1. Accueil
  2. Actu
  3. Politique
  4. Passe vaccinal : pourquoi l'examen du projet de loi a été brutalement suspendu cette nuit
4 min de lecture

Passe vaccinal : pourquoi l'examen du projet de loi a été brutalement suspendu cette nuit

Coup de théâtre rarissime à l'Assemblée nationale. Une suspension-surprise est venue interrompre les espoirs de la majorité.

Olivier Véran à l'Assemblée le 3 janvier 2022
Olivier Véran à l'Assemblée le 3 janvier 2022
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Passe vaccinal : pourquoi l'examen du projet de loi a été brutalement suspendu ?
00:01:26
Aymeric Parthonnaud & AFP & Thomas Despré

C'est un phénomène rarissime qui s'est déroulé à l'Assemblée nationale dans la nuit du 3 au 4 janvier 2022. Un véritable coup de théâtre. L'examen du projet de loi transformant le passe sanitaire en passe vaccinal a fait l'objet d'une suspension surprise, après qu'une majorité de députés a refusé par un vote à main levée la poursuite des débats. Cette suspension-surprise saluée bruyamment par l'opposition va faire vraisemblablement dérailler le calendrier d'adoption définitif du texte par le parlement prévu initialement pour la fin de la semaine.

"C'est un camouflet pour le gouvernement", s'est réjoui le député Les Républicains Julien Aubert tandis que Jean-Luc Mélenchon, chef de file des "Insoumis" s'est félicité d'une "correction" infligée au ministre de la Santé, Olivier Véran.

Le ministre avait auparavant sollicité l'accord de l'hémicycle pour poursuivre les débats après l'heure normale de clôture de l'Assemblée prévue à minuit. "On a la nuit devant nous", avait préalablement ironisé Olivier Véran. Mais cette simple formalité qui devait emmener les députés dans un examen-marathon jusqu'au petit matin, s'est transformée en nouveau couac qui fait désordre en pleine campagne présidentielle.

Il reviendra à la conférence des présidents de groupes parlementaires du Palais Bourbon qui se réunira ce mardi 4 janvier à 10 heures, d'inscrire la suite de l'examen du texte à l'agenda de l'Assemblée, peut-être dès mardi soir ou mercredi, a avancé une source parlementaire.

Un défaut de mobilisation de la majorité

À lire aussi

Alors que la majorité a déjà été prise à plusieurs reprises en défaut de mobilisation, au fil des 12 textes anticovid examinés depuis le début de la crise, Christophe Castaner, le patron du groupe LaREM a appelé les députés à "demeurer présents et mobilisés tout au long de la semaine" dans un message interne. Il a fustigé "l'irresponsabilité" des oppositions, d'aucuns au sein du groupe dénonçant un "nouveau coup du rideau" des députés LR, arrivés en force juste avant le vote.

"On a vu des oppositions qui, sur force plateaux TV et tweets, nous disent qu'elles sont favorables au passe vaccinal et soutiennent ce projet de loi et qui dans l'hémicycle, ont fait complètement l'inverse, ont joué l'obstruction et ont voté de façon massive pour que les débats cessent", a dénoncé la présidente LaREM de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet. Dans le viseur de la majorité : l'attitude des LR accusés de soutenir publiquement le passe vaccinal mais d'avoir soumis le texte dans l'hémicycle à une floppée de critiques et de votes négatifs.

"Il y a eu clairement un défaut d'anticipation et de mobilisation", a cependant admis une source parlementaire LaREM, déplorant également un "coup" de la présidente de séance, la LR Annie Genevard qui à l'issue du vote-surprise a été interpellée par Christophe Castaner et le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Des questions sensibles...

Jusqu'alors, les débats autour du projet de loi transformant le passe sanitaire en passe vaccinal, avançaient à pas comptés en raison de l'hostilité de députés de plusieurs groupes politiques. Dans un hémicycle chauffé à blanc, les débats s'étaient attardés sur l'épineuse question du pass vaccinal pour les mineurs dès 12 ans et les restrictions susceptibles de s'imposer aux jeunes non-vaccinés. À la clef, des escarmouches entre Olivier Véran et quelques députés de droite comme de gauche, et un tacle appuyé visant Martine Wonner, égérie des covidosceptiques. "J'ai honte pour vous", avait tonné Olivier Véran à l'adresse de la députée non-inscrite après des propos jugés diffamatoires sur les conséquences de la vaccination des enfants.

Face au "raz-de-marée" du variant Omicron du Covid-19, le projet de loi prévoit de transformer le passe sanitaire en passe vaccinal pour accéder aux activités de loisirs, aux restaurants et bars, aux foires ou aux transports publics interrégionaux. Le gouvernement veut encore accentuer la pression sur les près de cinq millions de Français de 12 ans et plus non-vaccinés.

Pour disposer d'un schéma vaccinal complet, il faudra, à partir du 15 février, effectuer sa dose de rappel quatre mois - et non plus jusqu'à sept mois - après sa deuxième dose, sachant qu'une infection équivaut toujours à une injection. Le passe sanitaire ne sera pas nécessaire au travail mais le gouvernement propose de sanctionner d'une amende administrative les entreprises ne jouant pas le jeu du télétravail. Le projet de loi prévoit aussi l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 31 mars à La Réunion et en Martinique. Mais l'entrée en vigueur du passe vaccinal sera reportée en outre-mer où le taux de vaccination est plus faible.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/