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La pancarte d'une manifestante lors de la contre-manifestation pendant le congrès du RN à Orléans le 24 octobre 2026.
Crédit : ROMAIN PERROCHEAU / AFP
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Après l'attentat raciste de Trappes, l'extrême droite est sous le feu des critiques. Vendredi 23 octobre, Kevin T., âgé de 39 ans, a tiré en rafales dans la rue depuis sa voiture, tuant Pengo Bossio Wangi, 26 ans, d'origine congolaise, et blessant cinq autres personnes dont une fillette de 12 ans, au cours d'un périple sanglant à Trappes et dans la commune voisine de La Verrière.
Le suspect a dit vouloir venger les commerçants pillés le 17 octobre en s'en prenant aux "Noirs" et aux "Arabes", un exemplaire de Mein Kampf ayant été retrouvé chez lui. Sur place le jour même, le président Macron a parlé d'un "tournant", évoquant "un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu'on leur donne".
La gauche pointe notamment la responsabilité du Rassemblement national dans la diffusion d'un discours de haine. "Quand Bardella et Marine Le Pen disent que Trappes, c'est Kaboul, c'est une république islamiste, eh bien oui, on peut avoir un type à côté de Trappes qui se dit que c'est son rôle de faire la guerre à une République islamiste", a dénoncé le maire Génération.s de Trappes Ali Rabeh samedi 24 octobre depuis une contre-manifestation pour dénoncer le congrès du RN à Orléans.
"Il ne faut pas oublier que le Front national (devenu Rassemblement national, ndlr) a été fondé par des anciens SS. Cette extrême droite n’a pas disparu avec la Résistance et la Libération, et elle est plus vive que jamais. Sauf qu’aujourd’hui elle avance masquée. Elle fait semblant de se débarrasser de ses brebis galeuses, mais, en réalité, c’est le même fond de sauce, avec la même dangerosité", a-t-il martelé dans un entretien au Monde ce lundi.
Invité du Grand Jury RTL-Public Sénat-Ouest France-M6 dimanche 25 octobre, Olivier Faure a assuré que "l'extrême droite porte une lourde responsabilité" dans l'attentat de Trappes. Je ne serais pas aussi idiot que de prétendre aujourd'hui qu'ils ont directement armé le bras de cet homme", a expliqué le premier secrétaire du PS ajoutant : "À force de créer un climat, de laisser penser que nous sommes envahis, qu'il y a une forme de grand remplacement, que Trappes serait une république djihadiste (...) Quand vous avez un esprit faible qui à un moment se croit missionné pour venir rétablir à sa façon une forme d'ordre, il y a là passage à l'acte."
Lundi matin sur RTL, Dominique de Villepin a mis en garde contre une "polarisation" du pays, qu'il impute entre autres au Rassemblement national et pointe du doigt une "mécanique de la haine".
De son côté, le parti de Marine Le Pen se défend. Aussi bien la candidate à la présidentielle que son copilote Jordan Bardella ont dénoncé un acte de "barbarie". Le nouveau chef des députés du Rassemblement national Sébastien Chenu a réfuté quant à lui lundi toute "responsabilité collective" dans l'attaque raciste : "Il n'y a pas de responsabilité collective dans cette attaque. Cette tuerie barbare sur fond de motifs racistes est évidemment ce qu'il y a de plus abject", a-t-il déclaré au micro de France Inter.
Il a dénoncé une "espèce de volonté d'amalgame" de la part de la gauche. "Lors des attentats islamistes (survenus en France, ndlr), la première phrase qui était sortie était 'il ne faut pas d'amalgame' (...) et d'ailleurs c'est normal, les attentats islamistes n'ont rien à voir avec nos compatriotes de confession musulmane", a-t-il argumenté.
Sur franceinfo, Thomas Ménagé, député RN du Loiret, a regretté que "la gauche saute sur un fait aussi abject pour faire de la politique politicienne". "Il y a un problème d'islam radical, d'islamisme dans certains quartiers et notamment à Trappes. Après (...) à aucun moment, des propos n'appellent à la violence".
Une défense qui peine à convaincre leurs opposants. Plusieurs associations et syndicats, dont la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et SOS Racisme, appellent à des rassemblements ce lundi à Paris "et partout en France" en soutien aux victimes de l'attentat raciste de Trappes et pour "dénoncer la banalisation de la haine raciste".
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