4 min de lecture Élections européennes

Jean-Luc Mélenchon propose une alliance à gauche, qui lui a répondu ?

DÉCRYPTAGE - Jean-Luc Mélenchon a appelé la gauche à s'unir et à former une "fédération populaire", en vue des élections européennes du 26 mai. Voici ce que lui ont répondu Benoît Hamon, Raphaël Glucksmann, Yannick Jadot et Olivier Faure.

Olivier Faure, Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann et Benoît Hamon
Olivier Faure, Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann et Benoît Hamon Crédit : AFP
Marie-Pierre Haddad
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

D'une campagne en solitaire à un appel général. Jean-Luc Mélenchon a revu sa stratégie pour les élections européennes du 26 mai prochain. Lors de la présidentielle de 2017, le long psychodrame sur une éventuelle alliance avec Benoît Hamon avait débouché sur une note négative.

Deux ans plus tard, la donne semble avoir changé. Dans un entretien à Libération le 23 avril, Jean-Luc Mélenchon veut "assumer sa responsabilité" et propose d'unir la gauche via une "fédération populaire". Elle doit réunir "les classes populaires et les classes moyennes plus favorisées qui n'appartiennent pas à l'oligarchie". Mais le député prévient : elle ne doit pas être une "guirlande des sigles de partis". 

Au-delà de cet appel, le leader de la France insoumise va plus loin en proposant la mise en place d'un "programme concret de partage et de planification écologique". Neuf jours, après avoir tendu la main à la gauche, qu'en est-il de cette union ?

Benoît Hamon, le "bienveillant"

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Le 25 avril, Benoît Hamon, tête de liste Générations pour les européennes, s'est dit "favorable à ce que des discussions s'ouvrent" entre "toute la gauche et les écologistes" après la proposition de Jean-Luc Mélenchon de créer une "fédération populaire" après le scrutin.

Invité sur BFMTV, l'ancien candidat à l'élection présidentielle a déclaré : "Il faudra demander (à Jean-Luc Mélenchon ndlr) ce qu'est la fédération populaire mais en tout cas il s'adresse au reste de la gauche, il fait un geste, et j'ai plutôt tendance à être bienveillant face à ce genre d'attitude". 

Benoît Hamon est donc "favorable à ce que des discussions s'ouvrent, et puisqu'il y a des points d'accord, regardons autour de quoi nous pouvons nous entendre, sur la transition écologique, la transformation de la Ve République, la question sociale. Qu'est-ce qui nous réunit. Et puis ensuite quelle est la stratégie qu'on met en oeuvre d'ici (la présidentielle de) 2022". 

Raphaël Glucksmann dans l'attente

Raphaël Glucksmann, tête de liste PS-Place publique pour le scrutin européen, a estimé qu'il fallait "assumer" les divergences au sein de la gauche sur l'Europe. "Je pense qu'effectivement la gauche, elle ne pourra être une offre crédible que si elle se réunit, mais d'abord il y a des discussions à avoir sur le fond", a déclaré le candidat sur Franceinfo.

S'il existe des convergences sur la "nécessité de redistribuer" et l'écologie, la question européenne structure les scissions politiques. "Ils sont restés dans une logique beaucoup plus souverainiste que nous", a-t-il déclaré, à la fois à propos de la France insoumise et du Parti communiste. Raphaël Glusckmann maintient ses propos sur Jean-Luc Mélenchon, qu'il qualifiait de "Thatcher de gauche" dans les colonnes du Parisien, mettant en garde contre la "logique nationaliste (qui) pénètre tout un panel de discours qui ne sont pas réservés à l'extrême droite".

"Sur la vision de l'Europe, nous sommes dans deux offres politiques radicalement différentes, a-t-il soutenu. Quand on va parler des élections municipales, il peut y avoir des projets locaux qui réunissent", a-t-il ajouté, expliquant qu'avec Benoît Hamon, "les divergences de fond sont beaucoup moins grandes".

Olivier Faure, une alliance sous condition

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a posé deux conditions, mardi 30 avril à Jean-Luc Mélenchon. "Très bien Jean-Luc, si tu veux que nous nous retrouvions, il y a deux conditions : l'Europe et l'abandon du populisme", a répondu le député de Seine-et-Marne sur Cnews.

"C'est une nouvelle que j'ai accueillie avec plutôt bienveillance, c'est la première fois que Jean-Luc Mélenchon considère qu'il n'est pas celui qui va remplacer l'ensemble des forces progressistes et forces de gauche dans ce pays, donc c'est une évolution positive, s'est réjoui Olivier Faure.

"La question, c'est : est-ce qu'on a besoin aujourd'hui dans notre pays d'une grande force à gauche qui permette de rééquilibrer ce que sont les nationalistes, à l'extrême droite, et ce que sont les libéraux avec Emmanuel Macron ? Je le crois, de toutes mes forces, parce que si ce débat se polarise uniquement sur ce débat entre nationalistes et libéraux, ça se finira très mal", a conclu le patron des socialistes. 

Yannick Jadot, un "non" catégorique

L'union fait-elle la force ? "L'union, pas au détriment de la cohérence", estime Yannick Jadot. Invité à l'antenne de RTL, ce jeudi 2 mai, la tête de liste EELV a tour à tour repoussé les demandes d'alliance avec Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. 

Le député européen estime faire "l'union de tous les écologistes qui vont siéger au groupe Verts européen (...) On me propose une union avec des gens qui vont siéger au groupe socialiste (...) Ce n'est pas le projet que je veux. Je veux pouvoir regarder mes électrices et mes électeurs dans les yeux en leur disant : "Ce que je vous promets ici, je le ferais à Strasbourg et à Bruxelles".

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2019-05-02 06:32:00
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