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Me Philippe Bouchez El Ghozi, avocat de Claude Guéant, le 26 mai 2026.
Crédit : Thomas SAMSON / AFP
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Le procès en appel du financement libyen présumé de la campagne de Nicolas Sarkozy touche à sa fin. Ce mercredi 27 mai, les dernières plaidoiries de la défense se sont achevées avant les ultimes déclarations de l’ancien président de la République.
Depuis plusieurs jours, les avocats des prévenus ont dénoncé un "roman grotesque" et ont contesté les accusations de financement occulte par le régime de Mouammar Kadhafi lors de la présidentielle de 2007. Mais derrière le front commun affiché contre l’accusation, les fractures entre Nicolas Sarkozy et Claude Guéant se sont exposées au grand jour.
Invité de RTL ce mercredi, Me Philippe Bouchez El Ghozi, avocat de Claude Guéant a exprimé : "Les mots qui ont été utilisés contre Claude Guéant, ça l’a marqué", a-t-il assuré. "Après vingt ans de service totalement dévoué aux ministres et au président de la République qui était Nicolas Sarkozy, il n’a pas compris comment, tout d’un coup, on pouvait l’abandonner en rase campagne."
La veille déjà, l’avocat avait dénoncé devant la cour "la cruauté" et "le cynisme" de Nicolas Sarkozy.
Un autre reproche fait à l’ancien président est celui d’avoir, pendant une partie du procès, laissé entendre que son ancien collaborateur aurait pu être personnellement impliqué dans le financement libyen de sa campagne présidentielle.
"Nicolas Sarkozy, pendant quinze jours dans ce procès en appel, a lancé des attaques très dures contre Claude Guéant puisqu’il insinuait en substance que Claude Guéant pourrait être finalement le responsable du prétendu financement libyen en ayant reçu des fonds libyens", a affirmé Me Philippe Bouchez El Ghozi au micro de RTL.
Selon lui, cette stratégie a finalement été abandonnée par l’ancien chef de l’État face aux réactions suscitées par les deux attestations écrites de Claude Guéant produites au procès. "Il a compris effectivement que la stratégie qui avait été tentée ne portait aucun point, n’a porté aucun résultat", a estimé l’avocat.
Au cœur des tensions : la rencontre entre Claude Guéant et Abdallah Senoussi, ancien numéro 2 du régime libyen et condamné en France pour l’attentat du vol DC-10 d'UTA 772 qui avait fait 170 morts en 1989.
Pendant l’enquête, Nicolas Sarkozy avait assuré ne jamais avoir été informé de la situation judiciaire d’Abdallah Senoussi. Les deux attestations de Claude Guéant sont venues contredire cette version.
L’ancien secrétaire général de l’Élysée a affirmé notamment avoir évoqué ce sujet avec Nicolas Sarkozy lors d’un dîner à Tripoli après la libération des infirmières bulgares en 2007. Selon son avocat, le président français lui aurait demandé de "voir cela" après une intervention de Mouammar Kadhafi concernant son gendre.
Pour autant, Me Bouchez El Ghozi a réfuté toute idée de contrepartie politique ou judiciaire accordée au régime libyen. "Il valide qu’il y a eu une demande qui a été faite de regarder ce qui pouvait être fait, mais ça ne valide pas qu’il y ait eu une promesse ou une contrepartie".
L’avocat a rappelé que les infractions de corruption et d’association de malfaiteurs supposent la preuve d’un accord ou d’un échange précis. "Il n’y a jamais eu ni de promesse, ni de contrepartie, ni d’entente", a-t-il martelé.
Fragilisé par de graves problèmes de santé, Claude Guéant n’a pas assisté au procès. Son avocat a assuré toutefois que l’ancien ministre souhaitait comparaître avant que les experts médicaux ne s’y opposent.
"Claude Guéant était dans une situation dramatique à l’ouverture du procès", a expliqué Me Bouchez El Ghozi. "Il commence à reprendre un petit peu de force, mais il reste dans une situation très affaiblie avec de multiples pathologies".
L’avocat a également souligné que son client a accepté d’être jugé en son absence sans demander le renvoi du procès, malgré son état de santé. Un comportement qu’il estime devoir être pris en compte par la cour.
Le parquet général a requis six ans de prison ferme contre Claude Guéant, soit la même peine qu’en première instance. Une position que son avocat a par ailleurs critiqué : "J’avais franchement l’impression que ces réquisitions avaient été prises en dehors de l’audience, sans tenir compte de ce qui s’était passé au procès".
Malgré les tensions apparues entre les deux anciens proches, l’avocat a avancé un point : Nicolas Sarkozy et Claude Guéant continuent de nier ensemble toute corruption ou financement libyen.
Les avocats de Nicolas Sarkozy ont eux aussi consacré leurs plaidoiries à démonter les accusations du parquet général, estimant que les éléments avancés "s’écroulaient".
Reste désormais à attendre la décision de la cour d’appel, qui sera rendue le 30 novembre prochain.
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