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Présidentielle 2022 : comme Macron en 2017, ces candidats misent sur l'élément de surprise

DÉCRYPTAGE - Certains candidats assurent déjà qu'ils créeront la surprise en 2022. Une stratégie accentuée par la victoire de Macron en 2017. Mais est-elle payante ?

Sandrine Rousseau, le 27 août 2021.
Sandrine Rousseau, le 27 août 2021.
Crédit : Ugo Padovani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Marie-Pierre Haddad

Créer l'effet de surprise. La campagne présidentielle a pris un sacré coup d'accélérateur. Le premier tour de la primaire écologiste a fait émerger deux visions de l'environnement radicalement opposées, incarnées par Yannick Jadot et Sandrine Rousseau. Chez les socialistes, Anne Hidalgo tente de prendre le large depuis son annonce de candidature. Et à droite, la campagne fait aussi rage entre Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et désormais Éric Zemmour

Même si le polémiste laisse encore planer le doute sur sa candidature, il obtient, selon les estimations, 11% d'intentions de voix. Un pourcentage à deux chiffres qui fait effet miroir avec la chute de Marine Le Pen. La candidate Rassemblement national obtiendrait 18% des votes, selon un sondage Challenges

Chacun des candidats se positionne logiquement sur son créneau. Mais tous ont un point commun dans leur stratégie pour conquérir l'Élysée : être l'homme ou la femme providentiel(le) et s'imposer comme la surprise du scrutin. Une communication qui s'inscrit dans la lignée directe de la précédente présidentielle avec l'effet blast déclenché par l'élection d'Emmanuel Macron.

Gagner en crédibilité

Sur BFMTV, la candidate écologiste Sandrine Rousseau "pose" le "pari" qu'elle sera "la surprise de cette présidentielle". Pourquoi ? Elle estime être à la tête d'un "mouvement de fond qui veut une transformation radicale, qui veut que les questions sociales et sociétales soient à l'agenda". Avant elle, c'est le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure qui avançait que le PS sera "la surprise" de 2022, lors du 79ème Congrès du parti à Villeurbanne. Sans employer le mot mais en voulant l'incarner, Arnaud Montebourg s'inscrit aussi dans la lignée de ces candidats qui veulent prendre de court les pronostics.

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"Une génération Macron", selon l'expert en communication politique Philippe Moreau-Chevrolet. Joint par RTL.fr, il explique cette façon de se différencier ses adversaires politiques est une conséquence directe de l'élection d'Emmanuel Macron. Son arrivée à l'Élysée a "pu donner le sentiment qu'au fond, il suffit d'oser et de tenter sa chance pour renverser la table et remporter une présidentielle. Il y avait le sentiment que tout est possible", abonde Bruno Cautrès, chercheur CNRS au Cevipof.

"Cette génération regroupe des candidats dont le point commun est de mettre en avant  l'argument de la surprise pour se crédibiliser en tant que candidat. C'est une façon de conjurer le fait qu'ils sont des 'petits candidats', avec des scores en dessous de 10% dans les sondages", estime quant à Philippe Moreau-Chevrolet. 

Faire du Macron, mais comment ?

Mais n'est pas Emmanuel Macron qui veut, selon Bruno Cautrès. La stratégie du candidat surprise existe bel et bien mais représente "une illusion", selon lui. "La comparaison avec le chef de l'État est biaisée. Il a un parcours qui lui est propre, estime-t-il. Et en 2016 lors des prémices de la campagne présidentielle, il y a eu une cohérence entre le message de renouvellement martelé par Emmanuel Macron et son âge (à l'époque 39 ans, ndlr). C'est un moule qui n'est pas réplicable".

Pour Philippe Moreau-Chevrolet, derrière "l'élection éclair d'Emmanuel Macron se cache énormément de préparation. Déjà à l'époque où il était ministre de l'Économie, il s'est constitué une communauté de soutiens, avec un financement important et il a pu récolter les 500 signatures d'élus nécessaires pour candidater à la présidentielle". "Emmanuel Macron était une surprise par rapport au jeu politique droite-gauche, mais il n'est pas parti de nulle part, il était extrêmement préparé", souligne-t-il. 

Autre point non-négligeable souligné par le chercheur CNRS au Cevipof : "Cette illusion est entretenue en toile de fond par la crise de confiance des Français envers la politique. À cela s'ajoute la faiblesse des partis et des appareils politiques et aussi la faiblesse programmatique, analyse-t-il. Ce contexte favorise l'émergence de candidats voulant incarner l'effet de surprise".

Quid de l'homme ou la femme providentiel(le) ?

Si l'argument de la surprise pour exister dans le débat est récent dans le débat politique, celui de l'homme ou de la femme providentiel(le) est un argument plus traditionnel. "En communication politique, cela se matérialise dans le fait de dire : 'Je suis la révélation de la campagne'. Cette rhétorique est un peu complotiste d'ailleurs. Elle implique qu'il existe une majorité silencieuse et une vérité cachée donc le candidat providentiel s'en fait l'écho", explique Philippe Moreau-Chevrolet.

Les candidats qui créent l'étonnement en campagne sont à différencier de ceux qui se définissent comme "providentiels". "On peut être une surprise sans pour autant se prendre pour le sauveur", nuance Bruno Cautrès. 

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