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Emmanuel Grégoire, maire de Paris, le 18 mai 2026.
Crédit : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
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Le maire de Paris s'est expliqué devant les sénateurs sur le scandale des violences sexuelles dans le périscolaire de la capitale. Après Anne Hidalgo mardi, Emmanuel Grégoire a été entendu devant la commission d'enquête sénatoriale ce mercredi 16 septembre. Comme sa prédécesseure, l'édile socialiste a fait part de "ses regrets". Il s'est néanmoins défendu de toute complaisance.
"Je tiens à vous dire mes plus profonds regrets. Personnels d'abord, ceux de la ville de Paris aussi, que je représente institutionnellement", a-t-il déclaré au début de son audition. "Je sais et j'entends les désarrois" des parents et des victimes, a-t-il ajouté. Il a également estimé que la mairie de Paris aurait "pu faire mieux" et reconnu des "failles". Un avis qu'il partage avec Anne Hidalgo, qui avait évoqué mardi devant les sénateurs un "échec collectif" de l'ensemble des institutions.
"Oui, il y a eu des failles collectives, dans le dysfonctionnement, dans le manque de transparence, dans le manque d'application ou de rigueur d'application des procédures", a développé Emmanuel Grégoire. Ce dernier pointe également un "manque de transparence" notamment parce que les "réunions publiques n'étaient pas systématiques avec les parents et les collectifs".
"Il n'y a pas une minute où je n'éprouve pas un sentiment de gravité, de tristesse et de culpabilité par rapport à ce qui se passe et par rapport à ce qui s'est passé", a-t-il ajouté. "Oui nous pouvons faire mieux, ce n'est pas suffisant et j'ai pris des mesures spectaculaires depuis que je suis maire", a plaidé l'édile qui a engagé en avril un plan d'action à 20 millions d'euros sur les violences sexuelles dans le périscolaire.
L'ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo, qui a également été chargé des ressources humaines jusqu'en 2017, a néanmoins réfuté tout manquement aux obligations légales. "La Ville n'a jamais été prise en défaut sur le respect des obligations légales de recrutement (d'animateurs, NDLR) que lui impose le législateur", a assuré Emmanuel Grégoire. Et d'insister : "On dit : 'vous avez recruté n'importe qui, vous avez recruté des pédophiles' (...). La réponse est non."
"Non, on n'a pas caché des pédophiles à la ville de Paris", a-t-il répété devant la commission. "Que nous puissions être soupçonnés de cela m'est insupportable, pour des raisons que chacun comprendra ici aisément", a-t-il dit, lui-même ayant été victime de violences sexuelles alors qu'il était enfant. "Jamais au regard des informations qui ont été portées à ma connaissance il n'y a eu de la part d'un seul agent de tentative de dissimulation ou d'étouffement d'une affaire de violence sexuelle."
Depuis le début de l'année 2026, 132 animateurs ont été suspendus par la Ville, dont 52 pour suspicions de violences sexuelles ou sexistes, un chiffre traduisant un caractère "systémique" selon Emmanuel Grégoire, qui a engagé en avril un plan à 20 millions d'euros contre les violences sexuelles dans le périscolaire. Sur le volet pénal, plus de 230 enquêtes sont en cours dans les écoles primaires et les crèches de la capitale, visant des personnels de ces établissements. Mardi, une première peine de prison ferme a été prononcée contre un animateur.
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