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Sébastien Lecornu achète du pain lors d’une visite dans une boulangerie à l’occasion de la Fête du Travail à Saint-Julien-Chapteuil
Crédit : Kenzo TRIBOUILLARD / POOL / AFP
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Des contrôles dans les commerces de proximité, mais aucun incident. Voici le verdict de Sébastien Lecornu en ce jour de fête du Travail ce vendredi 1er mai. Après plusieurs jours de grand flou juridique sur la possibilité de faire ou non travailler leurs salariés volontaires, les boulangers et les fleuristes sont nombreux à avoir tenté leur chance.
C'est le cas d'Éric dans l'Isère qui a ouvert sa boulangerie avec sept de ses employés. Cet artisan qui tient "Le Pétrin dauphinois" à Bourgoin-Jallieu a eu la surprise de recevoir la visite de deux inspecteurs du travail. Ces derniers sont repartis en lui annonçant qu'un procès verbal sera rédigé. Mais finalement pas de sanction pour Éric.
La bonne nouvelle est venue de Sébastien Lecornu en personne. La promesse a été faite au téléphone par le Premier ministre et tout cela par l'intermédiaire de Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Le chef du gouvernement y était en déplacement. Au micro de RTL, Éric a raconté son échange avec Sébastien Lecornu. "J'ai eu un appel à 12h20-12h30, il m'a dit que l'on avait pas à s'inquiéter", a-t-il expliqué ajoutant avoir reçu "son soutien à 100%". "Il était pour l'ouverture des boulangeries le 1er-Mai, il m'a félicité d'avoir joué le jeu et d'avoir ouvert". "Si il y avait des sanctions, il ferait tout pour les faire annuler", a rapporté Éric.
Cet échange entre Sébastien Lecornu et Éric "fait partie de la politique spectacle", a quant elle dénoncé la numéro une de la CFDT Marylise Léon au micro de RTL. "Lorsque l'on a des responsables politiques qui passent leur temps à nous dire qu'il faut respecter la valeur travail, je trouve cela totalement contradictoire de dire que l'on va respecter la valeur travail en vous faisant travailler plus. Y compris le 1er-Mai". Selon elle, "c'est à la fois cynique et très contradictoire".
La France insoumise n'a guère apprécié cette prise de contact. Le coordinateur de la France insoumise, Manuel Bompard, a saisi le procureur de la République. Les propos de Sébastien Lecornu "relèvent clairement d'une tentative de faire échec à l'exécution de la loi", a écrit le député des Bouches-du-Rhône.
La question du travail le 1er-Mai a déclenché des tensions en macronie, particulièrement entre Sébastien Lecornu et le patron de Renaissance Gabriel Attal. Le quasi-candidat à l'élection présidentielle s'est rendu ce vendredi dans une boulangerie de sa circonscription à Vanves (Hauts-de-Seine) où il a dit espérer qu'il n'y ait pas de "verbalisation" pour les boulangers et fleuristes qui travaillent en ce 1er-Mai.
Mi-avril, une proposition de loi portée par Gabriel Attal défendait l'ouverture des commerces des boulangers-pâtissiers artisanaux ainsi que des artisans fleuristes le 1er-Mai, avec la présence de salariés payés double. Ce texte prévoyait aussi la possibilité de faire travailler les salariés d'un périmètre beaucoup plus large, incluant les commerces de bouche et les établissements culturels (cinémas, théâtres...). Face à la vive réaction des syndicats, le gouvernement a retiré son soutien au texte.
Depuis, l'exécutif a annoncé un projet de loi dans lequel il prévoyait que "dans les conditions fixées par un accord de branche", les boulangers-pâtissiers artisanaux et les artisans fleuristes pourront faire travailler des salariés volontaires le 1er-Mai, avec une rémunération doublée. L'accord de branche devra notamment préciser les conditions du recueil de l'accord du salarié volontaire et les modalités de prise en compte d'un changement d'avis.
Le Code du travail dispose que le 1er-Mai est un jour "férié et chômé". Les salariés touchent une indemnité de leur employeur équivalente au salaire qu'ils auraient touché s'ils avaient travaillé. Toutefois, le Code du travail prévoit que "dans les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail, les salariés occupés le 1er-Mai ont droit, en plus du salaire correspondant au travail accompli, à une indemnité égale au montant de ce salaire", à la charge de l'employeur.
Hôpitaux, hôtels ou encore usines dont les machines tournent en continu et ne peuvent pas être arrêtées sous 24 heures entrent dans le champ de cette dérogation, mais la législation ne cite pas les secteurs concernés.
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