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Loi sur les "séparatismes" : des grandes promesses et des débuts difficiles

ÉDITO - Alors que la charte des principes pour l'islam de France a été signée lundi à l'Élysée, les débats sur les 51 articles du projet de loi contre le séparatisme ont débuté. 300 amendements ont déjà été rejetés.

L'Assemblée nationale (illustration).
L'Assemblée nationale (illustration).
Crédit : Christophe ARCHAMBAULT / AFP
Loi sur les "séparatismes" : des grandes promesses et des débuts difficiles
03:09
Loi sur les "séparatismes" : des grandes promesses et des débuts difficiles
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L'Edito Politique Olivier Bost
Olivier Bost - édité par Florise Vaubien

Dans sa lutte contre l'islamisme radical, il y a de grandes promesses et des débuts difficiles. Le grand espoir, c'est la charte des principes pour l'islam de France. Une charte qui rappelle notamment que la femme est égale à l'homme, que les lois de la République sont au-dessus des préceptes de la religion et que l'islam politique n'a pas sa place. Lundi 18 janvier, au moment de sa signature avec Emmanuel Macron à l'Élysée, toutes les branches du culte musulman n'étaient pas présentes. Trois organisations ne l'ont pas signé : elles ont encore 15 jours pour se décider à le faire. 

Mais cela veut déjà dire que cette charte fonctionne et qu'elle va s'imposer aux imams, ceux qui sont au contact des fidèles. Son but est simple : traquer les ambigus qui ne sont pas au clair avec la République. Ceux qui ne signent pas le document officiel seront sous très haute surveillance, promet un conseiller d'Emmanuel Macron. 

L'organisation de l'islam de France est donc en bonne voie. Pour rappel, le chantier avait été lancé il y a plus de 20 ans par Jean-Pierre Chevènement, puis repris par Nicolas Sarkozy. Entretemps, l'islam politique a pris de la vigueur. L'un des écueils de l'islam de France, ce sont les enjeux de pouvoirs en Algérie, au Maroc et en Turquie pour leurs obédiences. Tenter d'organiser l'islam de France, c'est un peu comme quand nous voulions régler les conflits entre chiites et sunnites au Moyen-Orient. Ça fait longtemps qu'on essaie, et ça fait longtemps qu'on échoue, à chaque fois. 

300 amendements rejetés

Un autre front se hisse contre l'islam politique en ce moment : l'Assemblée nationale. Les débuts de la loi pour les valeurs républicaines sont compliqués. Le gouvernement veut absolument bordurer le débat et ne pas le laisser déraper. C'est à se demander s'il n'a pas peur de sa propre audace. 

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Lundi, en commission spéciale, le premier filtre de la loi, près de 300 amendements, c'est-à-dire des idées de la majorité ou de l'opposition, ont été rejetés. Il est reproché à ces amendements de n'avoir aucun rapport avec la lutte contre les séparatismes. Parmi ces idées rejetées, l'interdiction du voile pour les fillettes, l'un des signaux très clairs de séparatisme religieux.

Le débat n'aura pas lieu dans l'hémicycle, mais son rejet par le gouvernement jette le trouble sur sa volonté de vraiment s’attaquer au problème. Ce premier jour à l'Assemblée nationale résume à lui tout seul la situation. Le gouvernement navigue entre la volonté de contrer l'islam politique et toutes ses conséquences et celle de ne pas stigmatiser toute une religion. La volonté est louable, mais l'équilibre est sacrément difficile à trouver. 

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