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Un titre pour ne pas rentrer dans le rang, un ticket pour les JO 2028 avant le Mondial… L'équipe de France féminine face à un immense défi en Ligue des nations

L'équipe de France de Laurent Bonadei a hérité d'un groupe corsé pour la Ligue des nations, avec l'Angleterre double championne d'Europe en titre comme épouvantail, alors qu'elle devra terminer à la première place pour se qualifier pour Los Angeles 2028.

Le sélectionneur de l'équipe de France Laurent Bonadei parle avec sa défenseure Maëlle Lakrar face à l'Allemagne en quarts de finale de l'Euro, le 19 juillet 2025 à Bâle.

Crédit : Fabrice COFFRINI / AFP

Gabriel Joly

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Les Bleues sont fixées sur leur sort. Chez les femmes non plus, la Ligue des nations n'est pas la plus prestigieuse des compétitions, mais l'équipe de France ne pourra pas se permettre d'escamoter la prochaine édition, avec une phase de groupes organisée de février à juin 2027, au vu de la composition de sa poule tirée au sort ce mardi 3 novembre au siège de l'UEFA à Nyon. Tête de série, la sélection tricolore a hérité du pire adversaire dans le chapeau 2 - l'Angleterre double championne d'Europe en titre -, puis de l'Autriche et du Portugal.


Cette édition s'annonce décisive à trois égards, alors que l'équipe de France donne la sensation d'être rentrée dans le rang, après avoir brièvement trusté la deuxième place du classement Fifa avant les Jeux olympiques 2024 (6e aujourd'hui). Et ce, alors qu'il n'y avait que deux Bleues classées au Ballon d'or : Selma Bacha (20e) et Melvine Malard (28e), la défenseure de l'OL Lyonnes Wendie Renard (14e) a été écartée du groupe par le sélectionneur Laurent Bonadei, sous contrat jusque l'été prochain, pour intégrer des plus jeunes.

Il y a bien sûr la perspective de rallier le Final Four prévu à l'automne prochain pour tenter de remporter un premier titre officiel en près de 60 ans d'histoire, les Bleues ayant échoué en finale face à la grande Espagne en 2024 (0-2). Mais surtout, ces six rencontres du début d'année prochaine doivent permettre aux coéquipières de Griedge Mbock de monter en puissance, avant le grand objectif de la saison : la Coupe du monde 2027 au Brésil, pour laquelle elles sont déjà qualifiées.

"Je pense qu’il est fondamental pour l’équipe de France de solidifier notre base, de pouvoir s’identifier à un certain nombre de vedettes et de faire comme l’équipe de France masculine. Sans parler de gagner, il faut absolument qu’on arrive dans une finale de grande compétition. Il faut arriver en finale de la Coupe du monde", demandait fin août Jean-Michel Aulas, ex-dirigeant lyonnais désormais numéro 2 de la FFF et président de la Ligue féminine de football professionnel (LFFP).

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Autrement dit, il est attendu que les Françaises signent leur meilleure performance dans le tournoi, dont elles ont atteint au mieux la demi-finale en 2011. Depuis ? Que des quarts de finales au Mondial, ce qui ne dénote pas vraiment des autres compétitions majeures (huit éliminations à ce stade lors des neuf compétitions passées). D'ailleurs, lors de l'Euro 2025 en Suisse, elles avaient réussi à prendre la porte contre l'Allemagne aux tirs au but, malgré plus de 100 minutes en supériorité numérique (1-1, 5-6 t.a.b.).

Un France-Angleterre qui vaut de l'or

Aussi, il convient de se défaire de cette loose, que les matchs amicaux ne parviennent pas à faire oublier : 9-0 contre la modeste Lettonie en septembre, quand le Venezuela et le Maroc sont au programme fin 2026.
Cela passera donc par réussir cette première phase de Ligue des nations pour ne pas débarquer en Amérique du Sud dans un climat de sinistrose, peu propice à la performance. Or, cela serait à coup sûr le cas, si les Bleues ne parviennent pas à terminer première de leur groupe, car c'est la seule manière de se qualifier pour les Jeux olympiques 2028 de Los Angeles, sachant que la France n'a manqué que ceux de Tokyo 2021 depuis 15 ans et que le format olympique avec trois médailles donne des chances supplémentaires de revenir avec quelque chose à célébrer au bout du compte.

Raison pour laquelle les deux affrontements avec l'Angleterre, où évoluent de plus en plus de joueuses tricolores (Grace Geyoro, Delphine Cascarino, Océane Hurtré, Sandy Baltimore, Melvine Malard, Kadidiatou Diani, Constance Picaud-Inconnu etc), promettent déjà des étincelles. Sans résultat face aux Lionesses de Sarina Wiegman, il paraît difficile de prétendre retourner aux Jeux.

Par ailleurs, il ne faudra pas non plus négliger le Portugal de la Barconaise Kika Nazareth, qui avait battu les États-Unis en octobre 2025 et restent sur sept victoires en huit rencontres contre des équipes de seconde zone, et l'Autriche, habituée de la Ligue A de Ligue des nations. Même si la France avait déjà dominé ces deux adversaires à deux reprises, lors de l'édition 2023.

Pour toute ces raisons, la Ligue des nations 2027 sera capitale pour les Bleues, afin de réaffirmer leur statut de nation qui pèse à l'international, avec une génération arrivée à maturité.

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