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Johanna Rolland, maire socialiste de Nantes (Loire-Atlantique), en campagne pour les élections municipales, le 11 mars 2026.
Crédit : Sebastien Salom-Gomis / AFP
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La gauche a décidé lundi de faire front commun aux élections municipales dans plusieurs grandes villes, concluant des accords avec La France insoumise à Toulouse, Nantes ou Avignon en vue du second tour dimanche. A l'exception toutefois de Paris et Marseille, où ses candidats s'y sont refusés.
Le dépôt des listes des candidats pour le second tour étant attendue officiellement mardi à 18h au plus tard, les tractations ont bien avancé lundi. Et malgré l'absence d'"accord national" du Parti socialiste avec La France insoumise, les annonces d'alliances se sont accumulées.
Toulouse, Nantes, Limoges, Avignon, Brest, Clermont-Ferrand... Dans toutes ces communes, la progression des Insoumis a conduit les représentants socialistes à accepter divers accords avec le parti mélenchoniste, actant parfois des "fusions techniques", c'est-à-dire une liste commune mais sans soutien programmatique ni engagement à siéger par la suite dans la majorité municipale.
Ce ne sera pas le cas, toutefois, dans les deux premières villes de France. Le maire sortant de Marseille, Benoît Payan, à la tête d'une union de la gauche hors LFI, a déjà déposé sa liste pour le second tour en préfecture, refusant toute "tambouille".
Il a ainsi fermé définitivement la porte à la moindre alliance avec le candidat mélenchoniste Sébastien Delogu, qui a dénoncé une "position irresponsable" alors que Franck Allisio (Rassemblement national) a emporté 35% des suffrages. Une quadrangulaire se dessine, car Martine Vassal, soutenue par la droite et le centre, a annoncé son maintien.
À Paris, après une campagne extrêmement tendue entre socialistes et Insoumis, c'est sans surprise que le candidat de l'alliance de gauche hors-LFI, Emmanuel Grégoire, a écarté toute alliance avec le parti mélenchoniste lundi. Faute d'accord, Sophia Chikirou (LFI) a donc annoncé son maintien, comme elle l'avait promis. En face, Rachida Dati, arrivée avec douze points de retard au premier tour, a rallié le candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel à sa cause.
À Lille, une possible alliance avec LFI, même locale, est rejetée par une partie des socialistes comme l'ancien président François Hollande, mais aussi par le probable candidat à la présidentielle Raphaël Glucksmann (Place publique), au risque d'abandonner des villes à la droite.
À Toulouse, de fait, l'alliance PS-Ecologistes a accepté de se rallier derrière l'Insoumis François Piquemal dans une liste "commune", en bonne position pour tenter de battre le maire divers droite sortant, Jean-Luc Moudenc, dans la 4e ville de France. Mouvement similaire à Limoges, où LFI est arrivée en tête de la gauche.
À Avignon, c'est derrière le PS que LFI s'est rangée, comme à Clermont, Brest et surtout Nantes, où la N.2 du PS, Johanna Rolland, s'est résolue à un accord de fusion pour contenir la remontée du candidat de la droite et du centre.
Des accords fustigés par plusieurs représentants du bloc central: "La France a plus que jamais besoin que les démocrates se tiennent debout, pas à genoux", a regretté sur X le patron de Renaissance Gabriel Attal, reprochant au PS d'avoir de fait conclu "un accord national". Le "choix du déshonneur", a encore raillé le chef des députés MoDem Marc Fesneau.
Dans le sillage de leur patronne Marine Tondelier, très ouverte aux accords avec LFI pour battre la droite ou l'extrême droite, les Ecologistes ont aussi conclu avec les Insoumis à Lyon derrière le sortant Grégory Doucet afin de contrer l'ancien patron de l'OL, Jean-Michel Aulas, lequel a dénoncé un accord "honteux".
Idem à Strasbourg, mais cette fois-ci sans le PS de la revenante Catherine Trautmann. A Lille en revanche, où ils jouaient un rôle d'arbitre, les Ecologistes ont choisi de s'allier au PS et non à LFI, les deux partis étant arrivés au coude-à-coude au premier tour.
La droite et le centre sont également appelés à affiner leur position, notamment vis-à-vis de l'extrême droite. A Paris, leur attitude face à Sarah Knafo (Reconquête), en mesure de se maintenir, sera scrutée.
Une réunion en visioconférence s'est tenue à la mi-journée entre des responsables de l'ancien socle commun Edouard Philippe (Horizons), Gabriel Attal (Renaissance), Bruno Retailleau (Les Républicains) et Gérard Larcher, le président du Sénat, LR lui aussi. Avec au menu, selon une source LR, la situation à Paris mais aussi à Nîmes, où la droite paye ses divisions au profit du RN.
Le bloc central est aussi très mal embarqué à Nice: Eric Ciotti, dont l'UDR est alliée au RN, est désormais en position extrêmement favorable devant Christian Estrosi (Horizons), qui a échoué à obtenir le retrait la liste de gauche arrivée 3e.
De son côté, le Rassemblement national, qui cherche à amplifier sa dynamique en vue de 2027, revendique 24 communes au premier tour des municipales et être en tête dans 60 autres. Son vice-président Sébastien Chenu a appelé les électeurs LR au "vote utile" au second tour pour faire barrage à la gauche.
À Toulon, sa députée Laure Lavalette est largement en tête malgré un manque de réserves pour le second tour.
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