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Procès en appel du financement libyen : Nicolas Sarkozy clame son innocence et assure qu'il n'a "pas trahi la confiance des Français"

Ce mercredi 27 mai, le procès entre dans sa dernière phase avec les plaidoiries des avocats de Nicolas Sarkozy, avant les ultimes déclarations de l’ancien président. Une étape décisive, avant que la cour ne mette sa décision en délibéré.

L'ancien président français Nicolas Sarkozy retourne au tribunal lors du dernier jour de son procès en appel, le 27 mai 2026.

Crédit : SIMON WOHLFAHRT / AFP

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Ce qu'il faut retenir
  • Nicolas Sarkozy a clôturé ce procès en appel en assurant qu"il n'a "pas trahi la confiance des Français". Il a dit demander à être "jugé pour ce qu'il a fait, pas pour ce qu'il est", évoquant une procédure vécue comme une épreuve personnelle après ses 20 jours de détention et la perspective d'une nouvelle incarcération.
  • La défense a plaidé la relaxe et dénoncé un "roman grotesque", une "construction creuse et artificielle" bâtie sur des années d'enquête sans preuve directe. Les quatre avocats de l'ancien président de la Républoque ont contesté l'existence même d'un pacte corruptif, évoquant une accusation fondée sur des hypothèses et un "doute abyssal" qui, selon eux, doit conduire à l'acquittement.
  • Le parquet général a, de son côté, requis sept ans de prison pour association de malfaiteurs, corruption et financement illégal de campagne, en désignant Nicolas Sarkozy comme instigateur d'un pacte avec le régime de Mouammar Kadhafi. La défense a répliqué que rien ne permet d'établir ni financement, ni contrepartie, ni acte concret imputable à l'ex-chef d'Etat. Le délibéré sera rendu le 30 novembre 2026.
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L'audience est levée

La cour tient à remercier l'ensemble des parties. Audience est levée. Le délibéré sera rendu le 30 novembre 2026 à 14h.

"Ce que j'ai dit est vrai"

"Ma femme m'a dit en venant - c'était trop pour elle d’être là - au fond : est-ce que tu regrettes ce que tu as fait pour la Libye ? J'ai dit non, car dans cette boue infâme j’ai pensé aux infirmières et aux médecins palestiniens et aux millions de Libyens". 


Il poursuit : "Mes derniers mots seront pour les parties civiles : je n'ai pas reçu d'estime de Kadhafi. Leur avocat a dit que c'est devenu mon mantra, mais qu'est-ce que vous voulez que je dise ? C'est la vérité.

J'ai été président de la République, ça ne change pas que je vais mourir, je ne sais pas dans combien de temps, mais je suis à égalité avec vous.

Je n'ai pas aidé M. Senoussi, ni de près ni de loin. Jamais je ne pourrai avouer quelque chose que je n'ai pas commis".
 
Et de conclure : "Merci de m'avoir permis de m'exprimer devant vous. Je ne suis pas venu ici comme au bureau, mais comme on prend un chemin de croix. Ce que j'ai dit est vrai". 

"Je tiens car je suis innocent"

"Alors ce sont les derniers mots. C'est émouvant pour moi, car maintenant je vais attendre, pas comme un ancien président de la République qui va se réveiller tous les jours et y penser tous les soirs : 'Est-ce que je vais y retourner ?'", ajoute-t-il.


Nicolas Sarkozy poursuit : "Les gens me demandent comment je tiens. Je tiens car je suis innocent, je tiens à mon pays, et je ne peux pas croire qu'on 2026 un homme soit condamné à 7 ans de prison pour des faits qu'il n’a pas commis et contre lequel il n’y a aucune preuve.

On a dit que j’avais porté atteinte à l’honneur de la justice. Chaque fois qu’on m’a demandé de venir, je suis venu.

Je ne regrette rien de ce que j’ai dit. Tout ce que j’ai dit, je le pense au plus profond de mon cœur".

"J'ai été élu par les Français, je ne me permettrai à personne de dire que cette élection a été biaisée"

L'ancien président de la République poursuit : "Mes avocats ont fait un travail extraordinaire. Ce sont des professionnels, aussi choqués que je l'étais moi-même. Je me suis dit que si je peux convaincre mes avocats, je peux convaincre la cour". 


Et il ajoute : "Quand j’entends que j’ai été élu en mai 2007 lors d'une élection biaisée, celui qui a prononcé ces mots oublie que c'est l'élection qui a mobilisé le plus de Français : 84% de Français, ça fait rêver aujourd’hui. 84% qui sont venus dire oui ou non à Sarkozy. 37 millions de Français abusés par une campagne qui aurait été biaisée par un financement que vous n'avez pas trouvé. Ça m'a blessé, et ça a blessé tous ceux qui n'ont pas voté pour moi.

J'ai été élu par les Français, je ne me permettrai à personne de dire que cette élection a été biaisée". 

"Non content de dire que l'élection a été biaisée, on a dit que j'avais été un président entre 2007 et 2012 sous influence étrangère, comprenez sous influence de Kadhafi. En disant cela, on mine ma confiance envers les institutions, on entretient une défiance qui n'a pas lieu d'être", lance-t-il.  

"Ces trois mois ont été une nouvelle épreuve" lance Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy se lève pour prendre la parole une dernière fois : "Cette affaire de prétendu financement libyen de ma campagne a commencé dans le mensonge et le complot, elle doit finir dans la vérité et la transparence".

Il poursuit : "Depuis 14 ans, j'ai répondu inlassablement, à en devenir fou, à toutes les questions, toutes les investigations, toutes les enquêtes.

J’ai été naïf.

Chaque fois que je fermais un dossier en répondant, je me disais : ça y est, enfin ! Non..."

Il ajoute : "Je me suis battu, M. le président, j’ai mis l'énergie que la cour peut imaginer". 

Nicolas Sarkozy continue de dérouler : "J’ai assumé, j’ai argumenté, ma vie a été scrutée, mais ce n’est pas suffisant ! On m’a dit que je me prenais pour quelqu’un au-dessus des lois. Mon Dieu, si vous saviez, j’aimerais être traité comme n’importe qui, pas pour ce que je représente. Ce n’est pas un procès historique, ce n’est pas un roman, c’est ma vie".



Il ajoute : "Quand je me suis retrouvé à la Santé, ce n'est pas le président qui a dû expliquer à sa fille en larmes, à ses enfants. Ces trois mois ont été une nouvelle épreuve, ça a été difficile : écouter sans rien dire, subir sans répondre. Entendre des choses folles, ce n’est tellement pas ce que je suis". 

Une instruction "orientée et faible"

Me Jean-Michel Darrois estime pour sa part que l'instruction "a été orientée et faible", ajoutant que les questions posées aux prévenus étaient "des questions fermées".


Il affirme également que les enquêteurs "se sont gardés de procéder à des confrontations" et considère qu'"aujourd'hui, c'est trop tard", notamment parce que "Ziad Takieddine ne peut plus être confronté à ses contradicteurs et que Claude Guéant, malade, n'a pas pu assister aux audiences".

Me Jean-Michel Darrois prend la parole

Me Jean-Michel Darrois est le dernier avocat de Nicolas Sarkozy à plaider. 

"Rendre à Nicolas Sarkozy son honneur"

Me Sébastien Schapira déclare : "Je n'ai aucun doute sur le fait que ce n'est pas du courage qu'il vous faut, vous avez cette passion de la justice, vous rendrez une décision juste".

Il ajoute qu'"à la pause, un jeune homme est venu me voir pour me dire qu'il était inquiet pour son père (référence à Pierre, présent dans la salle). Je lui ai dit qu'il n’avait pas à l'être, j'ai confiance en votre décision".

L'avocat poursuit : "J'espère que dans votre délibéré vous pensez à ce doute abyssal qui traverse ce dossier depuis le premier jour et qui doit aboutir à rendre à Nicolas Sarkozy son honneur par la relaxe que vous prononcerez, je l'espère".

"L'association de malfaiteurs ne peut sauver un dossier fragile"

Le conseil de Nicolas Sarkozy affirme que "quand tout est faux, quand rien ne tient, je ne comprends pas ce qui aurait poussé Nicolas Sarkozy d'une telle folie et pourquoi, s'il avait été engagé, il ne serait pas allé au bout".


Il estime que "l'association de malfaiteurs ne peut sauver un dossier fragile".

L’avocat ajoute que, "derrière la note Moussa Koussa, il y a certainement un faussaire et une manipulation".

"L'accusation est complètement perdue"

Me Sébastien Schapira estime que "la corruption ne tient pas, donc on nous trouve une association de malfaiteurs".


Il ajoute que "l'accusation est complètement perdue".

"La loi, rien que la loi"

Le conseil de l'ex-président affirme qu'"à supposer même qu'un pacte ait été noué en octobre 2005 à Paris, la corruption passive ne peut être constituée".


Il estime que "l'on n'est plus dans la logique du texte", ajoutant que la défense demande "l'application de la loi, rien que la loi".

"50 millions, ça fait cher le camping !"

L'avocat de Nicolas Sarkozy rappelle que Jacques Chirac a rencontré M. Kadhafi en 2004.

Il souligne également qu'avant de planter sa tente dans la cour de l'Élysée en 2007, le dirigeant libyen s'est rendu à Bruxelles et à Madrid "où c'était gratuit", ajoutant qu'à Paris, "50 millions, ça fait cher le camping !"

"Claude voyez cela"

Me Sébastien Schapira en vient lui aussi à la lettre de Claude Guéant et la fameuse formule "Claude voyez cela", ainsi que sur la situation pénale d'Abdallah Senoussi.

Il interroge : "Mais de quoi parle-t-on ? Promesse de levée du mandat d'arrêt ou carrément amnistie ?"

Le conseil de Nicolas Sarkozy estime que la position de l'accusation a évolué sur ce point tout au long de la procédure.

"On n'est pas allés sur les plateaux de TV"

Me Sébastien Schapira revient sur les courriers de Claude Guéant, malade, qui en a été réduit à lire les comptes rendus de son avocat et de la presse "qui rajoute un peu de piment là où ce n’est pas nécessaire", ajoutant qu'il a pu avoir le sentiment que Nicolas Sarkozy le lâchait "là où il n'a fait que répondre à des questions".


Il estime qu'"il n'était pas nécessaire d'en faire tout un plat et tout un cinéma".

Le conseil de Nicolas Sarkozy poursuit : "Nous, on n'est pas allés sur les plateaux de TV (allusion à l'avocat de Claude Guéant Me Bouchez El Ghozi), on a tenu à ce que l'audience se passe ici".

La "clef Tak"

Me Sébastien Schapira rappelle que l’étude des documents sur la fameuse "clef Tak" démontre, selon la défense, que les flux financiers ont essentiellement bénéficié à Ziad Takieddine.

"M. Kadhafi est incontrôlable"

Le conseil de Nicolas Sarkozy estime que le ministère public fonde ses réquisitions "sur des hypothèses bancales, et le mot est faible, pour un prétendu pacte scellé il y a 20 ans".


L'avocat affirme que "quand on est aux portes de l'Élysée et qu'on va se mettre dans un pacte faustien dans les mains d'un fou furieux, on est d'accord pour dire qu'au-delà d'être un dictateur sanguinaire, M. Kadhafi est incontrôlable, alors il faut être fou soi-même".

Pierre Sarkozy est toujours au premier rang pour soutenir son père. 

Reprise avec Me Sébastien Schapira

L'audience reprend avec le troisième de Nicolas Sarkozy, Me Sébastien Schapira.

Ce dernier explique prendre "la parole pour Nicolas Sarkozy" qui lui a "demandé, il y a quelques mois, de rejoindre l’équipe de défense", ajoutant qu'il intervient pour "cet homme de 71 ans, pour lequel le ministère public a requis 7 ans d’emprisonnement".

L'audience est suspendue

Reprise à 14h15.

"Si on le retire, tout s'écroule"

Me Tristan Gautier revient sur les primes en liquide remises en fin de campagne, évoquant un montant de 35.000 euros. Il en tire argument pour contester l'accusation et réclame la relaxe de Nicolas Sarkozy, notamment sur le volet de financement illégal de campagne.

Le parquet général a, selon la défense, fonctionné par "tri sélectif des pièces du dossier", estimant qu'il faut "que le financement ait eu lieu pour maintenir les accusations". Me Tristan Gautier affirme ainsi : "Si on le retire, tout s'écroule".

"Pas un centime d'argent libyen n'a alimenté la campagne de 2007 et rien ne peut le contredire", affirme Me Tristan Gautier.

Les comptes de Takieddine décortiqués par la défense

Me Tristan Gautier décortique les comptes de Ziad Takieddine : "Où est le lien avec les comptes de campagne ?"

Reprise de l'audience avec la prise de parole de Me Tristan Gautier

"Depuis plusieurs semaines des gens m'interrogent avec une curiosité malsaine : 'Alors il va prendre combien ?', entame l'avocat. Qu'il ait plu ou déplu Nicolas Sarkozy doit être relaxé car il est innocent. C'est une conviction personnelle et profonde forgée sur un seul socle : le dossier"

Il ajoute : "Contre l'évidence, l'accusation continue de soutenir l'existence de deux canaux libyen : Abdallah Senoussi - Ziad Takieddine et Béchir Saleh - Alexandre Djouhri."

Suspension d'audience

Me Christophe Ingrain a terminé sa plaidoirie. L'audience est suspendue. 

"Vous relaxerez Nicolas Sarkozy".

Pour le conseil de Nicolas Sarkozy, "le parquet général a entretenu le flou entre ce qui relève de l'association de malfaiteurs et de la corruption". Il ajoute qu'"en l'absence de toute preuve, on ne condamne pas sur des hypothèses".

En conclusion, le conseil de Nicolas Sarkozy cite Jean Jaurès : "Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire", une intervention qui provoque des huées fanatiques dans la salle.

Il poursuit en affirmant que le véritable courage consiste, selon lui, non pas à "sauver une procédure qui a mobilisé tant de magistrats pendant tant d'années", mais à "reprendre le dossier sans a priori, en mettant de côté les passions".

L'avocat invoque également une citation attribuée à Dostoïevski : "Cent lapins ne font pas un cheval, et cent présomptions ne font pas une preuve", avant de conclure : "Vous relaxerez Nicolas Sarkozy". 

"Une instruction" de Jacques Chirac

Pour Me Christophe Ingrain, c'est sur "instruction du président en exercice Jacques Chirac" que la réunion s’est tenue avec les avocats Francis Szpiner et Thierry Herzog afin d'étudier le sort judiciaire d'Abdallah Senoussi.

"Tout n'est pas possible, même pour condamner Nicolas Sarkozy"

Le conseil de Nicolas Sarkozy insiste sur le fait que la visite préparatoire de Claude Guéant s'est déroulée via "les canaux diplomatiques habituels", dans un contexte où "les relations avec la Libye" répondaient à des "enjeux de terrorisme et d'immigration".


Il rappelle que Nicolas Sarkozy n'a eu "aucun contact", ni "physique" ni "téléphonique", avec Abdallah Senoussi.

S'agissant de la formule désormais évoquée, "Claude, voyez cela", le conseil indique que Nicolas Sarkozy a contesté à l'audience "la version de Claude Guéant". 

Et il ajoute que, même à la supposer établie, cette phrase serait "incompatible avec toute participation à une association de malfaiteurs".

Me Christophe Ingrain souligne enfin ce qu'il considère comme de multiples incohérences du dossier et répète : "Tout n'est pas possible, même pour condamner Nicolas Sarkozy". 

"Où est l'ordre donné, où est le mandat ?"

Le conseil de Nicolas Sarkozy estime que l'accusation a "inventé la corruption à effet différé", ajoutant qu'il s'agirait d'un "pacte fictif qui ne prendrait effet qu'au moment de l'élection".


Il soutient ensuite que la participation personnelle de Nicolas Sarkozy n'est pas établie : "Il lui est reproché d'avoir laissé Brice Hortefeux, Claude Guéant et Ziad Takieddine agir", alors qu'"aucun acte ne lui est directement attribué".

L'avocat s'interroge enfin sur la thèse de l'instigation : "On nous dit aussi que Nicolas Sarkozy serait l'instigateur, mais où est l'ordre donné, où est le mandat ?" Il rappelle également que les attestations de Claude Guéant ne mentionnent aucun mandat pour obtenir un financement.

"On a fait grand cas des attestations de Claude Guéant, mais dit-il qu’il a été mandaté pour obtenir un quelconque financement ? Non", poursuit-il.

"Fraude à la loi"

Le conseil de Nicolas Sarkozy critique le choix même de l'accusation de poursuivre les faits sous la qualification d’association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de corruption. Il dénonce "un choix juridique" et parle de "fraude à la loi".

"recyclage judiciaire"

L'avocat poursuit sur les auditions des prestataires de la campagne de 2007, qui ont tous été payés par chèque. 
"Si le PNF et les juges d'instruction estimaient que ces investigations étaient insuffisantes, ils n'avaient qu'à les compléter et interroger d’autres fournisseurs. Ils ne l'ont pas fait, et pour cause : ils n'auraient rien trouvé", lâche Me Christophe Ingrain.


L'accusation ferait selon lui du "recyclage judiciaire" en instrumentalisant le dossier Karachi. Il n'y voit rien d'autre que "des hypothèses bâties à partir des notes de Ziad Takieddine".

"Ici les enjeux sont trop graves"

L'avocat revient sur ce qu'il appelle un "gouffre" de l'accusation : le financement supposé de sa campagne. Il s'interroge sur la logique du raisonnement : pourquoi l'ancien président aurait-il cherché des fonds pour une candidature qui n'était pas encore décidée, et se serait-il tourné vers Mouammar Kadhafi, "qu'il ne connaît pas qu'il n'a jamais rencontré" ?


Il replace ensuite le contexte politique : "C'est en novembre 2004, avec la prise de pouvoir de l'UMP, que se construit la candidature de Nicolas Sarkozy". "Nicolas Sarkozy sait que s'il présente sa candidature il sera celui que ses adhérents choisiront. Il n'y avait pas le moindre doute sur ce sujet".

Me Christophe Ingrain dénonce un dossier qu'il juge fragile : "Les salles d'audience résonnent chaque jour '’accusations plus ou moins fantaisistes, mais ici les enjeux sont trop graves". 

Le lien avec Alexandre Djouhri

Me Christophe Ingrain revient sur le fameux déjeuner du Bristol, qu'il qualifie de simple déjeuner politique. Il interroge : "Le déjeuner au Bristol serait l'acte fondateur de quoi ?"


Selon lui, ce rendez-vous n'implique en rien une quelconque entente préalable, rappelant que l'ancien président ne connaissait pas Alexandre Djouhri avant ce déjeuner, organisé au printemps 2006 et déjà évoqué dans un article de presse de l'époque.

L'avocat souligne également une incohérence temporelle dans l'accusation : "On nous présente des actes préparatoires à fin 2005, mais comment Nicolas Sarkozy aurait-il pu participer à une association de malfaiteurs avec Alexandre Djouhri qu'il ne connaissait pas ?"

Il critique enfin la logique du dossier, estimant que "par la magie du mot 'cercle', tout le monde se retrouve dans la même association de malfaiteurs : c'est un habillage". Il ajoute que "ces cercles, cette rhétorique, transforment des relations humaines en indices de complicité".

"Ziad Takieddine est un lien de papier créé pour les besoins de l'accusation".

Le conseil de Nicolas Sarkozy distingue ensuite plusieurs situations. Il évoque notamment le cas de Claude Guéant, en expliquant que "l'histoire avec Claude Guéant est différente", et rappelle également l'existence d'une ancienne amitié avec Thierry Gaubert, "une histoire d'amitié qui s'est estompée dix ans avant les faits".

L'avocat résume ainsi sa critique de la lecture du dossier par le ministère public : selon lui, celui-ci "confond l'amitié avec Brice Hortefeux en association de malfaiteurs, la nomination de Claude Guéant en organisation mafieuse, et l'ancienne amitié avec Thierry Guéant en complicité".

Enfin, il remet en cause un élément central de l'accusation en affirmant que "Ziad Takieddine est un lien de papier créé pour les besoins de l'accusation".

"C'est vertigineux"

L'avocat estime que l'accusation repose davantage sur des suppositions que sur des faits établis. Il déclare ainsi : "On veut condamner Nicolas Sarkozy non pas pour ce qu'il a fait, mais pour ce qu'on imagine qu'il a pensé : c'est vertigineux".


L'avocat revient ensuite sur la nature des relations évoquées par le ministère public. Selon lui, celles-ci sont présentées de manière excessive, notamment lorsqu'il est question du "cercle amical des fidèles", parmi lesquels figure Brice Hortefeux, décrit comme ayant suivi Nicolas Sarkozy à chaque étape de son parcours.

Le conseil précise également que l'ancien président n'est pas intervenu dans certaines nominations : "Nicolas Sarkozy n'a ni demandé ni exigé la nomination de Brice Hortefeux en 2005". 

Cette position prouve l'instabilité de l'accusation

Le conseil de l'ex-président dénonce une logique qu'il juge excessive : "L'objectif critiquable de condamner Nicolas Sarkozy coûte que coûte ne permet pas tout". 


L'avocat ajoute vouloir s'adresser aux victimes du DC-10 : "Je veux dire dès maintenant aux victimes du DC-10 que défendre Nicolas Sarkozy ne signifie pas que nous méconnaissons leur douleur. Elles se sont exprimées avec dignité devant la cour". 

Le conseil revient ensuite sur un point de droit majeur : "Il faut revenir sur la compétence de votre cour. Vous avez joint l'incident au fond, mais les réquisitions du ministère public nous obligent à y revenir".
 
Il explique que, selon l'accusation, Nicolas Sarkozy aurait conservé la qualité d'agent public : "Il est requis que Nicolas Sarkozy aurait gardé tout au long de la prévention la qualité d'agent public, pour partie lorsqu'il était ministre de l'Intérieur et pour partie lorsqu'il était président de la République".

"On ne peut pas, selon les besoins de l'accusation, le faire entrer et sortir de ses fonctions. Les juridictions ne peuvent connaître les faits lorsqu'il est président de la République, l'immunité s'applique. Cette position prouve l'instabilité de l’accusation". 

le "roman grotesque"

Me Christophe Ingrain poursuit en dénonçant une accusation qu'il juge infondée : "Cela fait treize ans qu'on cherche de toute force à impliquer Nicolas Sarkozy dans ce roman grotesque".


L'avocat estime que les éléments à charge ne sont pas convaincants : "Les bonnes feuilles de l’accusation ne rendent pas hommage à l'audience. Pas l’ombre d'une tentative pour prouver quoi que ce soit, et recours à cette qualification de sauvegarde qu’est l’association de malfaiteurs. Pas un euro identifié dans la campagne de Nicolas Sarkozy, pas une facture de prestataire douteuse". 

Il ajoute également : "Pas de verbatim, pas d’enregistrement, pas de retranscription, alors que l’on sait que les dignitaires libyens enregistraient tout". 

Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy écoute attentivement, regardant tantôt Me Christophe Ingrain légèrement à sa gauche, tantôt droit devant lui.

Me Christophe Ingrain débute sa plaidoirie

Me Christophe Ingrain dénonce une enquête menée depuis plus d'une décennie contre Nicolas Sarkozy : "Cela fait treize ans qu'on cherche, qu'on perquisitionne, qu'on place en garde à vue, qu'on met en examen, qu'on retourne les agendas, les comptes bancaires…"  L'avocat souligne aussi le volume considérable de la procédure : "Quand on accumule les tomes, il y en a plus de 60." 

La cour entre

La cour entre dans la salle d'audience. Le président rappelle que cette journée est consacrée à la défense de Nicolas Sarkozy et précise aux avocats comme à l'ancien chef de l’État : "Si vous avez besoin de pauses, vous nous le dites".  Il ajoute, en s'adressant directement à l'ancien prévenu : "M. Sarkozy, il n'est bien sûr pas question que vous sortiez pendant que vos avocats plaident". 

Brice Hortefeux salue Pierre Sarkozy

Brice Hortefeux profite du fait que l'audience n'a pas encore repris pour saluer Pierre Sarkozy, fils de l'ancien président, présent aujourd'hui.

Nicolas Sarkozy et ses avocats sont arrivés

Nicolas Sarkozy, entouré de ses avocats, apparaît souriant.

Bienvenue à tous

Bonjour et bienvenu dans ce live consacré au procès en appel sur les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui, les avocats de l'ancien président de la République sont attendus pour plaider. 

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