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Inceste : "Cessons d'interroger l'enfant sur son consentement", appelle Isabelle Aubry

INVITÉE RTL - Isabelle Aubry, victime d’inceste et présidente de l’association Face à l’inceste, explique qu'il existe des mesures concrètes pour protéger l'enfant, notamment en "cessant d'interroger son consentement".

Thomas Sotto L'invité de RTL Soir Thomas Sotto iTunes RSS
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Inceste : "Cessons d'interroger l'enfant sur son consentement", appelle Isabelle Aubry Crédit Image : uneassociationparjour.com | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
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Thomas Sotto édité par Bastien Hauguel

Depuis les révélations de Camille Kouchner visant son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, la France semble enfin ouvrir les yeux sur l'inceste. Isabelle Aubry, fondatrice de l'association Face à l'inceste, et auteure du livre La première fois, j'avais six ans (publié une première fois en 2008 et qui ressortira vendredi 22 janvier dans une version mise à jour), se bat depuis 20 ans pour éveiller les consciences. "On a avancé, mais il ne faudrait pas qu'on en reste là. Il faut que cela se transforme en acte politique", déclare-t-elle au micro de RTL Soir.

Son association propose ainsi 30 mesures concrètes pour protéger les enfants et lutter contre l'inceste. Selon Isabelle Aubry, plusieurs dispositions sont à changer au niveau de la loi. "Il faut notamment cesser d'interroger un enfant sur son consentement", demande-t-elle. "Pour qualifier un viol, il faut une pénétration et une absence de consentement, qui doit être prouvée. La loi traite indifféremment l'adulte et l'enfant", explique-t-elle, en évoquant sa propre expérience (elle a été victime d'actes incestueux de la part de son père dès l'âge de 6 ans).

Cela peut prendre des années pour briser le silence

Isabelle Aubry, victime d’inceste et présidente de l’association Face à l’inceste
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Isabelle Aubry raconte ce qui l'a menée à briser le silence. "Je me suis d'abord mise en sécurité en allant vivre chez ma mère. Mais ce n'est pas moi qui ai parlé, c'est ma voisine, qui voyait que je n'allais pas bien et m'a questionnée (...) On doit tous ouvrir les yeux", déclare-t-elle. Pour trouver le courage de parler, la fondatrice de l'association Face à l'inceste explique que "cela peut prendre des années", "en moyenne 16 ans pour les victimes"

"Il faut être solide (...) Avoir construit sa propre famille, pour pouvoir affronter tout cela (...) La révélation repose à 74% sur les épaules de la victime", souligne-t-elle. Isabelle Aubry appelle ainsi la société à "ouvrir les yeux sur ce fléau de santé publique qu'est l'inceste", en faisant notamment des campagnes de sensibilisation et de la prévention

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Aujourd'hui, l'inceste est également prescriptible en France. "Tous les pays du Common law n'ont pas de prescription pour les crimes graves. Il est donc possible de rendre le crime d'inceste imprescriptible", soutient Isabelle Aubry, qui estime par ailleurs que les réseaux sociaux sont un "outil formidable" pour libérer la parole, à l'instar du mouvement #MeTooInceste.

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