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Municipales à Rennes : le rock au cœur de la bataille électorale

DÉCRYPTAGE - À Rennes, les acteurs du milieu culturel se plaignent de la politique répressive de la mairie contre la scène rock, très réputée. À l'approche des municipales, la plupart des candidats se sont emparés du sujet.

La mairie de Rennes, en Ille-et-Vilaine (illustration)
La mairie de Rennes, en Ille-et-Vilaine (illustration) Crédit : MIGUEL MEDINA / AFP
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Benoît Collet et AFP

Disparition de cafés-concerts, "gentrification" de l'hyper centre-ville... La menace de voir Rennes, "ville rock" et laboratoire musical depuis 40 ans, devenir une métropole aseptisée pour cadres parisiens s'invite dans le débat des municipales.

Dans une tribune publiée fin décembre sur les réseaux sociaux, 57 associations rennaises dénoncent une attaque contre l'"écosystème musical" de la ville, qui repose en grande partie sur les bars rock du centre-ville, suscitant la réaction des candidats aux municipales, dont Frank Darcel, guitariste du mythique groupe de rock Marquis de Sade et candidat de la liste citoyenne Rennes Bretagne Europe.

Interrogés, tous les candidats assurent vouloir préserver au maximum l'esprit de bouillonnement musical qui a réveillé Rennes dans les années 1970, en prenant par exemple en charge une partie des travaux d'insonorisation. Parmi les propositions, Frank Darcel souhaite voir rouvrir aux concerts l'ex-salle de "la Cité", qui a accueilli les premières Trans Musicales, tandis que les Verts veulent créer une salle de 200 places en régie municipale.

"Aujourd'hui, une douzaine de bars organisent encore des concerts contre une quarantaine dans les années 1990. Depuis cinq ans, des lieux emblématiques de l'identité musicale rennaise ont systématiquement des problèmes avec les autorités", regrette Philippe Le Breton, directeur artistique de Bars en Trans, le "off" du célèbre festival des Trans Musicales.

Régénération des centre-villes et gentrification

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"Pour garder une scène musicale vivante, il faut des arrière-salles de bistrots, et pas seulement des salles de grande ou moyenne capacité", souligne Guillaume Derrien, l'un des auteurs de la tribune, qui dénonce par ailleurs une "politique préfectorale de désescalade de la fête".

Face aux critiques, la maire de Rennes, Nathalie Appéré (PS), oppose une politique "volontariste en matière de logement social, notamment en centre-ville, régulièrement citée en exemple au plan national". L'adjoint à la culture, Benoît Careil, rappelle de son côté qu'avec plus de 1.000 groupes qui se produisent chaque année, Rennes reste "une ville foisonnante pour les musiques actuelles".

"Derrière la régénération des centres-villes, la gentrification tue l'âme des lieux. C'est malheureusement un phénomène international qui concerne aussi des villes très musicales comme Austin, New York ou Paris", reconnaît Jean-Louis Brossard, cofondateur des Trans Musicales, pour qui "il n'y a jamais d'acquis" en matière de défense de la musique "hors du mainstream".

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