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Jean-Luc Mélenchon : comment l'affaire Adrien Quatennens éclabousse le chef de LFI

DÉCRYPTAGE - En interne, le soutien de Jean-Luc Mélenchon à Adrien Quatennens a déclenché la colère de certaines députées du mouvement. Accusé de "minimiser les faits", le leader LFI se retrouve au cœur de la polémique.

Jean-Luc Mélenchon, le 18 juillet 2022
Jean-Luc Mélenchon, le 18 juillet 2022
Crédit : CASA PRESIDENCIAL DE HONDURAS / AFP
Jean-Luc Mélenchon : comment l'affaire Adrien Quatennens éclabousse le chef de LFI
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Marie-Pierre Haddad

Des conséquences judiciaires et politiques. Deux jours après le retrait d'Adrien Quatennens de son poste de numéro 2 de la France insoumise, l'onde de choc continue de se propager au sein du mouvement. Elle est même arrivée jusqu'à Jean-Luc Mélenchon

L'ancien candidat à l'élection présidentielle a déclenché la polémique en apportant sa "confiance" et son "affection" à Adrien Quatennens, sans jamais évoquer soutenir sa femme, Céline, qui a déposé une main courante contre l'ex-coordinateur de la France insoumise

Sur Twitter, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé "la malveillance policière, le voyeurisme médiatique, les réseaux sociaux" qui "se sont invités dans le divorce conflictuel d'Adrien et Céline Quatennens". Face au tollé déclenché, le leader du mouvement a publié un deuxième message. "Céline et Adrien sont tous deux mes amis, écrit-il. Mon affection pour lui ne veut pas dire que je suis indifférent à Céline. Elle ne souhaitait pas être citée. Mais je le dis : une gifle est inacceptable dans tous les cas. Adrien l'assume. C'est bien".

Une "minimisation des faits"

Mais la colère n'est pas seulement cantonnée aux réseaux sociaux. En interne, les mots de Jean-Luc Mélenchon ont provoqué l'ire des députées. L'élue LFI de Dordogne Pascale Martin a publié un communiqué sur Twitter : "En tant que députée élue pour défendre le programme et les valeurs de la France insoumise et de la Nupes, mais aussi en tant que militante féministe, qui ai accompagné pendant des années des femmes victimes de violences conjugales, je ne peux pas rester silencieuse devant ces réactions. Elles sont insuffisantes et inacceptables à plus d'un titre". 

Sans nommer Jean-Luc Mélenchon, elle le vise pourtant. "Certains de ces tweets relèvent aussi une minimisation des faits qui ont été commis, et une méconnaissance de la réalité des violences conjugales. Non, il ne s'agit pas d'un simple 'divorce de camarades'", a-t-elle écrit.

Dans les colonnes du Parisien, la députée LFI de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain se désolidarise aussi de Jean-Luc Mélenchon. "Ce sont ses mots, pas les miens", déclare-t-elle. "Notre responsabilité politique, au regard de nos engagements féministes, nous invitait à dédier avant tout nos pensées à Céline Quatennens et à toutes les femmes qui subissent des violences. Et c’est d’ailleurs le sens du communiqué qui a été rédigé par LFI", a-t-elle ajouté avant de préciser : "Je sais combien cet évènement est douloureux à gérer pour nous parce qu’il concerne un camarade, l’un de nos plus brillants dirigeants. Il n’est pas toujours évident de trouver les mots, mais il me semble indispensable de ne pas perdre le fil de nos engagements fondamentaux".

"Déception", "colère"

Sur le communiqué de Pascale Martin, Clémentine Autain assure que sa réaction à l'égard du chef de la France insoumise n'est pas isolée. "Je pense qu’elle n’est pas la seule à avoir ressenti une forme de déception, voire de colère. Je crois sincèrement que nous aurions dû avoir davantage de discussions collectives internes pour aboutir à une communication mieux maîtrisée et plus juste au regard des principes qui sont les nôtres", explique-t-elle.

C’est une faute disqualifiable

Une élue LFI auprès de "Libération"

Comme le rapporte Libération, le bureau politique du 19 septembre a été largement consacré à l'affaire Quatennens. "On a essayé de provoquer la discussion au sein du mouvement mais on n’a eu aucune réponse. Résultat : on s’est tout pris dans la gueule dimanche", regrette un élu LFI auprès du journal. Une insoumise raconte à son tour : "Tout le monde se cachait derrière son petit doigt. Il y a toujours cette idée que moins on en parle, moins c’est visible, et ce réflexe de se protéger. La citadelle est attaquée, on se replie sur nous-même, quel que soit le motif. Finalement, c’est le tweet de Mélenchon qui a rendu le communiqué commun indispensable".

Mais en coulisses, les langues se délient contre Jean-Luc Mélenchon. "C’est une faute disqualifiable", affirme une élue à Libération. Propos soutenus par une autre aussi citée dans le journal : "C’est ce tweet qui nous pourrit, alors qu’on a agi, même si c’est pas optimal".

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