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Immigration : pour répondre à l'opinion publique, "Macron veut durcir sa politique", selon Bost

ÉDITO - Emmanuel Macron a décidé de s'investir à bras-le-corps d'un sujet très sensible : l'immigration.

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Immigration : pour répondre à l'opinion publique, "Macron veut durcir sa politique", selon Bost Crédit Image : LUDOVIC MARIN / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Olivier Bost
édité par Marie-Pierre Haddad

"Il faut parler d’immigration". Cette injonction ne vient pas de l’opposition mais bien d’Emmanuel Macron. Le chef de l’État veut mettre ce sujet en avant. C’est ce qu’il a dit, il y a une semaine dans un dîner à l’Élysée, comme vous l’avait révélé Pauline de Saint-Remy sur RTL

Emmanuel Macron pour cette rentrée a demandé à ses plus proches de faire monter les sujets régaliens et surtout l’immigration. Pour le chef de l’État, la réponse aux inquiétudes des français sur ce sujet est insuffisante. Emmanuel Macron appelle ça, d’après le journal Les Échos d’hier, "l’insécurité culturelle".

Autrement dit, les vagues migratoires inquiètent l’opinion qui a l’impression d’être débordé et menacé, c’est effectivement ce qui ressort de plusieurs sondages. Emmanuel Macron veut en parler, veut montrer aux Français qu’il s’en préoccupe et s’en occupe. Il veut donc durcir sa politique migratoire, pour bien faire passer le message.

Réviser l’aide médicale d’État

Mais qu’est-ce que le Président veut faire exactement ? D’abord, il y a aura à la fin du mois un premier débat, inédit sur l’immigration à l’Assemblée nationale. "Le gouvernement pourra dire ce qu’il fait. Les oppositions pourront dire ce qu’il devrait faire". C’est le premier but de ce rendez-vous, tel que me l’a résumé un responsable de la majorité. Lors de ce débat, il n’y aura pas de vote mais tout pourra être abordé.

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Revoir les conditions du droit d’asile et réviser l’aide médicale d’État font parties des pistes. Le premier but de l’aide médicale aux migrants en situation illégale est d’éviter les épidémies ou d’avoir des gens en très très mauvaises santé qui deviennent une charge bien plus lourde.

Mais à cause d’abus, le gouvernement pourrait limiter la portée de cette aide. Stanislas Guérini, le patron de La République En Marche a dénoncé notamment une forme de tourisme médicale pour obtenir des prothèses mammaires ! L’aide médicale d’État coûte aujourd’hui presque un milliard d’euros par an au budget de l’État. Y toucher était encore totalement tabou il y a moins de 10 ans.

Une tactique politique ?

Et alors, qu'est ce qui a changé ? Le vote nationaliste monte. Et Emmanuel Macron a une crainte : que la société se radicalise, voire tombe dans la violence. Il faut donc ne pas éviter le sujet. Lui parle "d’insécurité culturelle", mais ce langage est de plus en plus partagé. Hier la nouvelle présidente de la commission européenne a nommé à Bruxelles un haut-commissaire à "la protection du mode de vie européen". C’est lui qui sera en charge de l’immigration et de la sécurité.

Aux yeux de la gauche européenne, cela revient à dire, à approuver que les migrants menacent notre mode de vie et notre sécurité. Dites donc, y'a sans doute aussi un peu de tactique politicienne derrière ces préoccupations d’Emmanuel Macron ?

Manipuler ce sujet de l’immigration est aléatoire

Olivier Bost
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On peut s’interroger. Tout le problème avec ce sujet de l’immigration. C’est de savoir si le fait d’en parler et d’agir, en reprenant la terminologie du Rassemblement national, permet de lutter politiquement contre le parti de Marine Le Pen. Ou si au contraire aller sur ce terrain valide les idées du Rassemblement national et donc le renforce.

Les précédents quinquennats n’ont pas apporté de réponse claire à cette question délicate. Quand Nicolas Sarkozy avait lancé un débat sur l’identité nationale, il avait déjà capté les votes des électeurs du Front national. Quand il a ensuite fait son discours de Grenoble, ça ne marchait plus. François Hollande s’était plutôt montré ferme pour un président socialiste. 

Mais Marine Le Pen a encore progressé en voix, à l’élection présidentielle. Manipuler ce sujet de l’immigration est donc aléatoire et peut se révéler même avec les meilleures intentions dangereux. Emmanuel Macron a décidé de prendre ce risque. 

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