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Pourquoi le député RN José Beaurain est visé par une enquête pour détournement de fonds publics

Le député de l'Aisne est soupçonné d'avoir mis en place un système de reversements en liquide impliquant ses assistants parlementaires. L'élu conteste fermement l'ensemble des accusations.

Le député José Beaurain

Crédit : ALAIN JOCARD / AFP

Jérémy Descours & AFP

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On a connu des lendemains de congrès plus sereins pour le Rassemblement national. Après un week-end marqué par des tensions et plusieurs incidents à Orléans, le parti voit s'ouvrir un nouveau dossier sensible avec l'enquête préliminaire visant José Beaurain, député de la quatrième circonscription de l'Aisne, pour détournement de fonds publics.  

"Les investigations sont en cours et ont été confiées au groupement de gendarmerie de l'Aisne", a fait savoir l'AFP le procureur de Laon, rappelant que "à ce stade, l'intéressé est présumé innocent".

L'affaire trouve son origine dans des révélations publiées fin août par Le Canard enchaîné. Selon l'hebdomadaire satirique, l'élu aurait mis en place un système lui permettant de récupérer une partie de l'argent destiné à ses collaborateurs parlementaires.

Soupçons de détournement de fonds

Député non-voyant, José Beaurain bénéficie d'une enveloppe mensuelle de 15.000 euros pour rémunérer ses assistants, contre 10.000 euros pour les autres députés.

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D'après Le Canard enchaîné, il aurait utilisé une partie de cette enveloppe pour verser des primes à ses collaborateurs, avant de leur demander d'en restituer la moitié en liquide.

Le journal affirme aussi que le député aurait embauché et payé double un ami à lui afin que celui-ci reverse ensuite une partie de son revenu au frère de l'élu.

Le député dément

José Beaurain conteste fermement ces accusations. Quelques jours après la publication de l'article, en août 2026, il avait indiqué à l'AFP avoir déposé une plainte pour "diffamation, abus de confiance et abus de faiblesse sur personne vulnérable ainsi que pour vol de documents".

"Je réfute l'intégralité des propos tenus à mon encontre dans la presse par trois anciens collaborateurs avec lesquels j'étais en conflit et qui souhaitent me nuire de toutes les manières possibles depuis maintenant deux ans", avait-il alors déclaré.

Un climat tendu

En août, l'entourage de la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, avait également indiqué que le déontologue avait été saisi, sans préciser exactement sur quels faits portait cette saisine.

Dans son article, Le Canard enchaîné évoquait aussi un climat de malaise au sein de l'équipe du député. Une ancienne assistante l'accusait notamment de harcèlement sexuel, tandis que d'autres témoignages font état de tâches sans lien direct avec leurs fonctions parlementaires, comme aller chercher ses enfants à l'école ou rédiger le CV de sa compagne.

On apprenait aussi que le député de l'Aisne - réélu en 2024 - avait recruté 18 assistants parlementaires en quatre ans...  

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