n'y a pas de guerre au sein de LR, précise Annie Genevard. C'est juste une différence de stratégie. Tout est géré dans le calme. Si on se faisait la guerre pour cela, que se passerait-il s'il y avait une primaire ?", interroge-t-elle.

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