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"Ne sous-estimons pas nos capacités" : Dominique de Villepin appelle sur RTL l'Europe à "montrer à Donald Trump que nous ne transigerons jamais" sur le Groenland

Alors que la Maison Blanche a confirmé ce mercredi 7 janvier que Donald Trump étudiait activement un achat du Groenland, y compris par la force, Dominique de Villepin a appelé l’Europe à défendre sans concession le droit international face à une logique de prédation territoriale.

Dominique de Villepin était l'invité de RTL Soir

Crédit : RTL

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Anne-Sophie Lapix - édité par Yasmine Boutaba

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Invité de RTL Soir, Dominique de Villepin est revenu sur les velléités de Donald Trump concernant le Groenland, territoire autonome du Danemark. Pour l’ancien ministre des Affaires étrangères, cette volonté dépasse largement une simple transaction immobilière entre États. "Il ne faut certainement pas lui vendre" a-t-il affirmé, estimant que les États-Unis bénéficient déjà de nombreux accords, notamment militaires, leur permettant d’y être présents.

Selon lui, l’ancien président américain cherche à aller plus loin en affirmant une puissance territoriale globale. "Les États-Unis, le Canada et le Groenland, c’est plus de 21 millions de kilomètres carrés. Ce que veut Trump, c’est afficher cette force territoriale qui écrase et sidère les autres États" a-t-il analysé, voyant dans cette stratégie un symbole de domination.

"Ne jamais reconnaître la politique du fait accompli"

Face à ces velléités, Dominique de Villepin a appelé l’Europe à une ligne rouge. "Défendre ses principes, cela implique de ne jamais reconnaître la politique du fait accompli. On ne négocie pas sur les principes" a-t-il martelé. Pour l’ancien chef du gouvernement, l’Union européenne dispose de leviers bien plus importants qu’elle ne l’imagine.

Il a insisté sur la nécessité d’augmenter le "prix à payer" politique et diplomatique en cas de violation du droit international. Une stratégie qui vise à dissuader toute action unilatérale en montrant que les conséquences seraient lourdes, y compris pour les États-Unis.

Une situation inédite au sein de l’OTAN

Dominique de Villepin a également souligné le caractère inédit d’une telle situation. "Il n’y a jamais eu dans l’histoire une grande démocratie qui livre la guerre à une autre démocratie" a-t-il rappelé, en évoquant "un choix tragique" pour Donald Trump. Une menace sur le Groenland reviendrait à opposer deux membres de l’OTAN, une hypothèse aux conséquences politiques considérables, selon lui.

Pour lui, ce type de comportement affaiblit l’image des États-Unis. "Ils apparaissent aux yeux de l'Amérique latine et du monde entier comme un pays qui recolonise un continent", a-t-il averti, estimant que Washington était en train de démanteler un soft power construit sur plus d’un siècle.

La prédation conduit à vous placer l'étiquette de pays colonial.

Dominique de Villepin

"Ne sous-estimons pas nos capacités"

Allant plus loin, Dominique de Villepin a estimé que l’Europe devait se préparer à toutes les options, y compris militaires à envoyer au Groenland pour montrer que les Européens ne trembleront pas face à la menace.

Interrogé sur nos moyens matériels pour affronter la puissance américaine, il a répondu "nous avons notre détermination, notre histoire, nos principes". Selon l'élu, refuser toute reconnaissance d’une mainmise américaine sur le Groenland pourrait aller jusqu’à une rupture politique majeure avec Washington, un scénario lourd de conséquences mais nécessaire pour préserver l’ordre international.

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