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Législatives 2022 : quelles sont les options qui s'offrent à Eric Zemmour et à Reconquête ?

DÉCRYPTAGE - Eric Zemmour entretient le suspens quant à son éventuellement candidature aux législatives. Peut-il être élu député ? Le parti Reconquête pourra-t-il encore exister sans député à l'Assemblée ?

Eric Zemmour, le 24 avril 2022
Eric Zemmour, le 24 avril 2022
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
France 2022 du 03 mai 2022
00:08:46
France 2022 du 03 mai 2022
00:08:46
Marie-Pierre Haddad

Après l'entretien d'Eric Zemmour sur BFM TV lundi 2 mai, peut-on parler de lendemains qui déchantent ? L'ancien candidat à l'élection présidentielle sera-t-il candidat aux élections législatives ? "Il entretient le suspense. Il sait faire. Il avait poussé très loin l'art de la fausse hésitation au moment de sa candidature à la présidentielle. Il recommence. On devrait être fixé cette semaine", analyse Marie Moley, journaliste au service politique de RTL. 

Et d'ajouter : "Ce qui est plus intéressant, c'est qu'il a évoqué les circonscriptions qu'il pourrait briguer et notamment la quatrième circonscription de Paris. C'est une circonscription traditionnellement à droite. C'est simple, c'est la meilleure circonscription de France pour Reconquête. Il se réserve éventuellement la part du lion". Sans pour autant oublier le fait qu'Emmanuel Macron a fait 45% au premier tour de la présidentielle. 

"Les chances de victoire, même pour Eric Zemmour en personne, sont extrêmement minces. Et ça illustre en fait toute la problématique de reconquête dans ces élections législatives. C'est qu'on a du mal à voir si la formation politique va réussir à décrocher ne serait-ce qu'un député", explique Marie Moley. 

Quel avenir pour Reconquête ?

Éric Zemmour n'a pas d'autre choix que de se lancer dans ces législatives ? Selon Aurélie Herbemont, journaliste politique à RTL, "on n'est jamais obligé de rien". "Mais c'est vrai que si vous ne vous présentez pas, ça ne fait pas chef de guerre. On va au combat quand on est leader d'un parti politique". 

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Est-ce possible de l'emporter pour Reconquête sans alliance ? "Un dirigeant LR avec qui il a échangé il y a quelques jours lui a dit : 'Si t'as pas de députés, c'est fini'. Eric Zemmour dit qu'un parti peut très bien survivre sans député en prenant l'exemple - c'est paradoxal - du Rassemblement national, explique Aurélie Herbemont. Sauf que le RN avait quand même des conseillers municipaux, des conseillers régionaux et des députés au Parlement européen". Après sa défaite sévère à la présidentielle, est-ce que c'est la fin de son aventure et de celle de Reconquête ? "Rien n'est jamais définitif, mais c'est vrai que ça marquera un faux départ pour l'implantation de Reconquête dans le paysage politique", reconnaît Aurélie Herbemont. 

Peut-il entretenir la flamme auprès des militants, en sachant que le prochain rendez-vous électoral après les législatives, ce sont les européennes dans deux ans ? "C'est difficile de maintenir la flamme quand il n'y a pas des scrutins et de campagne. Chez Reconquête, on se console en disant que ce n'est pas grave, qu'on a des militants, qu'on a des forces vives, qu'on a de l'argent et qu'on a des idées. Et qu'avec cela, on fait de la politique", note Marie Moley.

Autre point non-négligeable souligné par Aurélie Herbemont : "L'avantage des européennes, c'est que c'est un scrutin à la proportionnelle. Si vous arrivez au-dessus de 5%, vous avez des élus. C'est une élection bien plus confortable pour les partis qui sont installés".

Le destin de Zemmour lié à celui de Le Pen

Eric Zemmour est-il capable d'analyser son échec à la présidentielle ? "Ce qui était très frappant dans son interview sur BFMTV, c'est que pour lui, le seul responsable quasiment est Vladimir Poutine, indique Marie Moley. Sans la guerre en Ukraine, Zemmour est convaincu qu'il aurait été au second tour. Il est un peu dans une réalité alternative, celle des sondages", estime Aurélie Herbemont. 

Pourquoi Marine Le Pen a-t-elle toujours refusé un accord avec lui ? Elle en fait une question personnelle ? "Il y a une détestation personnelle entre les deux candidats et entre les deux camps. En réalité, après huit mois de campagne, il fallait voir le soir du premier tour au QG de Marine Le Pen, les militants, les cadres se presser devant les écrans pour voir de leurs yeux le discours de défaite d'Eric Zemmour et le regarder avec gourmandise, avec délectation", raconte Marie Moley. 

La revanche laisse aussi place à une raison plus politique : la succession. "Quelle sera la force centrifuge à l'extrême droite ? Surtout si Marine Le Pen ne rempile pas pour une quatrième présidentielle. Le RN ne veut pas laisser un millimètre de terrain à Reconquête et c'est aussi pour ça qu'il est hors de question de la moindre alliance", analyse la journaliste politique. 

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