3 min de lecture Renseignement

La DGSI lance une campagne inédite de recrutement publique

La DGSI a décidé d'ouvrir 1.200 postes au public sur les cinq prochaines années. Du jamais vu pour le Renseignement français qui fonctionne d'ordinaire avec des appels à candidature en interne.

Le siège de la DGSI, à Levallois-Perret
Le siège de la DGSI, à Levallois-Perret Crédit : CHAMUSSY/SIPA
Maeliss
Maeliss Innocenti et AFP

Historique : la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a choisi de rendre publique sa nouvelle campagne de recrutement, qui vise à embaucher jusqu'à 1.200 personnes dans les cinq prochaines années. Cette initiative est totalement inédite pour la Sécurité intérieure, d'ordinaire discrète sur toutes ses activités. 

Compte LinkedIn, vidéo de promotion, brochure de présentation, partenariat avec des pôles universitaires ou des écoles supérieures et même "job dating" pour futures assistantes de direction : rien que du très classique pour un employeur qui cherche à étoffer son vivier de recrutement. C'est toutefois moins fréquent lorsque c'est un service de renseignement qui prend de telles initiatives, à rebours de la traditionnelle culture du secret.

Emboîtant le pas à sa cousine de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), la DGSI a pourtant décidé de faire connaître au grand public ses besoins en recrutement au moment où elle prévoit d'accroître ses effectifs de 1.200 personnes d'ici 2022-2024.

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Connaissez-vous les missions de la Direction générale de la sécurité intérieure ?

Comme d'autres services de renseignement, la DGSI connaît, depuis le début de la vague d'attentats qui a frappé la France en 2015, une hausse importante de ses effectifs, alimentée par des plans de recrutements décidés par les gouvernements successifs.

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Au moment de sa création en 2014, l'héritière de la Direction de la surveillance du territoire (DST) et des Renseignements généraux (RG) comptait 3.200 personnes. Elle en dénombre aujourd'hui 4.300 et ses effectifs doivent grimper à 5.500 d'ici à cinq ans. A noter que pour répondre tant aux créations de postes qu'aux flux naturels des départs, notamment en retraite, la DGSI doit recruter 500 à 600 personnes par an.

Des métiers méconnus et mal-perçus

"Nous n'avons pas de difficultés à attirer les candidats. Le constat que nous faisons est qu'un certain nombre de nos métiers, de nos attentes sont aujourd'hui mal perçus par les candidats potentiels", explique le patron de la Sécurité intérieure, Nicolas Lerner.

"La DGSI est un service actif de police nationale et a vocation à le rester. Une part significative des recrutements supplémentaires a vocation à concerner des policiers de tout corps et de tout grade", relève-t-il.

Néanmoins l'évolution des menaces -terrorisme, cyber-attaque, contre-espionnage, protection des intérêts économiques de la France- "justifie que nous diversifiions totalement les profils que nous recrutons", précise encore Nicolas Lerner.

De la concurrence aussi pour la DGSI

Les profils recherchés sont variés : analystes susceptibles d'interpréter les renseignements, ingénieurs et techniciens en informatique de tout niveau, spécialistes de la cryptologie, du big data, linguistes, spécialistes des relations internationales mais aussi juristes et spécialistes des RH.

Comme dans tous les secteurs, la DGSI fait face à la concurrence, notamment celle des entreprises privées. "Il est légitime que les services de l'État utilise les mêmes armes, les mêmes outils que l'ensemble du secteur économique français", fait observer le patron de la Sécurité intérieure. Y compris en terme de rémunérations. En interne, on assure pouvoir rivaliser dans ce domaine pour attirer et fidéliser certains profils recherchés.

Recruter, oui, mais avec prudence

Autre défi: la sécurité. La tuerie de la Préfecture de police perpétrée début octobre par un agent de son service de renseignement a eu l'effet d'un douloureux rappel. Les services courent en outre le risque d'être infiltrés par des agents de puissances étrangères. "On ne peut pas recruter sans renforcer aussi nos capacités de contrôle de nos agents", prévient Nicolas Lerner. "On ne lâchera rien sur les standards. C'est une ligne rouge. On préférera ne pas recruter."

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