3 min de lecture Gouvernement

Municipales à Paris : Mahjoubi ou Griveaux, le dilemme de Macron

Les deux membres du gouvernement ont affiché leur ambition de briguer la mairie de Paris. Mais le chef de l'État n'a pas encore fait connaître sa préférence.

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Muncipales à Paris : Mounir Mahjoubi ou Benjamin Griveaux, le dilemme d'Emmanuel Macron Crédit Image : AFP / Archives, PATRICK KOVARIK | Crédit Média : RTL | Date :
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Pauline de Saint-Remy
Pauline De Saint-Rémy
édité par Léa Stassinet

Le remaniement se prépare au gouvernement. Mais pour l’heure, un seul départ est gravé dans le marbre : celui de la ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, désormais tête de liste pour les élections européennes. Elle quittera officiellement ses fonctions à l’issue du conseil des ministres ce matin.

Mais deux autres ministres espèrent bien voguer vers d’autres aventures, eux aussi. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, d’un côté, et le secrétaire d’État au numérique, Mounir Majhoubi, de l’autre. Tous deux sont candidats à la candidature pour la mairie de Paris, en 2020, tout comme, notamment, le député de l’Essonne, Cédric Villani, qui fait déjà activement campagne. 
 
Or le chef de l’État Emmanuel Macron n’a pas encore fait connaître sa préférence. Raison pour laquelle, si Benjamin Griveaux est toujours apparu comme le favori, Mounir Majhoubi ne s’avoue pas vaincu. Pour autant, du côté du porte-parole du gouvernement, on tâche, malgré une certaine impatience, de s’afficher serein. 

Une démission en forme de bénédiction ?

Il faut dire que Benjamin Griveaux veut partir avec la bénédiction du chef de l’État. Un proche d’Emmanuel Macron m’a d’ailleurs assuré que cette démission autorisée aurait bien lieu à la fin de la semaine, et qu’elle vaudrait "soutien" du président. Le chef de l’État aurait même fait part en privé de ses intentions à son ministre. "Depuis le début ils échangent l’un et l’autre, ils gardent ça pour eux" confie-t-on aussi d’un air entendu. 
 
Problème, le secrétaire d’État au Numérique réclame une égalité de traitement. C’est "partir tous les deux, ou rester tous les deux", explique crânement son entourage. Mounir Mahjoubi se sait pourtant fragilisé depuis plusieurs mois. Après un premier avertissement, il y a quelques mois, il a récemment de nouveau accumulé les "fautes de pied", pour reprendre le mot d’un de ses collègues. Sa déclaration de candidature, le 6 mars dernier, lui a valu une convocation à Matignon. Plus récemment, il a fait s’étrangler Bruno Le Maire et quelques autres en déclarant dans une interview à La Tribune qu’une taxation du chiffres d’affaires des GAFA était "la pire des solutions".
 
D'où le problème qui se pose pour l’exécutif : faut-il, ou pas, laisser sortir le second en même temps que le premier, au risque de savonner la rampe de lancement de Benjamin Griveaux ? Et si oui, comment ne pas laisser libre cours aux interprétations ? C’est en tout cas avec le conseiller du président, Philippe Grangeon, que Mounir Majhoubi a échangé de son côté, selon mes informations. "Il l’a appelé en mode tu restes si tu ne veux pas de Paris. Sinon tu sors", m’a assuré un conseiller. "Il m’a demandé si j’étais pleinement engagé sur Paris. Il m’a demandé de choisir", a lui-même reconnu plus pudiquement le ministre auprès de son entourage. Selon mes informations, son choix est fait. Ce sera Paris. "Je suis très candidat", assure-t-il en privé.

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Dans l’entourage de Benjamin Griveaux on relativise le score de Cédric Villani dans le dernier sondage de l’Ifop : testé face à Anne Hidalgo, il totalise 20% d’intentions de vote (contre 23 pour Benjamin Griveaux face à la maire sortante) "Il est en campagne depuis 5 mois et il fait 3 points de moins qu’à la dernière vague". À part ça tout se passe très bien entre les candidats LaREM.
 
Certains élus franciliens de la majorité maintiennent que la candidature de Benjamin Griveaux n’a pas convaincu le chef de l’État. Voire, que le sondage de ce weekend l’aurait "douché" et qu’il n’aurait pas encore décidé de le laisser partir. "Est-ce que le président doit s’enfermer dans ce choix-là ?", s’interrogeait l’un d’entre eux. "Si c’est pour le désister quelques semaines plus tard, c’est de la boucherie… et en même temps, aux municipales, si Griveaux fait 19%, c’est dramatique, c’est comme si c’était Macron qui se prenait une taule en direct !".

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