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"On leur pique 200.000 balles" : la sénatrice RN Edwige Diaz rattrapée par une séquence qui aurait dû être "coupée au montage"

La présidente du groupe RN au Sénat est visée par de nombreuses critiques après la publication d'une séquence filmée dans laquelle elle lance "on leur pique 200.000 balles" en parlant du financement public des partis.

Edwige Diaz, sénatrice de la Gironde, au Sénat le jour de l'élection du président du Sénat, au palais du Luxembourg à Paris, le 1er octobre 2026.

Crédit : Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Jérémy Descours

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"Il est bon de parler, et meilleur de se taire." Cet adage de Jean de La Fontaine résume assez bien l'embarras d'Edwige Diaz. La nouvelle présidente du groupe RN au Sénat et vice-présidente du Rassemblement national est sous le feu des critiques depuis la publication, ce lundi 2 novembre, d'une vidéo tournée lors d'une réunion publique à Pauillac, en Gironde.

Dans cette courte séquence de quelques secondes, filmée le 30 octobre devant des sympathisants, l'élue se félicite d'abord des nouvelles marges de manœuvre obtenues par son camp au Palais du Luxembourg. "Quand vous êtes 15 au Sénat, cela vous donne droit à une vice-présidence. Le fait que je gagne le siège en Gironde au détriment des écologistes, cela veut dire qu'ils sont obligés de partager la vice-présidence du Sénat avec nous", se réjouit-elle. 

"Il faut couper au montage"

Puis arrive la phrase qui a mis le feu aux poudres. Celle qui aurait dû être "coupée au montage", selon les propres mots de la sénatrice. "Vous savez que les partis politiques sont financés grâce au nombre de voix récoltées au moment des élections législatives, mais aussi au nombre d'adhésions bien sûr, mais encore en fonction du nombre de parlementaires, donc députés et sénateurs qui sont élus. Un parlementaire rapporte à son parti 37.000 euros par an, je suis élue pour six ans, donc on leur pique 200.000 balles. Ça, il faut couper au montage", savoure Edwige Diaz, hilare. 

Depuis la publication de la vidéo, les internautes s'en donnent à cœur joie. Beaucoup font un lien entre cette sortie et la condamnation en appel de Marine Le Pen et du (feu) Front national, dans l'affaire des assistants parlementaires européens. 

À écouter aussi

Pour rappel, la patronne du RN a été condamnée pour détournement de fonds publics européens, en sa qualité d'eurodéputée, ainsi que pour complicité de détournement de fonds publics en tant qu'ancienne présidente du parti. Une décision contre laquelle elle s'est immédiatement pourvue en cassation.

"La petite entreprise de Montretout"

Le personnel politique s'est également emparé de la séquence. À gauche, le député LFI de Seine-et-Marne, Arnaud Saint-Martin, dénonce sur X "une organisation mafieuse et toxique qui prospère sur les deniers publics depuis des décennies". L'eurodéputé socialiste François Kalfon fustige, lui, la "jubilation" de la sénatrice RN et juge la séquence tout simplement "hallucinante". 

À droite, le député LR de l'Aisne Julien Dive raille "la petite entreprise de Montretout" et estime que "les Français passeront bien après". Du côté du gouvernement, la ministre déléguée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, Éléonore Caroit, juge que "le rapport du RN à l'argent public est singulier", opposant "la politique par conviction" à "la politique par intérêt". Sans oublier les sympathisants d'Éric Zemmour qui s'en donnent également à cœur joie. 

Et pour couronner le tout, l'élue d'extrême droite voit aussi la vidéo réapparaître en commentaire sous bon nombre de ses publications sur les réseaux sociaux.

"Prêts à toutes les manœuvres pour tenter de nous discréditer"

Face à la déferlante, Edwige Diaz a tenté de désamorcer la polémique dans un communiqué publié ce mardi 3 novembre sur son site. La sénatrice RN renvoie ses adversaires à "une loi qu'elle a elle-même votée" et accuse "la gauche" de découvrir "avec 38 ans de retard" le financement public des partis. 

Elle rappelle aussi que ces sommes "ne sont ni clandestines ni discrétionnaires, ni versées aux élus", mais relèvent d'"un dispositif légal", "parfaitement retracé" et "rendu public". 

Sans revenir sur le ton de sa séquence, ni sur sa formule des "200.000 balles", la sénatrice préfère dénoncer "la mauvaise foi" et "la haine de [ses] opposants", qu'elle accuse d'être "prêts à toutes les manœuvres pour tenter de nous discréditer, à quelques mois de l’élection présidentielle".

"Faut-il croire que nos opposants ignoraient jusqu’à présent l’existence d’un mécanisme dont leurs propres formations politiques bénéficient depuis des décennies ? Ou qu’ils viennent seulement de découvrir les dispositions d’une législation issue de leurs rangs ?", conclut-elle. 

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