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Illustration pour un hacker
Crédit : VICTOR de SCHWANBERG / SCIENCE PHO / VSC / Science Photo Library via AFP
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À l'approche des élections municipales, des cadres du Rassemblement national, des Républicains mais aussi de Renaissance et du Parti socialiste se sont réunis dans une annexe du ministère de la Défense, ce mercredi 27 janvier afin de discuter des menaces d’ingérences étrangères à l’approche du scrutin.
Invité de RTL ce mercredi 28 janvier, Thomas Huchon, spécialiste de la lutte contre la désinformation, évoque le risque d'ingérence. "C'est l'idée que des acteurs étrangers vont venir bordéliser la campagne électorale et essayer de faire bouger les lignes de la fabrique de l'opinion avec des messages soit faux, soit vrais mais artificiellement gonflés". "En gros, c'est quand les étrangers essayent de voter à la place des Français", explique-t-il.
Ce risque ne touche pas seulement la France. Il s'agit "d'une réplique à une échelle très locale de ce qui s'est passé dans plusieurs scrutins européens depuis une dizaine d'années", explique-t-il citant le Brexit, les présidentielles de 2017 et 2022 et des élections en Roumanie. "Notre démocratie est attaquée", ajoute-t-il.
Cette ingérence prend corps sur les réseaux sociaux. "Vous avez des bots, des comptes qui seraient soit sous des fausses identités, soit totalement artificiels", explique Thomas Huchon. Ces comptes pratiquent "l'astroturfing". "C'est une technique qui consiste à artificiellement gonfler l'audience d'un message. On arrive à 200, 300, 400 faux comptes et on va rapidement faire un tas de messages sur un sujet en utilisant des hashtags", indique le spécialiste de la lutte contre la désinformation.
La plateforme va détecter cette activité soudaine sur un sujet et le gonfler, le répercuter avec les algorithmes. "D'un sujet qui n'aurait jamais du intéresser personne, on arrive à faire le buzz sur les réseaux et à faire basculer parfois une campagne", constate-t-il.
Ce type d'attaque ne vise pas de candidat spécifique, selon Thomas Huchon. "L'idée n'est pas tant que de s'attaquer à une couleur politique que de gonfler des thématiques", dit-il rappelant l'affaire des punaises de lit quelques mois avant les Jeux olympiques de 2024. "C'était une opération d'astroturfing", qualifie-t-il.
Le spécialiste de la lutte contre la désinformation explique que la Russie "est la plus active dans ces opérations de désinformation". "On sait qu'il y a eu une opération démentelée récemment de plus de 750 faux sites internet qui moquaient et copaient des sites internet traditionnels de façon très grossière mais qui disaient absolument n'importe quoi", cite-t-il.
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