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PMA : "Il ne faut surtout pas hystériser le débat", avertit Alba Ventura

ÉDITO - Le Comité d'éthique a confirmé son avis favorable à l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes. Est-on reparti pour un tour, avec notamment la Manif pour tous ?

Lors de la 40e Marche des fiertés, samedi 24 juin 2017, la "PMA pour toutes" a été réclamée
Lors de la 40e Marche des fiertés, samedi 24 juin 2017, la "PMA pour toutes" a été réclamée
Crédit : XAVIER VILA/SIPA
PMA : "Il ne faut surtout pas hystériser le débat", avertit Alba Ventura
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PMA : "Il ne faut surtout pas hystériser le débat", avertit Alba Ventura
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Alba Ventura & Loïc Farge

Le Comité national d'éthique a rendu, une nouvelle fois mardi 25 septembre, un avis favorable à la PMA pour tous - une promesse d'Emmanuel Macron pendant la campagne. Mais on sait bien que le chemin va être encore long avant le débat et le vote au parlement, prévus en début d'année prochaine.

Est-ce un chemin semé d'embûches comme pour le Mariage pour Tous ? Il faut espérer que ça ne s'enflamme pas comme ça. Parce que le débat sur le Mariage pour Tous, c'est quand même l'exemple de tout ce qu'il ne faut pas faire.

D'abord parce que ça a été trop long : un an, vous vous rendez compte ! Un an de crispation entre ceux qui étaient traités de "réac'" et ceux qui se revendiquaient du "camp du bien". Plus de 100.000 personnes dans les rues du côté des opposants de la Manif pour Tous. Un an pendant lequel le gouvernement a été accusé de "familiphobie", où il a lui-même entretenu le flou à l'époque sur la PMA et même la GPA.

Ne pas trop faire durer le plaisir...

Ça a été un an d'hystérie. Et pourtant François Hollande avait promis une "société apaisée". Écoutez, j'ai le sentiment que cette fois, on peut avancer plus sereinement. D'abord parce qu'il s'est écoulé quelques petites années, et le Mariage pour Tous n'a rien enlevé au mariage traditionnel.

Ensuite parce qu'on peut estimer qu'Emmanuel Macron, qui était aux premières loges à l'Élysée quand le débat sur le Mariage pour Tous s'est envenimé, ne refera pas les mêmes erreurs avec la PMA pour toutes - c'est-à-dire ouverte aux femmes seules et couples de lesbiennes.

Comment s'y prendre ? J'insiste, mais il faut faire court ! Ne pas trop faire durer le plaisir, si vous me permettez cette remarque un peu déplacée. Et parler, écouter, ne pas balayer les remarques, les convictions, même si c'est une promesse du Président !

Le débat sur le Mariage pour Tous, l'exemple de tout ce qu'il ne faut pas faire

Alba Ventura

Quand la Conférence des Évêques rappelle l'importance de la "référence paternelle", ce n'est pas marginal comme question. Mais on peut discuter calmement des cas de familles où le père est absent, ces familles monoparentales qui sont de plus en plus nombreuses.

Quand certains s'interrogent sur l'accès aux origines, la levée de l'anonymat des dons, est-ce qu'il faut prendre en compte le seul souhait de l'enfant, ou le seul souhait du donneur, ou les deux ?

Ce ne sont pas des questions qui font vraiment débat dans la majorité présidentielle. Il y a assez peu d'opposants, c'est vrai - une dizaine sur plus de 300 députés. Mais le problème n'est pas la majorité. Parce que c'est un débat qui traverse toutes les familles politiques, et qui peut recréer un clivage au Parlement, qui peut déborder dans la société.

La pondérée Agnès Buzyn mène les débats

Est-ce que les partisans de la PMA pour toutes seront capables de ne pas juger les opposants comme des conservateurs forcenés ? Est-ce que, parmi les opposants, certains seront enclins à faire un bout de chemin vers plus d'égalité dans une société où il y a une multitude de schémas familiaux ? Est-ce que le temps est venu de dépasser ce qui est du ressort du médical et ce qui est du ressort du désir de l'enfant ?

C'est en ces termes que le débat va se poser. Avec une différence non négligeable par rapport au débat sur le Mariage pour Tous : la figure de l'époque, c'était Christiane Taubira, la ministre de la Justice. Pasionaria de la cause, l'icône de la gauche, détestée par la droite, qui avait électrisé les bancs de l'Assemblée.

Cette fois ce sera Agnès Buzyn, la ministre de la Santé. Une femme à l'autorité médicale reconnue, mais surtout une femme pondérée, peu adepte des envolées tempétueuses.

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