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Mélenchon, Ruffin, Quatennens... Comment les députés Insoumis se sont-ils fait entendre à l’Assemblée ?

ÉCLAIRAGE - Avec seulement 17 députés, la France Insoumise a parfaitement réussi à faire entendre sa voix dans l'hémicycle. Une stratégie développée grâce à trois leviers principaux.

Jean-Luc Mélenchon et Adrien Quatennens, à l'Assemblée nationale le 13 octobre 2020
Jean-Luc Mélenchon et Adrien Quatennens, à l'Assemblée nationale le 13 octobre 2020
Crédit : Bertrand GUAY / AFP
Lison Bourgeois

Après sa troisième position et ses 22% au premier tour de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a frappé fort. La France insoumise est devenue incontournable à gauche avant les législatives. Elle a obtenu un accord historique avec le Parti Socialiste, Europe Écologie-Les Verts et le Parti communiste.

Les Insoumis n'ont pourtant pas attendu la dernière élection présidentielle pour peser dans les débats. Avec seulement 17 députés sur 577, le groupe LFI a réussi à s'imposer comme une opposition bruyante à l'Assemblée nationale lors du premier quinquennat d'Emmanuel Macron. Un pari mené par le chef de file Jean-Luc Mélenchon

Face au groupe LFI, les revendications des 93 Républicains (LR) et des 53 Démocrates (MoDem et démocrates apparentés) sont restées dans une certaine ombre médiatique. Selon le constitutionnaliste Jean-Philippe Derosier, professeur agrégé de droit public, membre de l’Institut Universitaire de France, "la France Insoumise fait partie des plus petits groupes. Et pourtant, ils arrivent à avoir une place médiatique importante". Un poids activé grâce à trois leviers principaux.

Une stratégie "politico-médiatique"

À l'annonce de la baisse de 5 euros des APL, les députés Insoumis ont organisé un coup médiatique en amenant un sac de pâtes, une boîte de haricots et de la sauce tomate à l'Assemblée nationale. Une petite épicerie soigneusement disposée par Jean-Luc Mélenchon pendant que son collègue Alexis Corbière interpelait le gouvernement. Cette sortie, pour illustrer ce que représentent 5 euros, a été largement diffusée sur les réseaux sociaux. Elle a aussi rappelé le maillot de football que François Ruffin avait enfilé à l'Assemblée nationale pour soutenir une proposition de loi pour taxer les gros transferts.

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Ce lundi 16 mai, le député LFI de la Somme François Ruffin n'a, une fois de plus, pas  mâché ses mots. Au micro de RTL, il a accusé le "loup Macron" de se faire "mouton" le temps des élections législatives, assurant que le président ne fera rien pour le pouvoir d'achat et l'écologie une fois qu'il aura une majorité à l'Assemblée. Une formule forte qui a été reprise pas de nombreux médias. C'est un exemple de la stratégie du groupe LFI. 

Une stratégie "politico-médiatique" pour le spécialiste en communication Philippe Moreau-Chevrolet. Selon lui, cette communication vise à "désacraliser la fonction politique" et à afficher une plus grande "transparence" avec les citoyens. "Cela montre un vrai souci de sincérité et de clarté de la part des députés de la France Insoumise", analyse le professeur à Sciences Po et PDG de MCBG Conseil. 

L'obstruction parlementaire, l'outil favori des Insoumis

19.000 amendements. La reforme des retraites a levé un vent de contestation dans les rangs de la France Insoumise. Si le député (LR) du Val-de-Marne Gilles Carrez voyait dans cet agissement "l’illustration du déclin du travail parlementaire", le travail d'obstruction parlementaire a été assumé par les députés. "Le seul outil qu'il nous reste, c'est l'outil parlementaire, dont nous faisons usage", résume l’eurodéputée La France Insoumise, Manon Aubry au micro de Sud-Radio.

Selon Jean-Philippe Derosier, le groupe La France insoumise occupe une place particulière à l'Assemblée nationale. "Ils se sont surtout manifestés en utilisant l'obstruction parlementaire", assure professeur agrégé de droit public à la rédaction de RTL. "Ça a conduit à une présence politique relayée ensuite dans les médias", analyse le constitutionnaliste. Puis ce dernier glisse : "La culture du clash fait le buzz mais ce n'est pas constructif".

Un parti avec "peu de voix discordantes"

"La France insoumise est, paradoxalement, marquée par une assez nette absence de démocratie interne", analyse Jean-Philippe Derosier. "Il y a une forme d'injonction à ce que tout le monde dise la même chose", assure le constitutionnaliste. "Il y a très peu de voix discordantes au sein de la France Insoumise", continue-t-il. Par exemple, sur la réforme des retraites, plusieurs députés de la France Insoumise ont repris la même formule du "zèle parlementaire". Si on a pu entendre Adrien Quatennens ou Jean-Luc Mélenchon prononcer cette formule, on la retrouve aussi sur le site de La France Insoumise.

Une union qui crée une "clarté" du propos, selon le spécialiste en communication Philippe Moreau-Chevrolet. "Ce sont souvent des positions radicales et qui peuvent être synthétisées rapidement. Elles sont donc facilement relayées grâce à un véritable alignement des députés", explique-t-il.

"Évidemment, quand on parle d'une seule voix, on a plus de poids", assure le professeur agrégé de droit public. "Ça renforce la présence politico-médiatique mais ça ne marche qu'un temps", prévoit-il. Ainsi, selon le constitutionnaliste, la France Insoumise cherche actuellement un successeur à Jean-Luc Mélenchon. Et cette quête ne s'annonce "pas simple", commente le professeur agrégé de droit public.

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