3 min de lecture Parti communiste

Présidentielle 2017 : le PCF pour un "pacte commun" mais pas forcément avec Jean-Luc Mélenchon

Pour son 37e Congrès, le parti communiste a décidé de bâtir un projet commun avant de choisir un candidat.

Le secrétaire national du Parti Communiste Français, Pierre Laurent (archives)
Le secrétaire national du Parti Communiste Français, Pierre Laurent (archives) Crédit : AFP / GAIZKA IROZ
Michael Ducousso et AFP

Olivier Dartigolles, le porte-parole du Parti Communiste Français, voulait que le 37e Congrès du parti, soit un "congrès de clarification". Et à la veille de la clôture du rendez-vous militant à Aubervilliers, le PCF a en effet apporté quelques réponses concernant son positionnement pour l'avenir, malgré des divisions internes encore sensibles.

Les communistes ont ainsi opté pour la stratégie d'un "pacte commun" pour les élections présidentielle et législatives de 2017 en privilégiant un rassemblement au-delà du Front de gauche, qui accueillerait la partie du PS contestant la politique gouvernementale. Près de 71% des militants se sont prononcés pour cette stratégie défendue par un texte largement amendé et porté par le secrétaire national Pierre Laurent.

Concrètement, le texte prévoit de "s'appuyer sur l'expérience du Front de gauche", qui réunissait le PCF, le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon et Ensemble de Clémentine Autain, pour construire un "Front populaire et citoyen". Un mouvement "plus large, plus populaire, plus citoyen" que le Front de gauche et "à vocation majoritaire".

D'abord un pacte en octobre, ensuite un candidat

En optant pour ce choix, le PCF espère rassembler la gauche du PS, jusqu'à présent très dispersée. Pour se donner une chance lors des prochaines élections, le parti veut réunir les composantes des "forces de gauche et de l'écologie politique, les forces syndicales, le mouvement social, le monde du travail et de la création". Tout ce monde serait ensuite appelé à rédiger un "pacte d'engagements communs" avant même de désigner un candidat. 

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En octobre, une fois que ce pacte serait prêt, il serait soumis à une "votation citoyenne nationale" pour lui donner "un mandat populaire". Viendrait ensuite le temps de la désignation d'un candidat, au besoin par le biais d'une primaire. Le PCF montre ainsi que, s'il n'exclut pas de passer par un système de primaire, il ne s'engage pas non plus totalement en faveur de la primaire réclamée par certains intellectuels et militants de gauche dans les colonnes de Libération. Après la publication de l'appel à la primaire, les communistes avaient déjà prévenu qu'ils préféraient présenter d'abord un projet avant de présenter des candidats. Cette position explique notamment pourquoi l'alliance avec Jean-Luc Mélenchon, qui fait cavalier seul depuis le départ, est délicate.

Jean-Luc Mélenchon et le PCF, une relation décrispée ?

Entre les délégués qui ne veulent pas d'alliance avec les socialistes et ceux qui veulent rejoindre le candidat auto-déclaré, les débats autour du "pacte commun" étaient animés à Aubervilliers. Pour certains, la dynamique du Front de Gauche, créé en 2009, "reste un repère important pour des milliers de personnes, continue de représenter un espoir pour des politiques anti-libérales et, de plus en plus, anti-autoritaires". Tandis que d'autres, comme Cyril Morlot, secrétaire départemental du PCF de Haute-Saône, y voient un façon de mener "des magouilles politiciennes dans lesquelles les travailleurs seront mis à l'écart" pour "sauver le PS" dans "une soi-disant refondation de la Gauche". 

Ce qui est certain, c'est que même si les communistes ont accueilli des personnalités de toute la Gauche, de Jean-Luc Mélenchon à Benoît Hamon en passant par l'écologiste Cécile Duflot, les relations entre la tête du PCF et le candidat de la "France insoumise" ne se passent pas toujours en douceur. Mardi 31 mai, Pierre Laurent a ainsi regretté que Jean-Luc Mélenchon décide d'organiser son premier meeting de campagne le 5 juin, soit le jour de clôture du Congrès PCF, alors qu'il était prévenu. Celui qui a organisé son "défilé des insoumis" à 14 heures place Stalingrad, dimanche, a démenti sur Facebook : "Pierre Laurent ne m'a informé de rien et ne m'a plus jamais contacté d'aucune façon depuis notre dernier rendez-vous en décembre 2015". 

Une simple mésentente visiblement, puisque le candidat de la "France insoumise" s'est ensuite affiché en photo avec Pierre Laurent avec, en légende : "Un accueil très chaleureux à l'entrée du congrès par Pierre Laurent et Marie-Pierre Vieu. Les communistes finaliseront leur décision à propos de l'élection présidentielle en novembre prochain. D'ici là, chacun travaillera à maintenir des relations décrispées".

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