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"Évidemment que ça alimente" : née à Trappes, la chanteuse Shy'm dénonce sur RTL l'influence des discours de Zemmour et du RN après l'attentat raciste

Originaire de Trappes, la chanteuse Shy'm a dénoncé, ce jeudi 29 octobre sur RTL, les discours de plusieurs figures de l'extrême droite après l'attentat raciste qui a frappé sa ville. Elle juge que ces discours contribuent à nourrir "les peurs" et à "brouiller" le regard porté sur les habitants de ces quartiers populaires.

La chanteuse Shy'm à Cannes, en 2018

Crédit : LOIC VENANCE / AFP

Marc-Olivier Fogiel & Jérémy Descours

Cinq jours après l'attentat terroriste raciste de Trappes, qui a fait un mort et cinq blessés, l'émotion reste vive. Invitée de Marc-Olivier Fogiel ce jeudi 29 octobre, la chanteuse Shy'm, née et élevée dans la ville des Yvelines, dit son "écœurement" face à certaines réactions de l'extrême droite avant et après le drame.

Quand elle entend le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, qualifier Trappes de "république islamique en miniature", Marion Maréchal parler d'"émeute ethnique" ou Éric Zemmour évoquer des "hordes de barbares maghrébines et africaines", l'artiste explique ne pas avoir  "d'autres mots" que "l'écœurement." 

"Entendre des gens qui n'ont jamais vécu dans cette ville, dans ces villes, dans ces contextes, dans ces situations... C'est les gens qui ne connaissent pas les cités, les habitants de ces cités aussi", ajoute-t-elle. Shy'm accuse aussi ces discours de "biaiser une information pour stigmatiser, pour créer des peurs, des craintes et je crois au final pour diviser".

"Biaiser une information pour stigmatiser"

Sur le plan judiciaire, le procureur national antiterroriste doit tenir, ce jeudi matin, une conférence de presse sur les suites de l'attaque. La garde à vue du suspect, Kévin T., 39 ans, s'est en effet achevée dans la nuit de mercredi à jeudi. 

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Pour rappel, l'enquête a été ouverte pour "assassinat" et "tentatives d'assassinats", "en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée".

À la question de savoir si les mots prononcés par des personnalités d'extrême droite peuvent contribuer à armer le passage à l'acte, l'interprète de Femme de couleur n'a aucun doute. "Mais évidemment que ça alimente", lâche-t-elle. Et d'ajouter : "Ça fait des années qu'on nous martèle des choses dans la tête de façon insidieuse, consciente ou inconsciente. Et évidemment que ça fait son travail au bout d'un moment."

"C'est trop dur à accepter"

La chanteuse de 40 ans estime que ce climat brouille également le regard porté sur les autres. "On n'arrive plus à dissocier les choses, à voir l'individu, à voir l'humain, à se faire une propre idée aussi", regrette-t-elle. Et de pointer aussi le rôle des réseaux sociaux : "Les informations dont on se nourrit sur les réseaux sociaux, c'est compliqué de pouvoir se faire un avis juste, d'avoir une tête froide aussi et objective."
Questionnée enfin sur son ressenti juste après l'attaque, Shy'm dit avoir d'abord éprouvé de la "tristesse" de voir "la ville dans laquelle on est née, la ville dans laquelle on a grandi" touchée par un tel drame. Elle parle aussi d'"incompréhension" et d'"inquiétude" pour "cette nouvelle génération" et pour ses proches toujours présents sur place et qui "ont peur aujourd'hui". "Ce n'est pas possible d'avoir peur, de sortir, d'être dans la rue, d'être chez soi. Ça nous arrive ici en France, c'est trop dur, c'est trop dur à accepter", ajoute-t-elle. 

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