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Gérard Larcher réélu président du Sénat, un homme de terrain et de contre-pouvoir

PORTRAIT - Le président du Sénat a été réélu à son poste pour un quatrième mandat, dont trois consécutifs. En terrain conquis, Gérard Larcher avait adressé à ses collègues "un projet" composé d'objectifs pour les trois ans à venir.

Gérard Larcher, le 2 juillet 2020
Gérard Larcher, le 2 juillet 2020 Crédit : Ludovic Marin / AFP
Marie-Pierre Haddad
et AFP

Contre-pouvoir. Gérard Larcher est réélu, ce jeudi 1er octobre, à la présidence du Sénat avec 231 voix sur 324 suffrages exprimés, quelques jours après les élections sénatoriales. Lors du scrutin, la majorité de droite et du centre est sortie renforcée. À noter aussi l'annonce par les écologistes de la formation d'un groupe politique


"Mon premier engagement, c'est le Sénat", rappelle Gérard Larcher. Ces quatre mandats à la tête de la Haute assemblée lui auront permis de s'ériger depuis 2017 en "contre-pouvoir" d'Emmanuel Macron et en "rassembleur" de la droite et du centre

À tout juste 71 ans, cette force de la nature a une nouvelle fois battu la campagne pour soutenir ses candidats aux élections sénatoriales. Avec succès, puisque la majorité de la droite et du centre a été confortée. L'élu des Yvelines avait aussi sillonné à l'été 2019 la France pour tenter de rebâtir un projet pour son camp à la peine.  

Apôtre du rassemblement

En cette rentrée, il s'est présenté en "apôtre du rassemblement" : "Il faut un choc de confiance et c'est à nous, ensemble, de le susciter", a-t-il prêché, critiquant le gouvernement et sa "gestion erratique de la crise sanitaire", la "montée des communautarismes" et jugeant que "notre pays n'a jamais été aussi fracturé". 

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Gérard Larcher "incarne cette France éternelle, cette France des territoires, cette France d'une certaine forme de sagesse, mais surtout une France républicaine intransigeante", loue la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse (ex-LR), dont il pourrait présider le comité de soutien pour les régionales de mars prochain . 

Au Palais du Luxembourg aussi, il est perçu comme une figure tutélaire. "Gérard Larcher a redonné au Sénat une place dans les institutions. Il a su faire entendre avec clarté quelle était la compétence du Sénat", affirme le chef de file des sénateurs centristes Hervé Marseille, résumant un sentiment très largement partagé, y compris dans l'opposition.

"C'est un excellent président", opine le patron des sénateurs socialistes Patrick Kanner qui, au-delà des divergences politiques, salue sa "facilité de contact". "Il tient la baraque", résume-t-il. 

Bras de fer avec Emmanuel Macron

Cordial, homme de dialogue, Gérard Larcher manie avec dextérité l'art du compromis. Mais ses adversaires politiques reconnaissent en lui le chasseur rusé...  "Je ne suis pas surpris qu'il aime chasser la bécasse : cela exige de la patience, d'attendre le bon moment, et de tirer quand il faut", écrit son homologue LaREM de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, en postface du dernier livre de Gérard Larcher, Contre-pouvoir

Le bras-de fer sur la réforme des institutions voulue par l'exécutif, et plus encore l'opiniâtreté de la commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire Benalla, ont tendu les relations de Gérard Larcher avec la majorité présidentielle et singulièrement Emmanuel MacronLe président du Sénat, porte-voix des élus locaux, a reproché au chef de l'État sa "verticalité".  

Autrefois vétérinaire spécialisé dans les soins aux chevaux, Gérard Larcher a gardé la devise de l'école de cavalerie de Saumur : "En avant, calme et droit". De 1974 à 1979, il est vétérinaire de l'équipe de France de sports équestres, victorieuse aux JO de 1976. Engagé chez les jeunes gaullistes en 1966 au lycée "par admiration pour le général de Gaulle" et "par influence familiale", il rejoint en 1976 le RPR, où il gravit tous les échelons. 

Jean-Luc Mélenchon et moi, on a été élus sénateurs pour la première fois ensemble

Gérard Larcher
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À la mairie de Rambouillet, il succède en 1983, et pour 31 ans, à Jacqueline Thome-Patenôtre (RPR), qui fut l'une des rares femmes ministres de la IVe République. En 1986, à 36 ans, il devient pour la première fois sénateur des Yvelines. "Jean-Luc Mélenchon et moi, on a été élus sénateurs pour la première fois ensemble", s'amuse-t-il à rappeler. 

Réélu et promu au Sénat (vice-président 1997-2001, président de la commission des Affaires économiques 2001-2004), il devient ministre du Travail dans le gouvernement Raffarin III (2004-2005) puis Villepin (2005-2007), où ses qualités d'écoute lui attirent le respect des partenaires sociaux.  

Retour au palais du Luxembourg en 2007. L'année suivante, il s'oppose à Jean-Pierre Raffarin pour le "plateau", le surnom de la tribune présidentielle dans l'hémicycle, et l'emporte dès le premier tour d'une primaire. Mais en 2011, après l'échec de son camp aux sénatoriales, il doit laisser la place au socialiste Jean-Pierre Bel, jusqu'à ce que la droite prenne sa revanche aux élections de 2014

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