2 min de lecture Féminisme

Quand Gisèle Halimi recadrait Charles De Gaulle : "Appelez moi maître"

En 1959, l'avocate avait rencontré le président De Gaulle. Quand il lui demande s'il doit l'appeler "madame" ou "mademoiselle", elle le recadre en lui disant de l'appeler "maître".

"Appelez moi maître" : quand Gisèle Halimi recadrait Charles De Gaulle
"Appelez moi maître" : quand Gisèle Halimi recadrait Charles De Gaulle Crédit : AFP / Jack Guez
Coline Daclin Journaliste

Célèbre pour son combat pour les droits des femmes, Gisèle Halimi ne se laissait pas faire. Pas même face à un président de la République comme Charles De Gaulle. L'avocate, décédée mardi à l'âge de 93 ans, n'a pas hésité à le recadrer lors d'un échange avec lui en 1959. Elle a raconté cette anecdote en 2004 à la télévision suisse, puis en septembre dernier au Monde.

Le 12 mai 1959, Gisèle Halimi rencontre le général De Gaulle après le grand procès d'El Halia, en Algérie. Elle défend des insurgés algériens, qui ont tué une trentaine d'Européens dans le village d'El Halia, le 20 août 1955. Ses clients ont été condamnés à mort, et elle demande la grâce présidentielle

"Quand le général de Gaulle est arrivé à la porte, d'abord je l'ai trouvé grand, terriblement grand. Il arrive et il me toise, de la tête aux pieds", racontait Gisèle Halimi au journaliste suisse Darius Rochebin. La président de la République la salue d'un "Bonjour madame", puis marque un temps de pause. "Madame, ou mademoiselle ?", demande-t-il

Appelez-moi maître, monsieur le Président !

Gisèle Halimi
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Gisèle Halimi est alors en pleine procédure de divorce. "Je n’ai pas aimé. Mais alors pas du tout ! Ma vie personnelle ne le regardait pas", racontait-elle encore au Monde. "J’ai répondu en le regardant bien droit : 'Appelez-moi maître, monsieur le Président !'" À partir de là, Charles de Gaulle l’appellera donc maître : "Il a senti que j’étais froissée et il a accentué sa courtoisie : 'Veuillez entrer, je vous prie, maître. Asseyez-vous je vous prie, maître. Je vous écoute, maître.'"

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À la fin de leur entretien, Charles de Gaulle conclut en disant à Gisèle Halimi qu'il l'a "entendue" et la remercie. Deux jours plus tard, elle apprend que ses deux clients sont graciés.

Avocate et femme politique engagée, Gisèle Halimi a consacré sa vie à la cause des femmes et au droit à l'avortement. Elle s'est notamment fait connaître lors du procès de Bobigny, en 1972, où elle a défendu une mineure jugée pour avoir avorté après un viol. Elle a aussi signé le manifeste des 343 femmes disant publiquement avoir avorté et défendu le remboursement de l'interruption volontaire de grossesse en tant que députée de l'Isère, en 1981.

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