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Procès en appel du financement libyen : l'avocat de Claude Guéant fustige "la cruauté" et "le cynisme" de Nicolas Sarkozy

Les avocats d'Éric Woerth, de Brice Hortefeux et de Claude Guéant sont attendus à la barre, ce mardi 26 mai. La défense de Nicolas Sarkozy prend, elle, la barre mercredi en épilogue de ce procès devant la cour d'appel de Paris sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.

Me Philippe Bouchez El Ghozi, avocat de Claude Guéant, le 26 mai 2026.

Crédit : Thomas SAMSON / AFP

La rédaction numérique de RTL

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Ce que nous savons pour l'instant
  • Les avocats de Claude Guéant, Brice Hortefeux et Éric Woerth plaident ce mardi avant la défense de Nicolas Sarkozy mercredi, au procès sur les soupçons de financement libyen de la campagne de 2007. L'ancien président continue de nier toute implication et assure n’avoir jamais demandé d’argent au régime de Mouammar Kadhafi.
  • La défense insiste sur l'absence de preuve financière directe. Selon ses avocats, aucun transfert d’argent libyen n'a été retrouvé dans les comptes de campagne. Éric Woerth affirme que les petites sommes en liquide provenaient de dons anonymes. Nicolas Sarkozy assure aussi ne pas avoir été informé des rencontres avec des responsables libyens.
  • Les avocats contestent également l'existence de contreparties promises à la Libye. Nicolas Sarkozy nie avoir évoqué une grâce pour Abdallah Senoussi ou facilité certaines décisions diplomatiques. La défense remet enfin en cause la crédibilité des témoignages d'anciens dignitaires libyens et l'authenticité des carnets de Choukry Ghanem
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Audience suspendue

Merci d'avoir suivi ce direct. On se retrouve dès demain, mercredi, pour les plaidoiries des avocats de Nicolas Sarkozy et les derniers mots de l'ancien président de la République.

"Mourir plus vite et en silence, belle reconnaissance de ce pas effectué par Claude Guéant"

Me Philippe Bouchez El Ghozi conclut sa plaidoirie en regrettant que certains aient pensé que "parce que Claude Guéant était absent, il n'aurait pas la parole".


L'avocat souligne que son client "n'a pas une armée d'avocats", "pas même deux avocats" et "pas de communicant". Selon lui, Claude Guéant "a fait un pas vers sa réhabilitation, ce que le parquet général a reconnu", mais "a pourtant requis une aggravation de sa peine".

"Mourir plus vite et en silence, belle reconnaissance de ce pas effectué par Claude Guéant", lance-t-il devant la cour.

S'adressant directement au président, Me Philippe Bouchez El Ghozi poursuit : "Voilà un prévenu qui accepte d'être jugé en son absence, qui apporte son aide à la manifestation de la vérité par deux fois sur son lit de souffrance... La prochaine fois qu'un client me demandera s'il doit apporter sa part de vérité, je dirai : 'Surtout pas ! Le parquet général va aggraver votre cas !'"

L'avocat affirme ensuite que "Claude Guéant a dit sa vérité. Pas seulement ce qui plaît à l'un ou à l'autre, à l'accusation ou à la défense".

"J'ai pris la parole pour un homme qui, au crépuscule de sa vie, ne sera peut-être bientôt plus là", conclut-il. 

"On dit souvent que les absents ont toujours tort. J'espère que vous ferez mentir cet adage et qu'il ne restera pas seulement, d'ici là, présumé innocent en raison de l'extinction de l'action publique".

Claude Guéant "s'est fait avoir"

Me Philippe Bouchez El Ghozi poursuit sur le volet des tableaux en ironisant : "Depuis 2013, tout Paris est devenu un spécialiste de la peinture flamande".


Selon lui, "tout le monde est persuadé que les tableaux sont surévalués" et "il y a eu un travail de sape". "On a matraqué que les croûtes de Guéant ne valaient pas 500.000 euros", lance-t-il.

L'avocat souligne toutefois que "vous avez dans le dossier une expertise qui souligne la très grande qualité de ces œuvres".

Il affirme ensuite que "rien au dossier ne permet d'établir que Claude Guéant avait connaissance des comptes de tiers ou de l'organisation de ces comptes à l'étranger".

Me Philippe Bouchez El Ghozi cite alors son client : "J’ai découvert avec stupéfaction un schéma de financement. Si j'en avais eu connaissance, je n'aurais pas vendu les tableaux".

L'avocat estime finalement que Claude Guéant "s'est fait avoir".

Les tableaux de Claude Guéant

Me Philippe Bouchez El Ghozi en vient "aux fameux tableaux", au cœur des débats autour des comptes de Claude Guéant.


Selon l'avocat, "c'est acquis au dossier" qu'à l'époque Claude Guéant était "féru de peinture". Il rappelle que son client "a précisé qu'il avait acheté ces tableaux en 1993 au Louvre des antiquaires".

"Claude Guéant a dit la vérité sur trois éléments essentiels : la date d'achat, le prix d'achat et le lieu d'achat", insiste-t-il.

Me Philippe Bouchez El Ghozi s'interroge ensuite : "Qui a vu ces tableaux avant leur vente ?" 

Il souligne qu'en garde à vue, "c'est lui qui va donner le nom de la femme de ménage", ajoutant que "des témoins ont attesté que Mme Guéant a montré à plusieurs reprises ces tableaux".

L'avocat aborde enfin les conditions de la transaction : "Comment la vente a eu lieu ?" Il affirme "comprendre les dénégations de l'ex-ambassadrice de Malaisie en France", estimant que celle-ci, "alors qu'elle était en fonctions, allait accepter les largesses de Khaled Bugshan".

Selon lui, "c’est elle qui propose le prix de 500.000 euros".

"Je comprends que ce témoignage nuisait à votre démonstration"

Me Philippe Bouchez El Ghozi revient également sur le dîner avec Moussa Koussa, en soulignant qu'il "s'est fait en compagnie de Pierre Bousquet de Florian", lequel "va en détailler l'objectif en procédure".


L'avocat cite alors ce témoignage : "Dans le cadre de la libération des infirmières bulgares, à l'époque M. Guéant s'apprêtait à prendre le poste de secrétaire général de l'Élysée. Au cours du dîner, Nicolas Sarkozy a passé une tête comme il le faisait souvent. J'ai pu constater que Nicolas Sarkozy et Moussa Koussa ne se connaissaient pas. J'aurais senti s'il y avait eu des relations antérieures".

Me Philippe Bouchez El Ghozi s'adresse ensuite directement au substitut général : "Monsieur le substitut général, il a été utile de citer M. Bousquet de Florian. Je comprends que ce témoignage nuisait à votre démonstration".

Il poursuit : "Pardonnez-moi, mais Nicolas Sarkozy ne serait pas très malin, sitôt élu, dès le jour de son élection supposément financée par la Libye, de s'en prendre à la Libye elle-même dès le jour de son élection".

Claude Guéant appartient à "une autre génération"

Me Philippe Bouchez El Ghozi détaille les visites effectuées par Claude Guéant au coffre bancaire : "Vous avez sept visites à ce coffre. Une visite avant l'élection présidentielle".


L'avocat évoque les moqueries suscitées par cette défense : "Beaucoup ont glosé et ont ri en disant : 'Ah ah ah, Claude Guéant a loué un coffre pour entreposer les discours de Nicolas Sarkozy.' Mais c'est plus compliqué que cela".

Selon lui, Claude Guéant appartient à "une autre génération", "qui ne travaille pas avec les scans digitaux et les ordinateurs". "Il compile", insiste-t-il.

Me Philippe Bouchez El Ghozi explique que Claude Guéant, alors directeur de campagne, a utilisé ce coffre pour stocker des documents : "Cette visite du 23 mars, j'y apporte des documents qui commencent à s'empiler dans mon bureau. Et je veux mettre un certain nombre de documents à l'abri, en sécurité, en dehors du QG de campagne".

Après l'élection, poursuit-il, Claude Guéant y a "entreposé tous [ses] documents de la rue d'Enghien". "Nous devons vider les locaux, donc j'y vais trois fois dans la journée”" rapporte l'avocat.

"Vous avez pris la liberté de vous arranger avec la vérité"

Me Philippe Bouchez El Ghozi revient ensuite sur les déclarations de Claude Guéant concernant ce coffre bancaire : "Claude Guéant a dit en procédure : 'J'avais demandé un petit coffre et, faute de coffre disponible, on m'en a proposé un grand'".


L'avocat s'adresse alors directement au substitut général : "Soit vous ne les avez pas lus, soit vous avez pris la liberté de vous arranger avec la vérité".

Il insiste également sur le statut de Claude Guéant, qualifié de "PPE", pour "personnalité politiquement exposée", expliquant que son cas faisait l'objet d'une surveillance particulière dans les établissements bancaires.

Selon lui, "s'il avait des choses à se reprocher, il ne serait pas allé louer un coffre à son nom avec l'adresse du ministère de l'Intérieur".

Le "fantasme de la chambre froide"

Me Philippe Bouchez El Ghozi en vient désormais "au fantasme de la chambre froide", en référence au coffre bancaire évoqué dans le dossier.


L'avocat rappelle que, dans l'ordonnance de renvoi, les juges relevaient "qu'il est permis de penser qu'il était destiné à recevoir des espèces".

Il balaie cette hypothèse en soulignant que "Claude Guéant a loué ce coffre à son nom" et qu'il "porte son adresse au ministère de l'Intérieur". "On a connu plus occulte", ironise-t-il.

Selon lui, Claude Guéant a expliqué que son agence bancaire "n'avait pas de coffre à lui proposer" et qu'"on lui indique une autre agence où c'est le seul coffre disponible".

En 2026, "on n'a pas un euro, pas un centime qui ait été démontré"

Me Philippe Bouchez El Ghozi continue en affirmant que "Nicolas Sarkozy a donné des instructions à Claude Guéant", mais estime que "ce n'est pas ça une association de malfaiteurs". 

Il interroge : "Quelle promesse a été donnée ? Quelle entente serait matérialisée ? Quel financement, comment, combien ? Autant de questions restées sans réponse tant d'années après".


L'avocat insiste : "Aujourd'hui, 26 mai 2026, on n'a pas un euro, pas un centime qui ait été démontré".

Il revient ensuite sur les éléments retenus dans le dossier :"Pour le tribunal, le carnet de Choukri Ghanem était la seule preuve tangible de l'association de malfaiteurs. Ce n'est pas si clair".

Il critique la valeur de ce document, affirmant qu'"il a noirci ses carnets pendant des années", tout en soulignant que "la page du 29 avril 2007 est la seule sans la moindre rature" et que "le disque dur ne corrobore en rien ce qui est écrit à la date du 29 avril 2007".

Enfin, il ajoute qu'"aucune mention du moindre financement libyen n'apparaît", et conclut que "Senoussi va dire lui-même que Ghanem n'était pas au courant du moindre financement".

"La cruauté de cette stratégie sur le plan humain"

Le conseil poursuit en affirmant que "cette volte-face stratégique n'est pas sans lien entre Nicolas Sarkozy et Claude Guéant", évoquant une "stratégie en accordéon" et "l'inanité des charges prononcées contre un ancien haut fonctionnaire", tout en dénonçant "la cruauté de cette stratégie sur le plan humain".


L'avocat ajoute : "Il y a des choses qu'on ne peut pas rattraper".

Selon lui, "cette séquence aura permis de prouver qu'il n'y a pas d'association de malfaiteurs".

Il revient ensuite sur la position de son client : "Claude Guéant a été très clair sur ce qu'il a fait après avoir fait traîner exprès, sans jamais donner d'espoir. Il a estimé en 2009 qu'il n'y avait qu'une solution : que Senoussi se rende à la justice et demande à être rejugé."

"le cynisme du politique ou le désespoir du prévenu"

L'avocat revient ensuite sur le moment où Nicolas Sarkozy a lâché son ancien fidèle collaborateur Claude Guéant et s'interroge : "Pourquoi Nicolas Sarkozy est-il passé du statut de prévenu à celui, plus confortable, de procureur ?", dénonçant une stratégie de défense qu'il résume ainsi : "Ce n'est pas moi, c'est les autres. C'est Chirac qui envoyait Francis Szpiner et Thierry Herzog. Mon confrère qui n'a pas assez travaillé, selon ce que Nicolas Sarkozy a écrit dans son journal d'un prisonnier".


L'avocat estime que "c'est bien parce que Nicolas Sarkozy a changé ce système de défense" et s'interroge : "Je ne sais pas s'il faut y voir le cynisme du politique ou le désespoir du prévenu".

Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy reste raide droit sur sa chaise, tandis que Me Philippe Bouchez El Ghozi plaide dans son dos.

La confiance entre Sarkozy et Guéant

Me Philippe Bouchez El Ghozi poursuit sa plaidoirie en estimant que l'absence de Claude Guéant a été "utilisée malheureusement par Nicolas Sarkozy pour, par ses suppositions, introduire les mêmes ressorts que l'accusation", en pointant selon lui du doigt son ancien collaborateur.

L'avocat affirme que Nicolas Sarkozy a "parié sur le fait que les absents ont tort pour dire le contraire de ce qu'il a toujours dit", estimant que Claude Guéant était pourtant "le seul sur l'estrade pendant les meetings de Nicolas Sarkozy".

Il rappelle également que l'ancien ministre était "aux côtés de Nicolas Sarkozy en 2007 au moment de la passation avec Jacques Chirac", et qu'il est "celui auquel Nicolas Sarkozy disait 'Claude, voyez cela'", soulignant, selon lui, la confiance entre les deux hommes.

la rencontre entre Claude Guéant et Abdallah Senoussi "choque"

L'avocat estime que la rencontre entre Claude Guéant et Abdallah Senoussi "choque" et reconnaît qu'elle "a choqué aussi Claude Guéant", mais affirme qu'elle 'ne matérialise pas l'association de malfaiteurs".

L'avocat ajoute que "beaucoup de Français ont rencontré Senoussi, beaucoup d'Américains également".

Il reconnaît ensuite le fait de la rencontre : "Oui, Claude Guéant a rencontré Senoussi", mais soutient qu'il s'agissait d'"une rencontre qu'il n'a pas souhaitée, qu'il lui a été imposée".

Selon lui, l'ancien ministre "n'a fait aucune promesse" et "n'a consenti à la moindre contrepartie".

C'est invraisemblable et dépourvu de crédibilité".

Abordant le caractère du financement supposé, Me Philippe Bouchez El Ghozi juge la thèse "invraisemblable". 

Il développe : "Alors que Claude Guéant, sans qu'il soit informé au préalable de cette rencontre, à 19 mois de la présidentielle, alors que Nicolas Sarkozy ne sait pas qu'il sera candidat, que Claude Guéant ne savait pas qu'il serait son directeur de campagne, voilà Claude Guéant qui rencontre Abdallah Senoussi dans un restaurant en public et va demander à cet homme qu'il ne connaît pas, en dehors du fait qu'il est condamné en France pour terrorisme, le financement de la campagne. C'est invraisemblable et dépourvu de crédibilité".

"Pas eu de réponse du parquet général"

Me Philippe Bouchez El Ghozi soutient devant la cour qu'un officier de sécurité intérieure a déclaré avoir été informé par ses homologues libyens que Claude Guéant avait rencontré Abdallah Senoussi en octobre 2005. 
Il en déduit une question centrale : "Pourquoi les Libyens auraient-ils informé cet officier de sécurité si cette rencontre devait rester secrète ?"


L'avocat s'interroge également sur le rôle de l'ambassade de France : "Pourquoi est-ce que Claude Guéant viendrait informer l'ambassadeur de France si tout ceci faisait l'objet d'un pacte ?", ajoutant qu'il n'a, selon lui, "pas eu de réponse du parquet général".

Il affirme enfin qu'"aucun fait, aucun document, aucun indice ne permet d'attester que Claude Guéant était informé au préalable de cette rencontre".

"Claude Guéant a-t-il été piégé ?"

Me Philippe Bouchez El Ghozi dénonce des "mensonges de Ziad Takieddine comme ceux d'Abdallah Senoussi", estimant qu'ils relèvent "d'un récit à chaque fois inique" et qu'il s'agit "d'accusateurs intéressés".

L'avocat interroge ensuite la cour sur la réalité du déroulement des faits : "Claude Guéant a-t-il été piégé ?", rappelant que, selon lui, l'ancien ministre a "spontanément révélé cette rencontre et les circonstances de cette rencontre instrumentalisée par Ziad Takieddine". 

Il souligne que Claude Guéant a toujours affirmé "qu'il ne savait pas qu'il allait rencontrer Abdallah Senoussi", une version qu'il décrit comme "constante dans ses déclarations".

Me Philippe Bouchez El Ghozi évoque enfin Nicolas Sarkozy, estimant que ce dernier, "si prompt à reprocher à Claude Guéant tantôt une erreur tantôt une faute", a lui-même expliqué "que si on lui avait imposé la présence d'Abdallah Senoussi, il aurait été obligé de lui serrer la main".

Un contrat présenté par Ziad Takieddine "d'État à État"

Me Philippe Bouchez El Ghozi poursuit en expliquant que "le sujet d'un contrat, c'est l'obsession, tout ce qui a poussé à orchestrer ce rendez-vous".


Selon lui, "le contrat est l'objet même du dîner d’octobre 2005". Il précise qu'il s'agissait d'un contrat présenté par Ziad Takieddine "d'État à État", pour lequel il devait y avoir un représentant du ministère de l'Intérieur français afin qu'il puisse percevoir ses juteuses commissions".

Il affirme que cette version serait "corroborée par les premières déclarations de Senoussi", citant : "On a juste parlé en général des soutiens réciproques à apporter". Et d'ajouter : "Jamais il n'a été évoqué de financement lors de ce dîner".

"Il ne restait que le dîner pour piéger Claude Guéant"

L'avocat poursuit sa démonstration en expliquant que "Ziad Takieddine devait amener un représentant de l'État français pour prouver sa fiabilité aux yeux de ses interlocuteurs libyens", précisant que Ziad Takieddine cherchait ainsi à asseoir sa crédibilité.


Selon lui, la rencontre avait un cadre défini : "Rendez-vous prévu, ordre du jour : domaines sécurité, défense et surtout protection des frontières".

Il ajoute enfin que, dans cette logique, "il ne restait que le dîner pour piéger Claude Guéant", en référence à Ziad Takieddine.

Des réquisitions "dépourvues de démonstration"

L'avocat poursuit en dénonçant les réquisitions du parquet général, estimant avoir eu "le désagréable sentiment que le parquet général avait rédigé ses réquisitions avant même l'audience". Il parle de réquisitions "bancales", selon lui "dépourvues de démonstration".


Il recentre ensuite son propos sur la réunion entre Claude Guéant et Abdallah Senoussi, en posant directement les termes du débat à la cour : 

"Votre cour devra répondre à trois questions au sujet de la réunion de Claude Guéant et Senoussi : quel était l'objet de cette réunion ? Cette réunion était-elle prévue ? Claude Guéant en a-t-il informé Nicolas Sarkozy ?"

Reprise des plaidoiries avec Me Philippe Bouchez El Ghozi pour Claude Guéant

L'audience a repris avec la plaidoirie de Me Philippe Bouchez El Ghozi pour Claude Guéant.


L'avocat a d'abord tenu à rendre hommage aux victimes de l'attentat du DC-10 : "Je suis réellement ému par votre douleur et votre souffrance. Croyez-le bien", a-t-il déclaré, ajoutant : "et voyez bien que Claude Guéant aussi".

L'audience est suspendue

Reprise à 13h45. 

"Je sais ce que je n'ai pas fait"

"L'épreuve que je subis depuis tant d'années, et je ne suis pas le seul, n'a rien à voir bien sûr avec l'intensité de celle des victimes de l'attentat commis 16 ans avant mon arrivée au gouvernement. Mais cette épreuve, au regard de ceux qui vous font confiance, du scepticisme de vos proches, de la sidération de votre famille, de l'interrogation inquiète de vos enfants il y a encore quelques heures, cette épreuve n'en est pas moins violente", a ajouté Brice Hortefeux.


Revenant sur les débats devant la cour, il a également affirmé : "Les parties civiles, les différentes parties, le ministère public, vous-mêmes, avez posé beaucoup de questions. Au fil des audiences, je me suis forgé ma conviction et surtout je sais ce que j'ai fait, avec des erreurs d'appréciation sans doute, et je sais aussi ce que je n'ai pas fait".

"Un homme physiquement debout mais moralement à terre"

Prenant ensuite la parole, Brice Hortefeux a estimé que son avocate "s'est exprimée mieux qu'[il] aurait pu le faire". 
"Si vous me le permettez, je voudrais vous dire qu'au-delà de ce qui vient d'être dit, vous avez devant vous un homme physiquement debout mais moralement à terre", a-t-il déclaré.

"À terre de voir son intégrité mise en cause, à terre de voir l'engagement de sa vie soupçonné et de ressentir l'incrédulité devant sa sincérité", a poursuivi l'ancien ministre.



"Vous le relaxerez", réclame l'avocate de Brice Hortefeux

Me Florence Bourg, avocate de Brice Hortefeux, a plaidé de son côté la relaxe de son client  

"Brice Hortefeux est un homme de fidélité, de loyauté", a-t-elle déclaré devant la cour, avant d'ajouter : "Il est largement temps de rendre à Brice Hortefeux sa dignité. Vous le relaxerez".



L'audience reprend

Bonjour et bienvenue. Le procès en appel sur les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007 entre dans sa dernière semaine. Avant-dernier jour de débats ce mardi, avec les plaidoiries des avocats d'Éric Woerth et de Brice Hortefeux ce matin, puis celle de Claude Guéant cet après-midi.


À l'issue de la plaidoirie de son avocat, Me Jean-Yves Le Borgne, qui a demandé la relaxe, Éric Woerth a déclaré : "Je n'ai rien à ajouter, si ce n'est qu'il n'y a pas eu de financement illégal dans cette campagne". 

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