2 min de lecture Viol

"J'avais 11 ans, je n'ai jamais oublié" : le député Bruno Questel révèle avoir été violé

Dans la foulée du mouvement #MeTooInceste, le député LaREM de l'Eure a témoigné sur Twitter. "Aucune excuse possible. Aucun pardon possible", écrit-il.

Bruno Questel, à l'Assemblée nationale le 19 janvier 2021
Bruno Questel, à l'Assemblée nationale le 19 janvier 2021 Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Un témoignage et une libération de la parole. Le député La République En Marche de l'Eure Bruno Questel a pris la parole sur Twitter, dans la foulée de l'affaire Duhamel et de la publication du livre de Camille Kouchner La Familia grande. Elle y dénonce les agressions incestueuses qu'aurait imposées son beau-père, Olivier Duhamel, aujourd'hui âgé de 70 ans, à son frère jumeau quand il était adolescent à la fin des années 1980. 

"Il n’était pas de ma famille, il était du village ; de ces lieux où la famille est grande. J’avais 11 ans. Je n’ai jamais oublié. Aucune excuse possible. Aucun pardon possible. Aucun repos pour les auteurs de ces actes", a écrit Bruno Questel. 

Le député a réagi à l'interview de Jack Lang sur Europe 1. L'ancien ministre de la Culture expliquait ne pas avoir eu connaissance des faits.

Il faut s'indigner toutes les secondes, ne pas oublier les victimes

Bruno Questel sur France Bleu Normandie
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Sur France Bleu Normandie, Bruno Questel a expliqué les raisons qui l'ont poussé à briser la loi du silence. "Je souhaitais à travers ce tweet dire 'stop' à une forme de discours que je trouve insupportable, selon lequel à l'époque la liberté dans toute sa dimension pouvait justifier des débordements de la sorte", a-t-il expliqué. 

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"Quand on a été victime de ça, il n'y a pas une seconde où quelque chose, un fait, une parole, un geste, une nouvelle, ne vous ramène pas à cela, a-t-il ajouté. Y compris au moment précis". Il raconte que des vies "sont broyées". "On vit avec ça toute sa vie. Non il n'y a pas de place pour le pardon, pas de place pour l'oubli, il faut s'indigner toutes les secondes, ne pas oublier les victimes. Ce n'est pas réparable", a-t-il déclaré.

Une "forme d'amnésie traumatique"

Pour le député de l'Eure, la libération de la parole est un processus essentiel. "Il faut parler, que la puissance publique mette en place les outils d'accueil, que les parents soient très forts. Et il n'y a pas de place pour l'explication de quelque nature que ce soit", a-t-il indiqué. 

Et de poursuivre : "Je l'ai connu, vous oubliez, c'est une forme d'amnésie traumatique, et un jour ça vous pète à la gueule, et c'est compliqué. Vous revivez les événements, vous retrouvez cette forme de solitude qui était la vôtre au moment des faits et après. Je peux vous dire que ça ne part pas, il n'y a pas de remède contre ça. Ça n'empêche pas de se construire, ça n'empêche pas d'aimer, ça n'empêche pas d'avoir des enfants, de les porter, de les protéger. Mais c'est une autre vie que celle que vous auriez dû avoir, j'en suis persuadé".

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