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"La dernière carte à retourner dans cette partie de poker": pourquoi Emmanuel Macron privilégie l’ordonnance budgétaire au 49.3

Des proches et témoins aux premières loges des tractations en cours confient que l'ordonnance est la piste privilégiée par Emmanuel Macron pour faire adopter le budget 2026 à défaut de majorité à l'Assemblée.

Emmanuel Macron

Crédit : AFP

Marie-Pierre Haddad

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Longtemps reléguée au bas de la liste des hypothèses pour doter la France d'un budget, la solution de l’ordonnance refait surface, avec celle du recours à l'article 49-3 de la Constitution. Notamment au sein du palais présidentielle. Depuis fin décembre, Emmanuel Macron a fait part de son impatience et de sa volonté de mettre fin "au plus vite en janvier" au feuilleton budgétaire.

Quinze jours plus tard, les discussions patinent toujours à l'Assemblée nationale et le budget de l'année 2026 n'a toujours pas été adopté. 

Quant à l'état d'esprit d'Emmanuel Macron, le président s'impatiente de plus en plus et le fait savoir. "Il n'a pas d'état d'âme, il veut qu'on y aille rapidement, dès la fin de la semaine", assurait un proche à RTL. Quitte à recourir au 49-3 ou à une ordonnance ? 

Le PS promet de censurer le gouvernement en cas d'ordonnance

Plusieurs proches et témoins aux premières loges des tractations budgétaires en cours confient que cette dernière option est celle privilégiée par Emmanuel Macron. Cette solution a l'avantage de ne pas nécessiter de vote des députés. Si le gouvernement tombe, il y aura quand même un budget, avec l’ordonnance. Le Parlement ne pourrait pas la retoquer une fois prise. 

En 2024, le Secrétariat général du gouvernement jugeait cette option comme "la plus sécurisante" juridiquement, comme le rapportait le site d'information Contexte. "C'est peut-être un paradoxe, mais le 49.3 est plus respectueux des parlementaires", soulignait une ministre. 

À noter que l'ordonnance n'épargnerait pas le gouvernement Lecornu d'une motion de censure. Le Parti socialiste a déjà mis en garde l'exécutif. "Tout ce qui donne à l'extrême droite, qui est aux portes du pouvoir, un mode d'emploi pour contourner le Parlement est hasardeux", a prévenu le chef des députés socialistes Boris Vallaud en réunion de groupe. "Dans ce cas-là, il y aura une motion de censure à laquelle nous pourrions nous joindre", a-t-il affirmé. 

L'Assemblée pourrait en voter une spontanément : le gouvernement tomberait, mais pas l'ordonnance budgétaire.

"On va être enkysté dans les discussions sur le budget"

À l'Assemblée nationale, le choix de l’ordonnance n'emballe pas les macronistes. "Ca n'a jamais été fait pour un budget", met en garde un député Ensemble pour la République auprès de RTL.fr. "Cela va créer un précédent" qui ne résoudra la question budgétaire que sur le court terme. "On va être enkyster dans les discussions sur le budget, ce sera sans fin", met-il en garde. 

Un non sujet pour un proche d'Emmanuel Macron qui plaide pour "la formule ordonnance". "Les discussions piétinent, à l'Assemblée, il n'y a plus que 30 personnes en séance...", dénonce-t-il à RTL.fr. "Avec l’ordonnance, la France aura un budget ", insiste-t-il en assurant qu'il s'agit là de "la dernière carte à retourner dans cette partie de poker".

Qu'il s'agisse du 49-3 ou des ordonnances, Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu se préparent. Selon les informations de RTL, le président de la République et le Premier ministre ont demandé aux ministres d’être en mesure de se rendre disponibles, en cas de Conseil des ministres extraordinaire vendredi 16 ou samedi 17 janvier. Un conseil des ministres est indispensable pour entériner l'une de ces deux options.

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