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Jean-Michel Blanquer, un ministre inclassable

PORTRAIT - À une semaine de la rentrée, le ministre de l'Éducation nationale est en opération séduction. Mais qui se cache derrière ce visage que les Français découvrent peu à peu ?

Jean-Michel Blanquer, au ministère de l'Éducation nationale le 24 juillet 2017
Jean-Michel Blanquer, au ministère de l'Éducation nationale le 24 juillet 2017
Crédit : JOEL SAGET / AFP
L'Homme du jour du 30 août 2017
02:16
Isabelle Choquet

"J'ai toujours été un en-même-temps-tiste". Voilà comment Jean-Michel Blanquer se définissait cet été dans le JDD. Une certitude donc : c'est bien un macroniste dans l'âme. Mais à part ça, difficile de ranger le ministre de l'Éducation nationale dans un tiroir.

À propos, justement, de ses tiroirs. Dans son bureau rue de Grenelle à Paris (XVe arrondissement), aucune touche personnelle si ce n'est un bazar impressionnant... et de la poésie plein les tiroirs. Jean-Michel Blanquer aime la poésie. Il aime en lire et il en écrit. Il aime les arbres, aussi, avec une affection particulière pour le platane deux fois centenaire du ministère. Il va le toucher très souvent. "Et quand je ne le touche pas, je le regarde", assure-t-il.

Jean-Michel Blanquer, 52 ans, est un technocrate qui cultive l'irrationnel. Fils d'une Anglaise et d'un Parisien passionné par l'Amérique latine, c'est un adepte des neurosciences sensibles aux bonnes ondes, aux énergies. Diplômé en philosophie et en droit, c'est aussi un intellectuel qui aime l'action. "Un homme politique, ce devrait être ça", dit-il.

Le cœur à droite

Mais politique, il ne l'est pas. En tout cas, il refuse d'être classé à droite ou à gauche. Il faudrait plutôt le considérer comme un pragmatique qui a le cœur à droite. Tout ceci n'est d'abord qu'une histoire d'amitié : il s'est lié dès le collège avec François Baroin. Aujourd'hui encore, il sont comme des frères. Il faisait aussi partie du cabinet de Gilles de Robien. Puis il a été directeur général de l'enseignement scolaire sous Nicolas Sarkozy. Mais lorsqu'on lui demande ses modèles, il cite Jules Ferry et Jean-Pierre Chevènement. Et il consulte aussi bien François Bayrou et Luc Ferry que Jack Lang.

Jean-Michel Blanquer, à Saint-Denis de la Réunion le 18 août 2017
Jean-Michel Blanquer, à Saint-Denis de la Réunion le 18 août 2017
Crédit : Richard Bouhet / AFP

"Contrôle Z"

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Dans les faits, le nouveau ministre est bien en train de détricoter toutes les réformes socialistes, ce qui lui vaut le surnom de "Contrôle Z", cette fameuse combinaison de touches informatiques qui permettent d'effacer ce qui vient d'être fait.

Mais pour quoi faire, à la place ? Du traditionnel et du novateur, en même temps. Jean-Michel Blanquer, c'est le ministre qui revient au b-a-ba, au latin et à la Marseillaise. C'est aussi l'hyper-recteur de l'académie de Créteil, celui qui a créé le cartable numérique, la cagnotte pour les élèves décrocheurs et les internats d'excellence qu'ils avaient baptisés "utopie éducative concrète". Utopique mais concret. En même temps.

Pour lui, l'Éducation nationale n'est pas un mammouth irréformable. Plutôt un diplodocus, gros corps et petite tête. Ou encore un "arbre de vie avec de profondes racines et qui peut donner de beaux fruits". Allez savoir, c'est peut-être un platane.

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