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Près de 20 millions de dollars misés sur l'issue du scrutin à Paris, Lyon ou Marseille : les élections municipales n'ont pas échappé aux parieurs de Polymarket (même si c'est illégal en France)

La plateforme américaine de paris en ligne sur l'actualité, Polymarket, a gagné en popularité ces dernières années. Malgré son interdiction en France, de nombreux paris ont été faits sur les élections municipales aussi bien à Paris que Lyon ou Marseille.

Plusieurs paris ont été réalisés sur les élections municipales françaises sur le site Polymarket.

Crédit : Capture d'écran/Polymarket

Marine Langlois

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La pratique interdite en France ou en Belgique mais elle est très populaire outre-Atlantique, notamment. La plateforme américaine de paris en ligne Polymarket ne cesse de gagner en popularité depuis plusieurs années et les élections municipales françaises n'ont pas échappé à l'intérêt de ses parieurs. Sur ce site de "marchés prédictifs", qui permet de miser de l'argent sur la probabilité d'événements futurs, de nombreux internautes se sont amusés à deviner le nom des prochains maires de France, principalement dans les grandes villes de l'Hexagone. 

Par exemple, plus de 321.000 dollars ont été pariés sur l'élection municipale lyonnaise, où Grégory Doucet est pour le moment donné en tête à 70% contre 30% pour Jean-Michel Aulas, longtemps en tête à près de 90%, a vu sa côte baisser en flèche à l'annonce des résultats du premier tour. Il est pourtant donné au coude-à-coude avec l'actuel maire de Lyon dans les sondages mais pour les internautes, l'ancien patron de l'OL n'a plus trop de chance de l'emporter. 

Emmanuel Grégoire et Benoît Payan vus en grands favoris

Mais la capitale des Gones n'est pas la seule ville qui fait l'objet de paris sur Polymarket. Pour Paris, où près de 17 millions de dollars ont été misés, Emmanuel Grégoire, qui est donné en tête depuis janvier, voit sa côte monter encore plus à 90% alors que celle de Rachida Dati chute à moins de 10%, ce dimanche soir. Éric Ciotti est très plébiscité à Nice avec 83% contre 18% pour le maire sortant Christian Estrosi. 

D'après les parieurs, Benoît Payan est le plus enclin à gagner dans la cité phocéenne - plus de 90% parient sur lui contre moins de 10% sur Franck Allisio - alors que les deux hommes sont donnés au coude-à-coude après le premier tour. Édouard Philippe a la côte pour Le Havre (94%), Jean-Luc Moudenc à Toulouse (75%) et Josée Massi à Toulon (59%), qui reprend le devant sur Laure Lavalette (39%) après ce premier tour.

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17 millions de dollars sur l'élection parisienne, 374.000 sur celle de Toulouse, 321.000 pour Lyon, 243.000 pour Nice ou encore 84.000 sur Le Havre et 66.000 sur Toulon : près de 20 millions de dollars ont été misés sur les élections municipales françaises sur Polymarket. 

Le principe de ce site est simple, il est possible d'acheter des "parts", en cryptomonnaies, liées à un événement économique, culturel sportif ou politique - comme ici la victoire d'un candidat à une élection. Et les prix ne sont pas fixes, ils évoluent en fonction de l'offre et de la demande. La plateforme affirme de son côté que ces marchés reflètent "ce que les traders pensent réellement qu'il va se passer". 

Une plateforme pour miser sur l'actualité, mais bloquée en France

Les plateformes de marchés prédictifs ont gagné en popularité ces dernières années : plus de 3,6 milliards de dollars de paris ont été comptabilisés pendant l'élection présidentielle américaine de 2024 et Polymarket avait d'ailleurs anticipé la victoire de Donald Trump. Plus récemment, plus de 529 millions de dollars ont été misés sur des contrats liés au timing d'attaques contre l'Iran, entraînant des soupçons de délits d'initiés. 

Mais Polymarket est interdite en France. En novembre 2024, l'Autorité nationale des jeux a estimé que la plateforme de marchés prédictifs propose une offre de jeux d'argent qui n'est pas autorisée et reproduit des mécanismes addictifs comparables aux jeux d'argent, sans les protections imposées aux opérateurs légaux. Elle a encore lancé un "appel à la prudence" fin février.

L'ANJ considère que ces marchés sont à cheval entre les jeux d'argent et les produits financiers, les utilisateurs misant sur un événement et pouvant revendre leur position avant sa résolution. Et le droit français encadre strictement les jeux d'argent en ligne : la loi réserve leur exploitation aux opérateurs titulaires d'un agrément délivré par l'ANJ, principalement pour les paris sportifs, hippiques et le poker. 

Conséquence de cette interdiction : la plateforme a mis en place un géoblocage empêchant les mises depuis le territoire français un dispositif souvent détourné par les internautes grâce à un VPN. Polymarket est également bloqué ailleurs en Europe, comme l'Allemagne, Belgique ou dans les Pays-Bas mais aussi dans plusieurs pays asiatiques. 

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