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Le Pen prête à cohabiter, Valls sauve les meubles... Le bilan de la rentrée politique

DÉCRYPTAGE - Marine Le Pen appelle à une dissolution de l'Assemblée et se voit diriger un gouvernement de cohabitation. L'UMP effectue, elle, une rentrée en ordre dispersé pendant que la majorité se cherche un second souffle.

Marine Le Pen
Marine Le Pen Crédit : FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
Romain Renner
Romain Renner
Journaliste RTL

Il en va de la rentrée comme de la nouvelle année. Déterminés et convaincus, les politiques ont donc fait ces derniers jours l'inventaire de leurs bonnes résolutions et leurs projets pour les mois à venir. Ainsi la semaine écoulée a-t-elle vu Marine Le Pen se présenter en éventuelle première ministre de François Hollande.

Marine Le Pen, chef de gouvernement ?

"Si nous obtenons une majorité, nous assumerons les responsabilités que nous aurons confiées les Français"affirme-t-elle au Figaro dans la foulée de son discours de rentrée à Brachay (Haute-Marne). La présidente du Front national croit dur comme fer en cette possibilité, évoquant "la crise politique extrêmement lourde que nous vivons et qui ne peut qu'entraîner un retour aux urnes".

Une option également évoquée par Nicolas Dupont-Aignan, selon qui "la cohabitation est naturelle dès lors que les Français donnent un mandat". Actif durant la période estivale, le président de Debout la République affirme préparer un projet "révolutionnaire et tranquille" - au risque de rappeler la "rupture tranquille" de Nicolas Sarkozy en 2007 - qui commence par la nécessité "d'étaler la dette pour relancer l'économie (...) et la création de richesses". 

La révolution devrait toutefois démarrer en douceur, Debout la République étant prêt à changer de nom pour devenir "Debout la France".

L'UMP se prépare aux batailles

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Du côté de l'UMP, le mois d'août n'aura été qu'une succession de rentrées politiques. Sans attendre la fin des vacances, Alain Juppé s'est déclaré candidat à la primaire en vue de la prochaine présidentielle. Une semaine plus tard, François Fillon, lui aussi prétendant à l'investiture, répliquait, affirmant être le candidat "éthique" de la droite.

Plus collectif car (pour le moment) dénué de toute ambition personnelle, Luc Chatel a profité du grand rassemblement au Touquet des 30 et 31 août pour s'en prendre au gouvernement, suivant l'adage selon lequel on est plus uni lorsque l'on se trouve un adversaire commun. Selon lui, "chaque Français est désormais en passe de devenir un frondeur".

Ce "campus du renouveau" a permis à Bruno Le Maire et Hervé Mariton de poursuivre leur campagne en vue de l'élection du président de l'UMP. Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy continue de faire la une sans se montrer ni parler, donnant l'impression d'avoir déjà effectué sa rentrée... et de n'être jamais réellement parti.

Manuel Valls, pompier de la majorité

Mais c'est finalement à gauche que la rentrée aura été la plus animée, pour ne pas dire brutale. Le gouvernement a bouclé ce mois d'août par la formation d'une nouvelle équipe, épurée de ses ministres trop enclins à critiquer sa politique. L'exécutif peine toutefois à convaincre et les frondeurs n'ont pas manqué de le faire savoir au cours de l'université d'été du Parti socialiste.

À Manuel Valls de tenter d'éteindre l'incendie. Quelques jours après avoir été applaudi par le Medef - un comble -, le Premier ministre a réussi à rééditer la performance face aux militants, non sans essuyer quelques sifflets au début de son intervention. "Qu'il y ait des interrogations, c'est utile, c'est normal, c'est sain mais faisons attentions à nos choix de mots, à nos attitudes, à nos comportements", a-t-il demandé.

Christiane Taubira chez les frondeurs

Et c'est bien d'attitude qu'il aura été question lorsque Christiane Taubira s'est rendue au rassemblement des frondeurs. "Nous devons refaire place à la politique et je veux y prendre ma part. J'y ai pris ma part ce matin et j'en assume les conséquences", s'est-elle justifiée, défiant au passage l'autorité du couple exécutif.

"Elle a le droit, et nous l'avons tous, de discuter avec tout le monde. Il ne doit pas y avoir de séparation", estime Jean-Marie Le Guen au micro de RTL. Mais quelques jours après l'éviction du turbulent Arnaud Montebourg et des contestataires Benoît Hamon et Aurélie Filippetti, l'affaire fait tâche. Au même titre que les attaques formulées par Cécile Duflot dans son livre, De l'intérieur, principale attraction de la rentrée des Verts.

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