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Mort de Giscard d'Estaing : quel bilan sur le plan économique ?

ÉDITO - Dirigeant libéral, Valéry Giscard d'Estaing a contribué à libéraliser toute la société française.

Valéry Giscard d'Estaing au Parlement européen pour les 10 ans de l'euro, le 13 janvier 2009, à Strasbourg (archives).
Valéry Giscard d'Estaing au Parlement européen pour les 10 ans de l'euro, le 13 janvier 2009, à Strasbourg (archives).
Crédit : PATRICK HERTZOG / AFP
Mort de Giscard d'Estaing : quel bilan sur le plan économique ?
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Mort de Giscard d'Estaing : quel bilan sur le plan économique ?
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François Lenglet - édité par William Vuillez

Valéry Giscard d'Estaing était le premier dirigeant libéral. Il a donc voulu libéraliser l'économie, tout comme il a libéralisé une société. C'est lui aussi qui fait la pédagogie de l'économie moderne, à la télévision, avec des chiffres, des graphiques. C'est lui qui met un économiste à Matignon, en la personne de Raymond Barre, après le fiasco Chirac. Pour Barre et Giscard, la politique économique, c'était d'abord le rétablissement des grands équilibres, ceux de la compétitivité du pays, des finances publiques. 

Il fallait, en un mot, s'adapter à la "contrainte extérieure", c'est-à-dire à l'environnement européen quitte, comme il le disait, à se "serrer la ceinture" avec la politique d'austérité qui a été pratiquée à la fin des années 1979. C'est l'époque où Margaret Thatcher arrive au pouvoir, l'époque où Ronald Reagan est élu, où Deng Xiao Ping ouvre la Chine. C'est le tout début du grand cycle libéral mondial.

C'est juste après le premier choc pétrolier. Giscard achète donc au plus haut, alors que la France sort des trente glorieuses, et il va tâcher de piloter l'atterrissage après ces longues années de croissance de 4 à 5% de l'après-guerre. Le chômage double sous son mandat, passant à près de 5%, mais c'est deux fois moins qu'aujourd'hui. La dépense publique est beaucoup plus faible qu'aujourd'hui, car l'État providence est moins développé. Giscard disait : à partir de 40 % de dépenses publiques dans le PIB, on entre dans le socialisme. On est aujourd'hui à 57%.

Son rôle dans la construction européenne

VGE est, avec le dirigeant allemand Helmut Schmidt, le père de l'euro. Ils ont mis en place, en 1979, le système monétaire européen, le SME, qui était déjà une forme d'union, en liant le cours des devises entre elles avec une marge de fluctuation. C'était un système génial, beaucoup plus souple que l'euro, parce qu'il permettait des dévaluations justement. 

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C'est à son époque encore qu'est créé l'ECU, l'ancêtre de l'euro. Une époque où la France n'a pas encore dégringolé la pente industrielle et où l'Allemagne n'est pas encore ce qu'elle est aujourd'hui. Par delà l'amitié entre les deux dirigeants, les relations entre la France et l'Allemagne sont donc beaucoup plus égalitaires au plan économique. Le mark vaut d'ailleurs à peine plus d'un franc en 1974. Quinze ans plus tard, il vaudra presque trois fois plus.   

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