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Municipales à Paris : pourquoi une candidature de Villani fait peur au clan Macron

DÉCRYPTAGE - Cédric Villani devrait dévoiler son choix la semaine prochaine de se présenter pour les municipales à Paris ou de soutenir Benjamin Griveaux, candidat LaREM. En attendant, le clan Griveaux se prépare.

Benjamin Griveaux en mars 2019 et Cédric Villani en juillet 2019.
Benjamin Griveaux en mars 2019 et Cédric Villani en juillet 2019. Crédit : Alain Jocard/Ludovic Marin/AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
et AFP

Consulter avant de prendre une décision importante. C'est la stratégie adoptée par Cédric Villani, pour les élections municipales à Paris. Le député La République En Marche s'est donné l'été pour décider s'il apportait son soutien au candidat de son parti, Benjamin Griveaux, ou s'il se lançait dans la bataille des élections municipales à Paris.

La rentrée approche et l'entourage de Cédric Villani explique que le député annoncera sa décision début septembre. En attendant, Benjamin Griveaux craint une candidature dissidente. C'est pourquoi il a proposé, lundi 26 août,à Cédric Villani de "co-piloter" la campagne du parti présidentiel, "à la fois sur le fond et sur l'incarnation".

"Nous avons plus de convergences que de divergences", a indiqué le député de Paris. Afin de jouer la carte de l'apaisement, ce dernier a "adressé une lettre vendredi matin" au mathématicien, dans laquelle il "formule des propositions concrètes pour qu'il soit pleinement présent dans la campagne et dans le collectif". 

Une dynamique autour de sa candidature ?

Le député mathématicien a multiplié les contacts ces dernières semaines, avec les écologistes d'EELV, le MoDem, Les Républicains... "Il sait que sa candidature avait créé une dynamique et les conditions du rassemblement. Ça l'invite naturellement à réfléchir", souligne-t-on dans son entourage.

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Après cette déconvenue, Cédric Villani avait dénoncé "des habitudes d'appareil" et des décisions "suggérées à l'avance". De quoi peser sur le début de campagne dans la capitale, déjà plombé par les déclarations de Benjamin Griveaux, qui, selon Le Point, avait qualifié d'"abrutis" ses rivaux pour l'investiture lors d'une "conversation privée".

Des propos qui "jouent sur le climat politique global", fait-on valoir dans le camp Villani : "Ça crée un climat qui peut inviter à, peut-être, une candidature alternative ou un recours". Les deux rivaux ont tout de même trouvé le temps de se rencontrer autour d'un verre le 22 juillet. Du côté de Benjamin Griveaux, on écarte l'idée d'une telle candidature. "Je n'y crois pas. Villani, il a toute sa place avec nous", a réagi son porte-parole Sylvain Maillard. 

Emmanuel Macron dans l'attente

Face à l'imbroglio qui se prépare, l'exécutif, dans l'expectative, laisse Benjamin Griveaux, jugé arrogant et cassant par ses détracteurs, démontrer qu'il est un bon candidat. Mais Paris sera le grand enjeu des municipales des 15 et 22 mars : la victoire emblématique ou l'échec le plus cuisant au soir du scrutin. Emmanuel Macron observe la situation et pèse les atouts et faiblesses du candidat investi comme de Cédric Villani, en attendant la rentrée.

Électron libre dans la bataille de Paris, Gaspard Gantzer, ex-conseiller en communication de François Hollande, s'est également entretenu avec ce dernier : "Je lui ai dit qu'il n'avait pas intérêt à accepter de s'être fait rouler dans la farine par La République En Marche et qu'avec lui et d'autres j'étais prêt à voir les convergences sur le fond". 

Villani est vraiment mécontent de la façon dont il a été traité

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"Villani est vraiment mécontent de la façon dont il a été traité, il s'est senti manipulé, alors qu'il considère qu'il a vraiment fait campagne", confie un autre candidat à la mairie de Paris. "Ce sera difficile de le débrancher parce qu'il considère que Griveaux est un mauvais candidat". Autre alternative régulièrement évoquée, une éventuelle candidature d'Édouard Philippe à Paris, sorte de "plan B" susceptible d'éviter les divisions au sein de LaREM. Le premier ministre a d'ailleurs reçu séparément Benjamin Griveaux et Cédric Villani fin juillet. 

Mais l'hypothèse est écartée tout aussi sèchement par Sylvain Maillard : "Je crois que le plan B, c'est un fantasme qui a toujours existé partout". "Notre adversaire n'est pas chez nous, il est à la mairie de Paris", soutient le député de Paris, en visant la maire socialiste Anne Hidalgo. 

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