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Pierre-Yves Bournazel s'est retiré de la course à la mairie de Paris après avoir annoncé la fusion de sa liste avec celle de sa rivale Rachida Dati
Crédit : AFP
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En politique, il y a parfois des histoires folles. Et le coup de théâtre concocté par Pierre-Yves Bournazel en fait partie. Fusionner avec Rachida Dati mais... sans lui : lundi soir, tout le monde a découvert la décision du candidat Horizons à la mairie de Paris en direct.
Personne n’était prévenu. Et quand on dit personne, c’est vraiment personne ! Pas même Emmanuel Macron, qui l’avait pourtant appelé dimanche soir pour le pousser à faire l’union. Ni même Edouard Philippe, le président de son parti, Horizons, qu’il a pourtant eu plusieurs fois au téléphone lundi. Et Rachida Dati, bien sûr, encore moins. Pas prévenu non plus : Gabriel Attal, le patron de Renaissance, qui le soutenait. Ni Franck Riester, l’élu qui l’a accompagné toute la journée pour mener les rudes négociations avec la candidate LR.
"Je suppose que c’était trop difficile pour lui", souffle un proche de Philippe qui parle d’une "décision personnelle". "Ce n’est pas grave. L’essentiel, c’est que la fusion soit faite", relativise le même. Une "décision personnelle"… On peut même dire, totalement solitaire.
Ses propres colistiers n’étaient pas au courant. Lors d’une réunion en visio à 15h, Pierre-Yves Bournazel leur avait simplement dit, selon un participant : "Il y a des discussions en cours" ; "je vous rendrai compte plus tard". Ils ont eu des nouvelles… en regardant le 20 heures de France 2.
Le candidat a aussi cueilli à froid son équipe rapprochée. Juste avant d'entrer sur le plateau du 20 heures de France 2, à la dernière seconde, il leur a simplement lâché : "En fait, on ne va pas faire comme prévu. Je vais dire ce que je pense vraiment. Je vais annoncer qu’on fusionne pour permettre l’alternance, mais que moi je me retire." À la hâte, dans les loges, après lui avoir demandé s’il était bien sûr de sa décision, ils tricotent des éléments de langage. C’est là qu’ils trouvent la formule "Mon devoir était de rendre possible l’alternance que les Parisiens attendent. Mais mon devoir s’arrête là."
Il y avait toutefois, pour qui l’écoutait en coulisses, de sérieux indices. "Je pense qu’en réalité, c’est une décision mûrie de longue date", glisse un intime. Dès dimanche soir, en privé, Pierre-Yves Bournazel confiait, selon un autre : "Je ne veux pas aller avec Dati." Il a donc obtempéré à la consigne de son parti, Horizons, et d’Edouard Philippe, mais sans se dédire. "Je pense que c’était douloureux", compatit un colistier.
"Je le sens comme ça", a soufflé Bournazel à son équipe après son 20 heures, "j’ai pris cette décision en adéquation avec les valeurs". Et puis, renchérit un soutien : "La balle est dans le camp de Dati. Si ça se passe mal, elle ne pourra plus dire que c’est de sa faute." "Il a pu dormir et se regarder dans le miroir ce matin", applaudit un autre. Dans la boucle de sa campagne, ses partisans saluent sa "dignité".
Mais les pro-alliance avec Dati l’accusent de plomber la campagne de sa rivale historique. "C’est le baiser de la mort : il t’embrasse et tu te désagrèges. C’est la fusion empoisonnée", épingle un macroniste. Un autre enchaîne : "Il se retire à son corps défendant et avec la volonté de ne pas favoriser la campagne de Dati. Il préfère être rien que la faire gagner."
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