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"Nous le disons depuis des années" : Linda Kebbab réagit sur RTL au courrier de Gérald Darmanin et conteste ses chiffres

Suite à la parution du courrier de Gérald Darmanin pointant du doigt les défaillances dans le traitement des affaires de violences sexuelles sur mineurs, Linda Kebbab réplique sur RTL. La secrétaire nationale du syndicat de police UNI1TÉ dénonce un manque d’effectifs, des blocages informatiques et met en cause la fiabilité de certains chiffres.

Linda Kebbab répond à la lettre de Gérald Darmanin au micro de RTL, le 10 août 2026/

Crédit : JOEL SAGET / AFP / SIMON WOHLFAHRT

Antoine Cavaillé-Roux - édité par Athénaïs Cornette de Saint Cyr

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Dans une lettre adressée au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, parue ce week-end dans la presse et consultée par RTL, le garde des Sceaux Gérald Darmanin évoque des défaillances dans le traitement des affaires de violences sexuelles sur mineurs.

Dans ce courrier, daté du 29 juillet, le ministre de la Justice synthétise les rapports qu’il a reçus de 37 parquets généraux et souligne plusieurs dysfonctionnements dans la prise en charge des affaires d’atteintes sexuelles sur mineurs. À peine deux mois après l’affaire Lyhanna, il avait demandé aux procureurs généraux de reprendre "l’intégralité des plaintes touchant les enfants", soit environ 70.000 dossiers, auxquels s’ajoutaient 15.000 nouvelles plaintes.

Manque d’effectifs, priorisation jugée douteuse, dossiers non transmis à la justice, manque d’investissement ou encore de formation : le rapport pointe notamment du doigt les services d’enquête.

Des chiffres remis en question

Sur X, Gérald Darmanin appelle chacun à prendre sa part de responsabilité : "Chacun doit améliorer son process de travail, à la justice comme dans les forces de l’ordre, en regardant la réalité en face."

Au micro de RTL, Linda Kebbab, secrétaire nationale du syndicat de police UNI1TÉ, dénonce pour sa part l'inaction des ministres de l’Intérieur, dont Gérald Darmanin. "Nous le disons depuis des années, nous disons qu'il y a une insuffisance des effectifs, qu'il y a un blocage du logiciel numérique qui ne fonctionne pas", a-t-elle déploré. 

À écouter aussi

Par ailleurs, elle met également en doute la fiabilité de certains chiffres avancés dans le courrier, notamment sur les "dossiers fantômes". "Ce serait 1.200 ou 1.300 dossiers fantômes dans le Gard. A l'instant ou je vous parle, il y a environ au maximum 850 dossiers entre les mains de la police qui concernent des mineurs. (...) A quel moment est-ce qu'on peut avoir des chiffres qui soient aussi peu fiables dans un courrier aussi important ? ", a-t-elle poursuivi. 

Pour la secrétaire nationale d’UNI1TÉ,  la responsabilité ne peut pas être seulement imputée aux services de police et de gendarmerie. "Je pense que chacun doit aussi prendre sa responsabilité. J'ai l'impression quand même que certains parquets ou cours d'appel se sont essuyés les pieds sur les services de police et de gendarmerie, et sur les enquêteurs de manière générale, et que personne ne veut prendre sa responsabilité", affirme-t-elle.

"Une impression de réquisitoire à charge"

De son côté, le Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN), a fait part de sa "consternation" et de sa "colère" suite à la parution de cette lettre. Ils dénoncent "une impression de réquisitoire à charge contre les forces de sécurité intérieure, plus particulièrement la Police nationale".

"Le SCPN n'a cessé d'alerter sur les causes, notamment une procédure pénale devenue un monstre de formalisme au détriment du fond, faisant des policiers non plus des enquêteurs mais des gestionnaires de stocks de dossiers", ont affirmé les policiers. 

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