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Présidentielle 2022 : comment Macron pose les bases de son projet pour la société

DÉCRYPTAGE - À travers un entretien de 20 pages accordé à la revue "Zadig", Emmanuel Macron renoue avec le storytelling et évoque sa "vision" de la société.

Emmanuel Macron, le 25 mai 2021
Emmanuel Macron, le 25 mai 2021
Crédit : JOHN THYS / POOL / AFP
Présidentielle 2022 : comment Macron pose les bases de son projet pour la société
01:15
Marie-Pierre Haddad
Journaliste

Sa "vision de la France". Emmanuel Macron veut tourner la page de la crise du coronavirus et se concentrer sur l'avenir. Un avenir qui s'incarnera à travers l'élection présidentielle de 2022. Dans un entretien fleuve au trimestriel Zadig, le président de la République détaille son projet de société.

Le chef de l'État prend ainsi le temps de faire une forme de bilan de son quinquennat et d'adresser un message aux Français. Cette interview fait écho au livre écrit par celui qui n'était alors que candidat En Marche, Révolution en 2016. Emmanuel Macron y dévoilait les prémices de son programme et sa vision d'une France "libre et fière" qui croit "en sa chance, risque et espère".

En reprenant les mêmes codes qu'il y a cinq ans, Emmanuel Macron fait un pas de plus vers l'élection présidentielle de 2022. Aucun doute que la campagne est déjà lancée pour celui qui évite encore avec soin d'en parler.

Les "phénomènes qui forgent un peuple"

Une candidature au scrutin présidentiel passe avant tout par un projet. C'est justement ce qu'essaye de construire Emmanuel Macron en retravaillant les bases de sa vision de 2017. Depuis, la crise des "gilets jaunes", les manifestations contre la réforme des retraites et la crise du coronavirus ont altéré l'image du président. C'est pourquoi, le chef de l'État veut retrouver un certain optimisme. "Si on a une énergie collective et une vision, on repartira de l'avant. Je pense que nous en avons la possibilité", explique-t-il dans l'entretien à Zadig.

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Sur le coronavirus, Emmanuel Macron estime que "cette pandémie est la métaphore de notre époque". "On revit des temps au fond très moyenâgeux : les grandes jacqueries, les grandes épidémies, les grandes peurs... C'est l'époque des grandes peurs, de phénomènes qui forgent un peuple, je dirais même de la réinvention d'une civilisation. C'est aussi un moment de tensions qui travaillent le pays", ajoute-t-il.

Le président de la République "relierait la période que nous vivons à la fin du Moyen Âge et au début de la Renaissance". "C'est l'époque de phénomènes qui forgent un peuple, je dirais même de la réinvention d'une civilisation. C'est aussi un moment de tensions qui travaillent le pays, entre un État central et des féodalités. C'est enfin un temps où la question européenne se pose, sans oublier le rapport entre les religions. La capacité à embrasser le futur, à se projeter, est alors déterminante pour le rebond que prend le pays. C'est ce qui me rend très confiant", ajoute-t-il.

Lutter contre "les corporatismes"

Emmanuel Macron revient aussi sur l'un des autres marqueurs de son quinquennat : les "gilets jaunes". "Un retour de la violence dans la société", selon lui. Mais là encore, le président de la République préfère voir le verre à moitié plein : les Français sont "un peuple très résistant", "extraordinairement tenace", mais qui "s'embrase sur le coup de colères". Il explique aussi ne pas avoir été "surpris de ce qui arrivait".

Toujours dans l'objectif de construire un projet de société, Emmanuel Macron a choisi de revenir auprès de Zadig sur la réforme de l'ENA. "La maladie de la France n'est pas la bureaucratie ni le centralisme mais les corporatismes. C'est-à-dire des intérêts qui protègent l'entre-soi. L'ENA a permis aux corporatismes de se reconstituer", défend-il.

C'est là que le chef de l'État décrit "la maladie de la France" qui n'est, selon lui, "pas la bureaucratie, ni le centrisme". Il pointe alors du doigt "les corporatismes" qui défendent "des intérêts qui protègent l'entre-soi". Autre projet de société cité par le président de la République : l'urgence de répondre au sentiment de "décrochage" d'une partie de la population qui exprime "la même inquiétude de la désindustrialisation, d'un sentiment d'injustice, d'une impression de trahison démocratique". 

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